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  • La Bombe et Nous - Le film : un monde sans arme nucléaire ?

     

    .... ne loupons pas cette deuxième occasion !

    Nous le savons maintenant, à Reykjavic, en 1986, Reagan et Gorbatchev furent à un cheveu de conclure un accord sur un désarmement nucléaire total. Le journaliste Guillaume Serina a reconstitué à partir de documents déclassifiés, des mémoires des intéressés et d’entretiens particuliers cette rencontre qui aurait pu aboutir à l’éradication des armes nucléaires en 1996. 1

    Bien avant d’être Président Reagan exprimait déjà sa profonde aversion pour la bombe atomique : « Nous vivons dans un monde où les grandes puissances ont pointé sur les autres d’horribles missiles de destruction, des armes nucléaires qui peuvent, en quelques minutes, atteindre le pays et détruire quasiment le monde civilisé... »

    Du côté soviétique on ne connait pas les sentiments de Gorbatchev concernant l’arme atomique, mais la mission que lui ont confié le Bureau Politique et le Comité Central est claire : « Considérant les problèmes du désarmement nucléaire, la position initiale de l’Union Soviétique est que le résultat final de toute mesure dans ce domaine doit être l’élimination complète des armes nucléaires. En allant dans cette direction nous devons nous assurer d’une sécurité égale des deux côtés. »

    Après la première rencontre de Genève entre les deux hommes (nov 1985), deux autres sont programmées l’une à Washington, l’autre à Moscou. Mais Gorbatchev anticipe en proposant une rencontre « informelle » en terrain neutre, à Reykjavic. Celle-ci a lieu les 9 et 10 octobre 1986. Les deux délégations ont sincèrement la volonté d’aboutir à un accord qui serait officialisé à Washington.

    La discussion démarre sur ce qui semblait faire consensus à Genève : la réduction de 50% des armes stratégiques.2Après un exercice de décompte acrobatique Gorbatchev propose de généraliser la diminution de 50 % à tout l’arsenal nucléaire, missiles balistiques, avions, sous-marins. Georges Schultz, ministre des affaies étrangères intervient en faveur de cette proposition. En ce qui concerne les missiles à moyenne portée Gorbatchev propose leur élimination totale en Europe (Pershing et SS 20) et concède de le faire sans tenir compte de l’arsenal britannique et français. Un désaccord subsiste sur les missiles stationnés en Asie et sur la prorogation du traité ABM interdisant la mise en place d’un système antinucléaire défensif qui romprait l’équilibre des forces. Ce dernier point contrarie fortement Reagan qui a lancé le programme de recherches « IDS », la guerre des étoiles, censée établir un bouclier anti-missile par destruction des fusées adverses par des lasers portés par des satellites. Beaucoup de scientifiques américains estimaient le projet irréalisable techniquement et financièrement, les soviétiques qui avaient aussi envisagé le projet l’avaient finalement abandonné. Mais Reagan s’était fortement engagé en sa faveur au cours de sa campagne électorale. Gorbatchev propose que les recherches concernant l’IDS se cantonnent au laboratoire durant un certain temps.

    1 Guillaume Sérina « Reagan Gorbatchev, Reyjavic 1986 : le sommet de tous les espoirs », Ed « l’Archipel », 2016 2

    Arme nucléaire conçue pour attaquer des cibles ennemies très intéressantes situées généralement à très longue portée, souvent intercontinentale. Elles sont

    généralement prévues pour frapper les forces nucléaires stratégiques ennemies et leurs infrastructures, ainsi que les centres industriels et de population. Les

    armes nucléaires stratégiques sont généralement transportées par des missiles balistiques à longue portée. Voir aussi missile balistique intercontinental (ICBM)

    et missile balistique lancé par sous-marin (SLBM).

    Sur questionnement de Gorbatchev Reagan finit par donner son accord à l’option zéro en Europe si une solution est trouvée concernant les missiles en Asie. Il propose de partager l’IDS avec l’l’URSS, ce que Gorbatchev ne prend pas au sérieux.

    Tout va se jouer le deuxième jour de la rencontre. La délégation soviétique est soudée autour des propositions de Gorbatchev : réduction de 50% des arsenaux nucleaires américains et soviétique en 5 ans, retrait des missiles en Europe, négociations sur les missiles en Asie et, élimination totale des armes nucléaires les 5 années suivantes. Pendant ces dix ans les expérimentations « IDS » seront cantonnées en laboratoire.

    La délégation américaine est divisée. Schultz est pour la signature d’un accord mais finalement se rallie à la position des autres conseillers de ne pas céder sur l’ »IDS ». Le texte US présenté en final est extrêmement proche du texte soviétique mais le mot « laboratoire » n’y figure pas, volontairement. Reagan argue que les expérimentations ne peuvent pas être toujours menées en laboratoire, Gorbatchev déclare que la militarisation de l’espace est inacceptable pour l’URSS. Ce fut la pierre d’achoppement sur laquelle échoua cette rencontre.

    Les deux délégations quittèrent Reykjavic avec une profonde amertume et le sentiment d’avoir loupé de très peu un accord de portée historique qui aurait changé la face du monde.

    Le projet « IDS » fut abandonné par le gouvernement des Etats Unis en 1996.

    Le 27 mars débutera la conférence décidée par l’ONU en vue d’aboutir à l’interdiction des armes nucléaires et leur élimination totale. Trente et un ans séparent cette conférence de la rencontre de Reykjavic. Le gouvernement français est hostile à cette conférence, vraisemblablement n’y participera pas mais travaillera à son échec. Ne loupons pas cette deuxième occasion !

    Soutenez la sortie du film « La Bombe et Nous » :

    https://www.zeste.coop/fr/decouvrez-les-projets/detail/la-bombe-et-nous-le-film

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  • "La bombe et nous" dossier exclusif

     

     

    Du lundi au jeudi, dossier spécial réarmement.

     

    Pas de quoi rire, l'heure est grave !

     

    Ne manquez pas ce lundi

    notre dossier complet.

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  • L'HEURE EST GRAVE EN GRÈCE : APPEL D'AIDE DANS 31 DÉPARTEMENTS

     
    L'HEURE EST GRAVE EN GRÈCE
    > > APPEL DANS 31 DÉPARTEMENTS
    > > (liste complète des contacts à la fin de ce courriel, à faire tourner svp)

    > >
    > > Un convoi solidaire de 21 fourgons
    > > s'apprête à partir avec 50 conducteurs...

    > >
    > > Bonsoir,

    > >
    L'heure est grave. 

    > >
    La Grèce est devenue un concentré de ce que l'Europe fait de pire, tant vis-à-vis des plus pauvres qu'à l'égard des réfugiés. Depuis deux mois, la baisse de 50% de la retraite complémentaire pour les plus démunis (EKAS) répand la faim et le désespoir parmi les personnes âgées et poussent certaines au suicide. Plusieurs cas ont défrayé la chronique, de même que ceux de malades qui ont mis fin à leurs jours faute de soins médicaux (évolution catastrophique du système de santé publique). La mortalité infantile a plus que doublé. Les expulsions de nombreuses familles de leur logement se multiplient, maintenant qu'elles sont facilitées par la modification de la Loi, sous la dictée de la troïka. De plus en plus de personnes ne parviennent désormais à survivre que grâce à l'énergie considérable du mouvement social qui résiste tant bien que mal, en poursuivant la création d'innombrables initiatives solidaires autogérées : dispensaires médicaux gratuits, centres sociaux autogérés, squats solidaires, cuisines sociales gratuites, actions de solidarité contre les expulsions, résistances diverses... 

    > >
    En Grèce, l'austérité imposée a atteint un tel niveau qu'elle ne provoque plus seulement la misère, mais aussi la mort. 
    > >
    > > Face à cette véritable guerre, nous avons décidé de poursuivre et d'intensifier nos actions pour soutenir nos camarades grecs, les populations en danger ainsi que les réfugiés. De par l'ampleur des dégâts, la Grèce incarne aujourd'hui la ligne de front contre le durcissement du capitalisme en Europe. Pas question de laisser faire. Pas question de baisser les bras, ni ici, ni là-bas.

    > >
    Un vaste mouvement de solidarité est en train de s'étendre en France pour apporter une aide directe en Grèce, de mouvement social à mouvement social, sans intermédiaire. Une grande collecte vient d'être lancée dans plus de 30 départements, soutenue par de nombreux collectifs et plus de 300 personnes en relais, pour une action qui se veut solidaire, c'est-à-dire politique, et non humanitaire.

    > >
    Le 25 mars, un convoi solidaire de 21 fourgons va partir avec 50 conducteurs, dont certains resteront plusieurs semaines en Grèce pour aider : infirmiers, secouristes, plombiers, électriciens, mécanos, menuisiers, jardiniers, cuisiniers, éducateurs, pédiatre, clowns, artistes, musiciens… Ils sont chaleureusement attendus à Exarcheia (Athènes), Thessalonique et sur plusieurs îles.

    > > Mais une question demeure : va-t-on arriver à remplir ces 21 fourgons ? Le compte à rebours commence. C'est maintenant que nous avons besoin de vous, de votre entourage, de vos réseaux. Nous n'avons que quelques jours devant nous.

    > >
    Voici la liste des principaux besoins (rédigée avec nos camarades sur place) et l'annuaire complet des contacts en France pour participer à la grande collecte (département par département).

    > >
    A vous de participer, si vous le désirez et comme vous le désirez. A nous de montrer ce dont nous sommes capables ensemble, par-delà les frontières, entre celles et ceux qui résistent et s'entraident.

    > >
    Hauts les cœurs !

    > >
    Le collectif artistique et solidaire Anepos
    > > Les 50 conducteurs des 21 fourgons du convoi solidaire
    > > Les 300 organisateurs de la collecte

    > >
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    > >
    Contact coordination convoi : convois2017anepos@riseup.net ou 06 24 06 67 98 (Yannis)
    > > Contact coordination collecte : anepos@no-log.org ou 06 18 26 84 95 (Maud)
    > > Liste des principaux besoins et annuaire complet des points collecte :
    > > http://jeluttedoncjesuis.net/spip.php?rubrique4

    > >
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    > >
    Dernière minute :
    UN 22ÈME FOURGON AU DÉPART DE LA SUISSE ! 
    Un fourgon supplémentaire s'apprête à partir de Vevey, près de Lausanne, pour nous rejoindre via Turin. Si vous voulez le soutenir : contactez Eveline et Eric au (0041) 21 964 36 24.

    > >
    Simultanément, dans l'un des fourgons au départ du sud de la France, nous aurons la joie d'avoir également à nos côtés un compagnon de lutte venu d'Andalousie.

    > >
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    > > Un grand merci à toutes celles et ceux qui ont soutenu, d'une manière ou d'une autre, le convoi précédent. 
    > > VOICI LE COMPTE-RENDU, EN TROIS ÉTAPES ET EN PHOTOS, DU CONVOI SOLIDAIRE DE JANVIER 2017 !
    1) Préparation et départ :

    > >
    Et, pour continuer à remonter le temps, un petit résumé des premières actions de solidarité vers la Grèce de 2009 à 2016 :

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    ANNUAIRE COMPLET DES POINTS COLLECTE
    > > DÉPARTEMENT PAR DÉPARTEMENT

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    01 JAYAT - Tél. 04 74 30 86 44 (Catherine)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars

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    06 ANTIBES - Tél. 06 83 17 00 85 (Natalia)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars

    > >
    09 STE-CROIX-VOLVESTRE - Tél. 05 61 98 11 91 le soir (Annelyse)
    Point collecte permanent jusqu'au 15 mars

    > >
    11 CASTELNAUDARY - Tél. 06 18 26 84 95 (Maud)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars

    > >
    11 CAUNES-MINERVOIS - Tél. 06 32 55 98 20 (Petit Jean)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars

    > >
    11 NARBONNE - Tél. 06 88 80 39 03 (Daniel)
    Point collecte permanent avant le 4 mars et après le 15 mars

    > >
    11 ST-JEAN DE PARACOL - salle communale Tél. 04 68 74 09 76 ou 06 95 22 88 28 (Frédéric)
    Point collecte festif le vendredi 3 mars, avec
    19h Auberge espagnole (repas partagé)
    20h Projection du film Ne vivons plus comme des esclaves

    > >
    11 ST-JEAN DE PARACOL - Tél. 04 68 74 09 76 ou 06 95 22 88 28 (Frédéric)
    Point collecte permanent jusqu'au 11 mars

    > >
    12 REQUISTA - cinéma Tél. 06 37 18 67 58 (Dominique et Yves)
    Point collecte le jeudi 2 mars, avant et après la projection de Ne vivons plus comme des esclaves à 20h30 (avec le soutien d'ATTAC Aveyron)

    > >
    12 REQUISTA - sous la halle Tél. 06 37 18 67 58 (Dominique et Yves)
    Point collecte le lundi 6 mars de 10h à 12h

    > >
    13 AUBAGNE - Tél. 06 08 53 92 05 (Alain)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars (avec le soutien du collectif Oli Mazi Aubagne)

    > >
    13 MARSEILLE - Tél. 06 18 25 76 24 (Anne)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars (avec le soutien du collectif Marseille avec les Grecs)

    > >
    13 MARTIGUES - Ferrières Tél. 06 86 20 35 62 (Nicole)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars

    > >
    13 ST-SAVOURNIN - Tél. 06 17 05 13 20 (Hélène)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars

    > >
    16 ANGOULÊME - Tél. 06 71 59 76 35 (Nathalie)
    Point collecte permanent jusqu'au samedi 4 mars inclus
    Ramassage le dimanche 5 mars vers 15h par Maud et Yannis, au local de Solidaires (résidence Darras, porte B, 75 bis av. De Lattre de Tassigny)

    > >
    19 BRIVE - Objat Tél. 06 65 72 72 71 (Florence)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars

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    19 BRIVE - Parking Marcellin Roche Tél. 06 18 26 84 95 (Maud)
    Premier ramassage le dimanche 5 mars vers 18h30 par Maud et Yannis (le second ramassage sera effectué par Patrice de Maymac le 17 ou le 18)

    > >
    19 MEYMAC - Tél. 06 37 39 55 59 (Patrice)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars

    > >
    24 PÉRIGUEUX - Tél 07 81 05 47 32 (Cath)
    Point collecte permanent jusqu'au vendredi 3 mars à 13h (avec le soutien du groupe libertaire et de l'Action des Précaires et Chômeurs de Dordogne)

    > >
    26 CHABEUIL - Court-circuit Tél. 06 03 95 82 38 (Jacky) ou Tél. 06 61 17 74 79 (Cath)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars

    > >
    26 CREST - L'étincelle Tél. 06 61 17 74 79 (Cath) ou Tél. 06 03 95 82 38 (Jacky)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars

    > >
    26 SAILLANS - L'oignon Tél. 06 03 95 82 38 (Jacky) ou Tél. 06 61 17 74 79 (Cath)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars

    > >
    31 MONTBRUN-BOCAGE - Tél. 05 61 98 11 91 le soir (Annelyse)
    Point collecte permanent jusqu'au 15 mars

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    31 PLAISANCE-DU-TOUCH - Librairie Lire aux éclats Tél. 05 61 07 30 46 (Christine)
    Point collecte permanent jusqu'au 16 mars

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    31 RAMONVILLE - Association Le Camion, Maison de l'économie sociale et solidaire (73, chemin Mange Pommes) Tél. 06 64 29 29 61 (Maxime) ou 06 07 84 87 13 (Fiona)
    Point collecte le lundi 13 mars de 18h à 20h associationlecamion.org

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    31 REVEL - Maison des associations Tél. 05 63 75 76 23 (Patricia)
    Point collecte le samedi 11 mars et séance Biodanza à prix libre au profit du convoi solidaire (accueil 17h15 et séance 17h30)

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    31 REVEL - Tél. 06 18 26 84 95 (Maud)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars

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    31 TOULOUSE - 6, rue Massenet (métro St-Michel) Tél. 06 64 29 29 61 (Maxime)
    Point collecte les lundis 6, 13 et 20 mars de 14h à 17h
    Une soirée projection-soupe avec le film Ne vivons plus comme des esclaves, une expo-friperie à prix libre, ainsi qu'un concert seront également programmés sur Toulouse (à découvrir bientôt sur le site : associationlecamion.org et sur Demosphère Toulouse)

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    33 BORDEAUX - L'oasis à Eysines Tél. 06 40 31 88 48
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars (oasiseysines.blogspot.com)

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    33 BORDEAUX - L'Alhambra, 24 rue Francis Garnier à Pessac Tél. 07 68 09 51 08
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars

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    33 BORDEAUX - Tél. 07 50 96 99 53 (Damien)
    Point collecte permanent et ramassages dans Bordeaux et alentours jusqu'au 17 mars

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    34 BÉDARIEUX - salle Achille Bex (place Albert Thomas) Tél. 06 18 26 84 95 (Maud)
    Point collecte festif le vendredi 10 mars
    18h30 projection-débat de Je lutte donc je suis en présence du réalisateur et coordinateur du convoi solidaire Yannis Youlountas (organisé par ATTAC Hauts-Cantons)

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    34 BÉZIERS - Tél. 06 88 80 39 03 (Daniel)
    Point collecte permanent avant le 4 mars et après le 15 mars

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    34 MONTPELLIER - Maison des étudiants de l'université des sciences Tél. 06 32 55 98 20 (Petit Jean)
    Point collecte festif le jeudi 16 mars
    Projection du film Ne vivons plus comme des esclaves ou Je lutte donc je suis avec l'association L'ouvre Tête (bientôt précisé)

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    34 MONTPELLIER - Villeneuve-Lès-Maguelone Tél. 06 86 75 41 44 (Laurence)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars sur rendez-vous

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    34 MONTPELLIER - Villeneuve-Lès-Maguelone - 53, bd des Chasselas Tél. 06 86 75 41 44 (Laurence)
    Point collecte festif le samedi 11 mars de 18h au bout de la nuit, chez Bruno et Laurence

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    34 ST-PONS - Tél. 06 32 55 98 20 (Petit Jean)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars

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    34 VENDARGUES - Tél. 06 08 71 85 32 (René)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars sur rendez-vous

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    37 TOURS - Tél. 06 14 37 98 45 (Gisèle)
    Point collecte permanent jusqu'au samedi 4 mars inclus

    > >
    37 TOURS - Tél. 06 18 26 84 95 (Maud) ou Tél. 06 14 37 98 45 (Gisèle)
    Ramassage le dimanche 5 mars vers 10h par Maud et Yannis

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    38 GRENOBLE - Tél. 06 84 16 93 19 (Christine)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars (avec le collectif citoyen de Grenoble contre l'austérité en Grèce et en Europe)

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    41 BLOIS - Tél. 06 73 02 33 46 (Sidi, Ptit David, Marion et Jean-Louis)
    Point collecte permanent jusqu'au samedi 4 mars inclus

    > >
    41 BLOIS - Association Galeano, Maison des associations (17, rue Rolland Garros) Tél. 06 18 26 84 95 (Maud) ou Tél. 06 73 02 33 46 (Sidi)
    Ramassage le dimanche 5 mars vers 9h par Maud et Yannis

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    46 CAHORS - La libraithèque Le droit à la paresse, 68 rue Louise Michel (ex Saint James) Tél. 06 20 38 24 79 (Yves) ou Tél. 06 79 89 13 18 (Michel) ou Tél. 05 65 22 11 72 (Alain) ou Tél. 05 65 22 01 51 (librairie)
    Point collecte mercredi 1er mars de 15h à 18h30, vendredi 3 mars de 15h à 18h30 et samedi 4 mars de 10h à midi (avec le soutien de ETM46, Solidaires et Université populaire de Cahors)

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    46 CAHORS - Le lieu commun, 68 rue Louise Michel (ex Saint James) Tél. 06 18 26 84 95 (Maud) ou Tél. 05 65 22 11 72 (Alain)
    Premier ramassage le dimanche 5 mars vers 19h30 par Maud et Yannis (le second ramassage sera effectué par Maxime et Fiona de Toulouse le 16 ou le 17)

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    49 ANGERS - au Ralliement (yourte de Nuit Debout Angers) Tél. 02 41 79 36 03 (Marc)
    Point collecte les samedis 4 mars et 11 mars de 15h à 18h

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    49 ANGERS - Bar le challenge Tél. 02 41 79 36 03 (Marc)
    Point collecte le mercredi 15 mars de 20h à 23h
    Soirée d'information sur la réalité vécu par le peuple grec animé par Pascal Franchet (président du CADTM France), projection de petits témoignages vidéos filmés sur place, intermèdes musicaux, chansons de luttes, échange par skype avec Yannis Youlountas, coordinateur du convoi solidaire du 25 mars (avec le soutien du Cercle 49, Nuit Debout Angers, BCM, ATTAC 49, NPA 49… liste en cours)

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    63 CLERMONT-FERRAND - Tél. 06 63 94 76 88 (Eloise) ou Tél. 06 12 77 66 76 (Roman) ou Tél. 06 72 56 59 90 (Murielle et Jacky)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars

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    63 CLERMONT-FERRAND - La maison du peuple (place de la Liberté) Tél. 06 63 94 76 88 (Eloise) ou Tél. 06 12 77 66 76 (Roman) ou Tél. 06 72 56 59 90 (Murielle et Jacky)
    Point collecte le 17 mars, avant et après la projection du film Ne vivons plus comme des esclaves à 20h (avec le soutien d'ATTAC, Alternative libertaire, CGA et La Cimade… liste en cours, lieu et horaires bientôt précisés). Rendez-vous à partir de 18h30, pour se restaurer et parler du voyage avant le film.

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    69 LYON - Gerland Tél. 06 82 19 09 94 (Louise)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars

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    71 CLUNY - Tél. 06 30 05 96 80 (Jipe et Annie)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars (avec le soutien du groupe libertaire La vache noire et du groupe libertaire 71)

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    71 MACON - Salle des pavillons n°1 (5 impasse de l'Héritan) Tél. 04 27 49 00 80 (Nana)
    Point collecte festif le dimanche 19 mars toute la journée (de 9h à 20h), avec animations et buvette, puis, à 17h, projection du film Je lutte donc je suis, suivie d'un débat par Skype avec le réalisateur et coordinateur du convoi solidaire Yannis Youlountas (avec le soutien du groupe libertaire 71 et du groupe libertaire La vache noire)

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    71 MACON - Tél. 04 27 49 00 80 (Nana)
    Point collecte permanent jusqu'au 18 mars (avec le soutien du groupe libertaire 71 et du groupe libertaire La vache noire)

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    72 LE MANS - Tél. 06 61 20 86 91 (Katie)
    Point collecte permanent jusqu'au 16 mars (acheminement dans le Sud le 17 ou le 18)

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    73 ALBERTVILLE - Salle du champ de mars Tél. 06 09 04 17 53 (Nico)
    Point collecte festif le samedi 11 mars
    Soirée avec repas partagé, puis projection du film Ne vivons plus comme des esclaves (avec le soutien du SEL)

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    73 ST-MARTIN - La fabrique des bauges, Lescheraines Tél. 06 89 13 40 51
    Point de collecte festif le samedi 18 mars
    15h projection du film Ne vivons plus comme des esclaves, puis concert de Bob's not dead

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    73 ST-MARTIN La fabrique des bauges, Lescheraines Tél. 06 89 13 40 51
    Point de collecte permanent durant l'ouverture de la structure (site lafabriquedesbauges.com)

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    74 EVIAN - village de neuvecelle Tél. 09 82 28 68 73 (Myriam)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars

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    74 LATHUILE - secteur Faverges Tél. 06 09 04 17 53 (Nico)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars

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    81 ALBI - rue de la Plaine St-Martin Tél. 06 08 51 68 91 (Carole)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars (chaque semaine du lundi au jeudi)

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    81 ANDOUQUE - Lieu-dit le fournies Tél 06 11 58 88 01 ou 05 63 47 21 81 (Anna)
    Point collecte le samedi 4 mars de 16h à 18h

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    81 AUSSILLON - Médiathèque Claude Nougaro Tél. 06 24 06 67 98 (Maud et Yannis)
    Point collecte le mardi 7 mars, de midi à 17h

    > >
    81 CASTELNAU-DE-MONTMIRAL - Tél. 07 68 97 03 40 (Sandrine)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars

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    81 CASTRES - Tél. 06 63 32 04 25 (Dylan)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars

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    81 GAILLAC - Au comptoir du Chinabulle Tél. 09 83 56 59 70 (Morgane)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars

    > >
    81 GAILLAC - Bar culturel et coopératif Cartes sur table Tél. 05 67 67 25 87 (Mélanie)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars

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    81 GRAULHET - Parking médiathèque Tél. 06 05 24 18 79 (Dany)
    Point collecte le lundi 13 mars de 13h à 15h et de 18h à 19h30

    > >
    81 LACABARÈDE - La Grange Co à Sales Tél. 06 32 55 98 20 (Petit Jean)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars

    > >
    81 LAGRAVE - 13, allée des cerisiers Tél. 05 63 81 55 62 (Annick et Eric)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars

    > >
    81 LAVAUR - Radio R d'Autan (10, rue de la mairie) Tél. 05 63 75 76 23 (Patricia)
    Point de collecte permanent jusqu'au 17 mars, du mardi au vendredi de 10h à 12h et de 14h à 18h

    > >
    81 RÉALMONT - Place de la mairie Tél. 06 05 24 18 79 (Dany)
    Point collecte le vendredi 17 mars de 16h à 19h30

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    81 SORÈZE - Tél. 06 18 26 84 95 (Maud)
    Point collecte permanent jusqu'au 17 mars

    > >
    81 VALDÉRIÈS - Centre social du Ségala Tarnais Tél 06 11 58 88 01 ou 05 63 47 21 81 (Anna)
    Point de collecte permanent jusqu'au 17 mars (lundi 9h-12h, mardi 9h-12h, mercredi 9h-12h et 14h-18h, jeudi 9h-12h, vendredi 9h-12h et 14h-19h)

    > >
    81 VALDÉRIÈS - Pôle médical Tél 06 11 58 88 01 ou 05 63 47 21 81 (Anna)
    Point de collecte permanent jusqu'au 17 mars

    > >
    82 SEPTFONDS - La Cheminée (1, bld des Mourgues) Tél. 06 21 83 67 26 (Eli)
    Point collecte le dimanche 5 mars de 15h à 18h
    et rencontre avec Marc et Yves qui ont participé au convoi solidaire précédent en janvier

    > >
    83 BANDOL - Tél. 06 07 61 46 55 (Pierre) ou Tél. 06 07 96 36 42 (Christine)
    Point de collecte permanent jusqu'au 17 mars

    > >
    84 AVIGNON - Tél. 06 10 51 21 88 (Leila et Lauriel)
    Point collecte permanent du 25 au 3 mars puis du 18 au 23 mars

    > >
    84 SARRIANS - Hangar Théâtre de l'association Correspondance (682, bvd des Mians) Tél. 06 10 51 21 88 (Leila)
    Point collecte le dimanche 19 mars à partir de 19h
    Avec projection du film Je lutte donc je suis et repas solidaire

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    86 COUHÉ - Tél. 06 15 24 50 01 (Francis) ou Tél. 06 61 47 86 45 (Guillaume)
    Point collecte permanent jusqu'au samedi 4 mars inclus
    Ramassage le dimanche 5 mars vers midi par Maud et Yannis

    > >
    87 LIMOGES - Tél. 05 55 30 85 25 ou 06 88 34 70 40 (Danielle)
    Point collecte permanent jusqu'au vendredi 3 mars inclus

    > >
    87 LIMOGES - Tél. 06 18 26 84 95 (Maud) ou Tél. 06 88 34 70 40 (Danielle)
    Ramassage par Maud et Yannis le vendredi 3 mars vers 21h

    > >
    89 AVALON - Tél. 06 10 51 21 88 (Leila)
    Point collecte permanent du 6 au 17 mars

    > >
    93 MONTREUIL - Festival UN SOUFFLE GREC, Nouveau théâtre de Montreuil Tél. 06 18 26 84 95 (Maud)
    Point collecte festif le samedi 4 mars de 15h à 19h30 sur le stand du collectif ANEPOS, avec aussi :
    15h Forum des alternatives sur la place Jean-Jaurès, avec la coopérative VIO.ME (Thessalonique), le collectif artistique et solidaire ANEPOS (Tarn-Exarcheia), SOS Halkidiki (Chalcidique), ZAD Notre-Dame-des- Landes, CADTM, ATTAC France, Association Grèce-France Résistance, collectif Solidarité France-Grèce pour la Santé, Association pour l'Autogestion, association Murs à pêches, Confédération paysanne, l'AMAP Montreuil, Le Sens de l'Humus et la participation de Angélique Ionatos
    17h débat Salle Jean-Pierre Vernant organisé par ATTAC France : « Alternatives et solidarités en Grèce aujourd'hui » avec Dimitris Alexakis, Yannis Youlountas, Panos Angelopoulos et Grégoire Letouvet
    19h Soirée rébétiko

    > >
    94 ORLY - Tél. 06 80 74 05 58 (Françoise) ou 06 73 71 90 75 (Dominique)
    Point collecte permanent jusqu'au 3 mars (avec le soutien de la LDH, RESF et Femmes Solidaires)

    > >
    94 ORLY - Place du fer à cheval (côté parking Leclerc) Tél. 06 18 26 84 95 (Maud)
    Ramassage par Maud et Yannis le samedi 4 mars de 11h30 à 12h30, accompagné d'un petit repas partagé (avec le soutien de la LDH, RESF et Femmes Solidaires)
    > >
    > > Rappel des besoins principaux :
    > >
    http://jeluttedoncjesuis.net/spip.php?rubrique4
    > >

    > >
    Si vous voulez en savoir plus sur les destinataires :

    > >
    A quoi bon essayer de changer les choses ? Une petite réponse personnelle :

     

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  • Quand la France colonisait le Maroc par la dette

    Le rôle de la dette dans l’établissement du protectorat français au Maroc n’est plus à démontrer. Guy de Maupassant y fait même allusion vingt ans plus tôt dans son roman Bel-Ami (1885) ! Du milieu du XIXe siècle à 1912, le Maroc affronte en effet des difficultés financières croissantes. L’engrenage infernal de la dette qui lui fut fatal ne commence toutefois qu’au début du XXe siècle, avec l’emprunt de 1904.

    (Photo : Siège de la Banque marocaine pour le commerce et l’industrie (BMCI), filiale de BNP Paribas, à Casablanca. Milamber, 2008)

    Les racines de l’endettement marocain vis-à-vis de la France menant à l’emprunt 1904 sont multiples. À long terme, la faiblesse des ressources de l’État sultanien réside dans la dichotomie entre l’espace où l’État exerce son autorité, le bled el-makhzen, et l’espace non soumis à l’autorité centrale, dissident, contestataire, le bled Siba. Ce véritable mode de régulation de l’empire chérifien1 entraîne un niveau élevé de dépenses militaires sans que la soumission des tribus ne soit définitivement acquise.

    À moyen terme, le Maroc souffre d’un déficit commercial devenu structurel depuis la fin des années 1870. L’exportation massive de capitaux qui en découle nourrit une crise monétaire sans fin appelant sans cesse des flux de capitaux entrants. Ce déficit commercial est la conséquence directe de l’ouverture commerciale du Maroc, entamée dès 1856 par le traité commercial signé avec le Royaume-Uni. L’expansion du droit de protection — l’exemption de toute taxe — dont bénéficient les Européens vampirise par ailleurs les ressources fiscales du Maroc tout en minant l’autorité du sultan.

    Enfin, un certain nombre d’événements politiques déclenchent la crise dans ce contexte d’affaiblissement structurel. En 1900, le régent Ahmed Ben Moussa dit Ba Ahmed décède et son neveu, le jeune Abdelaziz Ben Hassan (22 ans) accède au trône. Il devient alors le jouet d’influences étrangères. Ses dépenses somptuaires et extravagantes (chemin de fer dans son palais à Meknès, voitures, appareils photos en or massif…) encouragées par des missions européennes à sa cour creusent le déficit commercial, en plus d’accréditer les accusations d’impiété qui le visent. Plus grave encore, la réforme de l’impôt, le tertib, décidée en 1901 sous l’impulsion de l’envoyé britannique Arthur Nicholson désorganise le système fiscal : la suppression des anciens impôts islamiques et l’instauration d’un nouvel impôt basé sur la surface cultivée provoquent une levée de boucliers généralisée. Le sultan est dès lors brusquement dans l’impossibilité de percevoir tout impôt direct auprès de ses sujets.

    Le contexte européen est également crucial pour comprendre la gestation de cet emprunt. En France, le ministère des affaires étrangères cherche à assurer progressivement la prépondérance française au Maroc, en évitant de froisser ses concurrents à une époque d’intenses rivalités impériales. La doctrine de « pénétration pacifique » du ministre Théophile Delcassé le mène à placer ses espoirs dans l’arme financière. Méfiant à l’égard de la Banque de Paris et des Pays-Bas (Paribas), qui incarne la haute finance internationalisée, il soutient d’abord la petite société Gautsch du groupe industriel Schneider. C’est elle qui émet l’emprunt marocain de 1902 de 7,5 millions de francs. Elle ne détient toutefois pas suffisamment de capitaux pour se montrer à la hauteur des ambitions du Quai d’Orsay. Il doit alors traiter avec la banque Paribas, avec laquelle il ne parvient pas à s’accorder. Ces divergences menacent l’avance prise par les Français : en 1903, des emprunts anglais et espagnols subviennent aux besoins immédiats du sultan. Ce n’est qu’après l’Entente cordiale d’avril 19042 entre la France et le Royaume-Uni que l’emprunt peut être conclu, en juin 1904.

    VERS L’INSTAURATION DU PROTECTORAT

    L’emprunt n’améliore pas la situation financière du Maroc, bien au contraire. Sur les 62,5 millions de francs prêtés au Maroc, le sultan n’en perçoit que 10,5 millions, le reste servant à rembourser des dettes précédentes et à couvrir les frais d’émission. Le Makhzen se retrouve à nouveau à court de liquidités avant même la fin de l’année. L’emprunt 1904 inaugure ainsi une décennie de détresse financière durant laquelle l’empire chérifien ne peut que contracter de nouvelles dettes pour rembourser les précédentes. En 1910, un nouvel emprunt de consolidation s’élevant à 101 millions de francs parachève l’asphyxie financière du Maroc.

    Malgré cet engrenage, l’étendue de l’endettement marocain calculé au regard des critères standards apparait étonnamment faible. La dette, mesurée selon l’indicateur le plus courant (dette publique/PIB, voir encadré) n’est que de 10 % en 1904, et s’élève à 35 % en 1912. La faiblesse de cet endettement révèle sa nature. Si le Maroc dans sa totalité produit suffisamment de richesses pour que le poids de la dette n’apparaisse pas écrasant, le pouvoir central n’y a en réalité pas accès. L’expansion européenne a de fait brisé le lien fiscal qui unit le Makhzen à sa population. À la suite de la désastreuse réforme fiscale de 1901, le sultan Abdelaziz accusé d’être à la solde des Européens affronte de surcroît une révolte généralisée. Il est finalement destitué en 1907 au profit de son frère Moulay Abdelhafid Al Hassan, qui ne pourra plus infléchir la situation. Entre 1903 et 1912, la dette représente en effet entre 10 et 16 années de recettes fiscales, tandis qu’en moyenne 40 % de ces recettes sont absorbées par le service de la dette chaque année.

    UN ACTEUR MAJEUR, LA BANQUE PARIBAS

    Mais la force de la dette en tant qu’instrument de conquête coloniale ne réside pas seulement dans sa nature financière. Car la dette est politique : elle implique la création d’institutions nécessaires à sa gestion qui empiètent nécessairement sur les fonctions étatiques. Dès la signature du contrat de l’emprunt 1904, une administration du contrôle de la dette est créée pour prélever les revenus douaniers nécessaires à son service. À la suite de celui de 1910, cette administration collecte la totalité des douanes et des taxes urbaines de Casablanca, en plus d’organiser la police et la sécurité à l’intérieur même du pays.

    Le contrat de l’emprunt 1904 prévoyait également une Banque d’État du Maroc (BEM) qui ne sera créée qu’en 1907, après la conférence d’Algésiras3 (1906). Si la BEM est gérée par les puissances occidentales signataires d’Algésiras, elle détient néanmoins les clés du système monétaire marocain : elle obtient le monopole d’émission de la monnaie, le statut de trésorier-payeur et un droit préférentiel pour l’émission des emprunts futurs.

    En 1912, un acteur économique est en position de force dans le Maroc nouvellement conquis : Paribas. La banque a de fait pris la tête du consortium bancaire émetteur des emprunts 1904 et 1910. À ce titre, Paribas dirige la BEM : son président à sa création, Léopold Renouard, n’est autre que le vice-président de Paribas. Dès 1912, Paribas est soucieuse de développer son activité au Maroc : à travers le consortium bancaire qu’elle pilote, elle fonde la Compagnie générale du Maroc (Génaroc), vaste conglomérat présent dans tous les domaines de l’économie marocaine. Un président de la BEM, Edmond Spitzer, résumait : « La Banque de Paris et des Pays-Bas est le chef de file indiscuté de tous les groupes intervenant au Maroc : en fait, elle contrôle la plupart des secteurs importants de l’économie en liaison avec notre Banque d’État, la Compagnie générale du Maroc et l’Omnium nord-africain »4.

    La dette, en tant qu’elle implique des transferts financiers réguliers, à long terme et formalisés par de nouvelles institutions, modifie durablement l’équilibre des pouvoirs au sein d’une économie. Le fait qu’elle ait joué un rôle majeur dans la colonisation du Maroc -– comme en Égypte ou en Tunisie -– a façonné l’économie du pays pendant sa période coloniale. Ainsi, si l’importance de Paribas dans l’économie coloniale marocaine est considérable, il est important de noter que le marché marocain est négligeable pour Paribas, qui opère dans le monde entier. L’intensité de cette asymétrie synthétise le déséquilibre de la relation coloniale.

    Notes :

    1L’opposition entre le bled el-makhzen et le bled Siba ne doit pas être exagérée ni comprise comme dysfonctionnelle. La reconnaissance par le Makhzen d’un espace de dissidence en son sein est au contraire un fait structurant de la sociologie politique du Maroc au XIXe siècle. Voir Ben Mlih, Structures politiques du Maroc colonial (1990).

    2NDLR. Le Royaume-Uni et la France signent le 8 avril 1904 une série d’accords bilatéraux couramment désignée sous le nom d’«  Entente cordiale  » pour résoudre plusieurs différends coloniaux, notamment la reconnaissance de la domination britannique sur l’Égypte et du protectorat français sur le Maroc.

    3NDLR. La conférence d’Algésiras est une conférence internationale sur le Maroc qui se tient du 16 janvier au 7 avril 1906 sous l’égide des États-Unis, réunissant l’empire allemand et ses alliés, l’Autriche-Hongrie et le royaume d’Italie  ; la France, son allié l’empire russe, et le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande  ; le royaume d’Espagne, celui du Portugal, ainsi que la Belgique, les Pays-Bas et la Suède. Ses conclusions placent le Maroc sous observation de ces grandes puissances, sous couvert de réforme, de modernité et d’internationalisation de l’économie marocaine.

    4Michel Poniatowski, Mémoires, éditions Plon/Le Rocher (Paris), 1997, p. 243.

    Source : OrientXXI

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  • Nous sommes tous des Mexicains

     

     

    Nous, les Latino-américains de bonne foi, ne pouvons cesser de ressentir comme une gifle sur notre propre joue la sous-estimation raciste de ceux qui élèvent des murs sur l’immense frontière qui sépare le Mexique de son voisin du nord.

    Etre avec le Mexique en ces heures difficiles est notre nouvel engagement dans la plus parfaite tradition « martienne ». (1) Exilé au Mexique, José María Heredia (2) disait avec fierté « nous, les Américains ». Il faisait allusion à l’univers qui s’étend au sud du Río Bravo et va jusqu’à l’arc des Antilles. « Si près des Etats-Unis et si loin de Dieu » ont coutume de dire les Mexicains. Plus récemment, Fidel disait qu’à la différence de ce qui est arrivé sur d’autres continents, les affrontements armés entre nos pays ont été relativement rares.

    L’essence commune de notre histoire, à partir de la conquête espagnole, a des points de contacts qui favorisent une certaine proximité malgré des différences culturelles qui ne peuvent pas être éludées. Pour de nombreuses raisons géographiques et historiques, le Mexique nous est particulièrement proche. 

    Je dois reconnaître que, dans mon petit cœur, je garde un endroit particulier pour « la douce patrie. » Cela s’est fait par des amitiés, des lectures et des voyages. A cause de cela, je rougis de colère et de honte quand je vois les politiques xénophobes qui réaffirment la sous-estimation de ce que nous sommes et de l’oeuvre accomplie par les peuples originaires de ce monde. Ne nous y trompons pas. Le racisme comprend, au-delà de la couleur de la peau, tous ceux qui ont été qualifiés de latinos.

    Comme Heredia, Martí a eu des amis au Mexique qui ont profondément pénétré sa pensée. Sur cette terre est tombé Julio Antonio Mella. Les membres de l’expédition du Granma ont trouvé là une aide inestimable.

    Les échanges entre nos pays ont commencé dès le départ d’ Hernán Cortés pour le Mexique, ont continué avec l’accueil d’exilés de gauche et de droite dans les 2 pays. Ils ont été plus intenses à partir de la révolution mexicaine qui, avec ses revendications agraires et nationalistes, a secoué toute l’Amérique Latine. Pour les intellectuels, les mesures prises par José Vasconcelos sont devenues des exemples d’un modèle à suivre. Le muralisme (3) a eu une répercussion universelle. Quelque chose de similaire s’est produit avec la stimulation de la lecture et la publication de livres.

    Dans le milieu populaire, le dialogue avec le Mexique a eu encore plus de portée. Nous avons appris à chanter « Si Adelita est partie avec un autre. » Pancho Villa y Emiliano Zapata sont devenus des symboles comme ailleurs les « mariachis ». L’expansion du cinéma a renforcé cette relation encouragée par les images de Jorge Negrete (4) ( très apprécié à La Havane dans les années 40 du siècle dernier) et de María Bonita. (5) 

    Sur le plan de la lutte anti-coloniale, l’image de Lázaro Cárdenas (6) est devenue celle d’un géant avec la nationalisation du pétrole, le soutien à l’Espagne républicaine et l’accueil d’un exil dont la culture mexicaine tirerait d’importants bénéfices. Mes contemporains des années 50 ont commencé une critique des erreurs du PRI, de la prison arbitraire à Lecumberri et des syndicats de mèche avec les patrons. 

    Il ne me revient pas de faire, dans cet article, une analyse de la politique du pays voisin. Nous ne pouvons pas oublier, cependant, que les membres de l’expédition du Granma se sont entraînés là et que le Mexique, fidèle à ses principes, n ‘a jamais rompu les relations avec la Cuba harcelée.

    Nous, les Latino-américains de bonne foi, ne pouvons cesser de ressentir comme une gifle sur notre propre joue la sous-estimation raciste de ceux qui élèvent des murs sur l’immense frontière qui sépare le Mexique de son voisin du nord, qui qualifient de « délinquants » et de « parasites sociaux » les représentants d’un peuple qui a été amené par la misère à ramasser les fruits en Californie et contribue à faire la richesse de ceux qui les méprisent.

    L’arrogance des riches est basée sur une ignorance pathétique. Les habitants du Mexique pré-hispanique ont donné au monde une culture d’une richesse infinie. Le musée d’anthropologie de Mexico n’a rien à envier au Louvre ou au Prado.

    En arrivant à Tenochtitlán, les conquistadors ont été éblouis par les merveilles et par l’étendue de cette ville construite sur une lagune, qui dépasse de beaucoup la petite et malodorante Madrid de l’époque. A l’occasion de ma première visite au DF, le musée d’anthropologie avait une surface limitée au Zócalo. J’y suis allée souvent, toujours attirée par la calendrier aztèque. 

    Chez nos peuples originaires, l’étude du firmament dépassait dans beaucoup de ses aspects le savoir que nous en avions de l’autre côté de l’Atlantique. L’erreur tragique a consisté à ne pas avoir d’armes à feu. Mais il faut se demander, à une époque où la survie de l’espèce est menacée, si dans ce désintérêt ne se niche pas une leçon de sagesse. Les mains de nos peuples continuent à semer le maïs. Ils ont édifié des villes qui se caractérisent par le splendide style baroque des Indes. 

    L’heure de la modernité est venue, ils ont laissé dans les arts visuels, dans la musique, dans la littérature et au cinéma, les preuves d’un travail de création qui a fini par imposer sa présence de l’autre côté de l’Atlantique. S’obstinant à défendre leur identité, et manquant encore d’un haut niveau d’instruction, les « chicanos » (7) sans papiers, soumis à de très dures conditions de travail, sont restés fidèles à l’engagement de témoigner d’une culture qui, elle-même, s’exprime dans un artisanat admirable. 

    Cependant, nous avons vu de loin les crimes commis contre les femmes à Ciudad Juárez, les innombrables morts lors des tentatives pour passer la frontière illégalement, la fracture des familles à cause de l’expulsion de parents dont les enfants sont nés aux Etats-Unis, l’exploitation inique des usines de sous-traitance, le cancer générateur de corruption du trafic de drogue et l’inaction face à l’assassinat de jeunes gens qui n’avaient d’autre désir que de propager l’enseignement dans leurs communautés.

    Pour justifier tant de crimes, on continue à imposer des stéréotypes. Pour les Latino-américains, nous sommes tous aussi des Mexicains. Etre avec le Mexique en ces heures difficiles est notre nouvel engagement dans la plus parfaite tradition martienne… 

     

    Traduction de l’espagnol par Françoise Lopez pour Bolivar Infos

    Relu par Benoît Courcey pour Investig’Action

     

    NOTES de la traductrice:
    1 ) De José Marti

    2 ) Poète cubain, cousin du poète français du même nom, né à Santiago de Cuba le 31 décembre 1803 et décédé à Toluca (Mexique) le 7 mai 1839.

    3 ) Le muralisme mexicain est un mouvement artistique qui s’est développé au Mexique au début du xxe siècle. dans la suite de la révolution mexicaine de 1910. Il a prétendu donner une vision de l’Histoire à toutes les composantes du peuple mexicain, par le biais d’un art naïf accessible à tous les types d’observateurs, y compris les analphabètes. Ces peintures, illustrant la gloire de la révolution mexicaine et des classes sociales qui lui sont associées (prolétaires, paysans), ont été réalisées dans des lieux publics tels que le Palais national de Mexico. https://fr.wikipedia.org/wiki/Muralisme_mexicain

    4 ) Jorge Alberto Negrete Moreno (30 novembre 1911 – 5 décembre 1953) est considéré comme l’un des chanteurs et acteurs mexicains les plus populaires. Son enregistrement de la chanson « México Lindo y Querido » (Beau et cher Mexique), l’hymne non officiel du Mexique, en reste la version la plus connue. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Jorge_Negrete)

    5 ) Maria Bonita était le surnom de Maria Déia, membre d’une bande de Cangaço, maraudeurs et hors-la-loi qui ont terrorisé le nord-est brésilien dans les années 1920 et 1930. La relation entre Maria Bonita et Lampião est fermement ancrée dans l’histoire folklorique brésilienne, avec une notoriété «romanesque et violente» similaire à celle de Bonnie et Clyde aux Etats-Unis. Elle a fait l’objet d’innombrables histoires folkloriques, de livres, de bandes dessinées, de brochures populaires ( littérature de cordel ), de chansons, de films et de plusieurs feuilletons télévisés . (https://translate.google.fr/translatehl=fr&sl=en&u=https://en.wikipedia.org/wiki/Maria_Bonita_(bandit)&prev=search)

    6 ) Très populaire auprès des communautés indigènes et des paysans, il est élu en 1934 Président du Mexique pour un mandat de six ans. Cárdenas poursuit un programme de répartition des terres, modernise l’industrie, nationalise les entreprises pétrolières – créant ainsi Pemex (Petróleos Mexicanos) – et réforme profondément le système éducatif tout en le dotant de moyens financiers importants. Il permettra en 1936 à Léon Trotsky et à de nombreux militants politiques persécutés de trouver refuge au Mexique, comme il le fera pour les réfugiés républicains de la guerre d’Espagne. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Lázaro_Cárdenas)

    7 ) Mexicains émigrés aux Etats-Unis

    Source : http://www.granma.cu/cuba/2017-02-19/mexico-lindo-y-querido-19-02-2017-21-02-05

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  • L’arnaque Emmanuel Macron de A à Z

     

    Inconnu il y a peu encore, Emmanuel Macron est sans nul doute une figure importante de la présidentielle 2017. Il est celui que les médias présentent comme l’homme de la situation. Ses meetings sont retransmis par les grandes chaînes d’information en temps réel. Bien que son bilan de Ministre de l’économie et des finances ne plaide pas en sa faveur (600 000 chômeurs de plus), ses partisans voient en lui un modèle d’efficacité.

    Dès ses premiers pas dans le monde politique il a essayé de se présenter comme un leader “anti-système”, alors qu’il est un pur produit du sérail. Il plébiscite la réforme des institutions qui, selon lui, sont un frein à la modernité. Il est en France le chef de file d’une doctrine économique qui prône la déréglementation pour les entreprises transnationales. Il est le grand responsable du « scandale d’Etat Alsthom « . Pour rappel, Alsthom Energie fut cédée en 2014 pour une bouchée de pain à l’entreprise américaine General Electric. Bref, Emmanuel Macron est l’incarnation du Traité constitutionnel (libéral) qu’une majorité de français ont rejeté au soir du 29 mai 2005.

    Pourtant, à en croire les instituts de sondage, Emmanuel Macron est la personnalité politique préférée des Français. Ces derniers sont-ils devenus amnésiques au point d’oublier la caste de banquiers dont il est issu ?… ou plus simplement bénéficie-t-il d’une répétition de messages favorables dans les médias ?

    Aussi, pour appréhender au mieux le “phénomène Macron”, plusieurs questions doivent trouver réponse. Par exemple : Quels sont les réseaux qui le soutiennent ? Qui le finance ? Au-delà des apparences, que dit-il vraiment ? Son discours se tient-il ? Est-il comme on nous le présente un véritable “fer de lance” ?

     

    Groupes de pression & réseaux du patronat

    En avril 2016 le journal Mediapart écrivait dans l’une de ses rubriques : « En annonçant la création de son mouvement « En marche! », le Ministre de l’économie a omis de préciser que l’adresse légale de son association était le domicile privé du directeur de l’un des principaux clubs patronaux, l’Institut Montaigne ».

    fireshot-screen-capture-046-gattaz-critique-fillon-et-juge-interessant-le-projet-de-macron-bfmbusiness_bfmtv_com_france_gattaz-ecorne-filloVéritable officine au service de l’organisation patronale (MEDEF), l’objectif de l’Institut Montaigne est de promouvoir des idées néo-libérales telles que la mise du gaz de schiste au service de la compétitivité, la privatisation de l’assurance maladie, l’augmentation du temps de travail, ou encore le départ à la retraite à 63 ans avec une durée de cotisation de 43 ans. Il convient aussi de noter que le président de l’Institut Montaigne Henri de Castries fut président-directeur-général du groupe d’assurance Axa de mai 2000 à août 2016, où il s’est vu accorder un salaire annuel (hors revenus du capital) oscillant entre 2,8 millions et 3,2 millions d’euros. Quant à sa retraite (dorée), elle atteint un confortable revenu annuel de 1 056 000 euros.

    screencapture-challenges-fr-election-presidentielle-2017-un-think-tank-liberal-se-cache-t-il-derriere-les-candidatures-macron-et-fillon_441901-1488198583130En 1994, Henri de Castries était nommé à la French-American Foundation, institution connue pour être un Cheval de Troie du libéralisme américain dans la société française, qui compte parmi ses anciens disciples communément appelés « Young Leaders », une ribambelle de journalistes et de personnages politiques français. En septembre 2016, sur le site de la French-American Foundation nous pouvions lire « Breakfast avec Emmanuel Macron, ministre de l’Economie« .

    Rappelons aussi que Henri de Castries a pris en 2012 la présidence du comité de direction du très opaque groupe Bilderberg, où l’on discute uniquement entre pairs, et qu’il a fini par rejoindre l’équipe de campagne de François Fillon,

    De son côté, le directeur général de “Terra Nova” Thierry Pech, un think tank proche du PS, réfute les informations concernant sa participation active au mouvement d’Emmanuel Macron « En Marche ». Ceci-étant, dans Libération Thierry Pech ne cache pas sa «proximité intellectuelle» avec Emmanuel Macron. Une proximité confirmée par le grand nombre de membres et de contributeurs réguliers de “Terra Nova” qui apportent un soutien sans faille à Emmanuel Macron. En particulier, les économistes Philippe Aghion, Élie Cohen, Gilbert Cette, le Libéral-libertaire Daniel Cohn-Bendit, l’homme d’affaires Henry Hermand, Jacques Attali, le dirigeant d’entreprise Louis Gallois, et le sénateur socialiste Gérard Collomb.

    Homme de réseaux, Gérard Collomb soutient ouvertement le mouvement « En Marche! » depuis sa création. Pour preuve, ce dernier déclara par voie de presse « Les 23 et 24 septembre 2016, nous organiserons à Lyon un colloque des réformistes européens et mondiaux avec l’Institut Montaigne, les think tanks “Les Gracques” (un autre groupe de pression) et “Terra Nova”. Il y aura aussi des think tanks italiens, allemands, anglais et des membres de l’équipe d’Hillary Clinton ». Cependant, “Terra Nova”, toujours très proche du parti socialiste, décidera de se retirer de l’événement.

    Roger Lenglet et Olivier Vilain, tous deux auteurs d’“Un pouvoir sous influence, quand les think tanks confisquent la démocratie » nous démontrent que ces think tanks ont pour point commun d’être soutenus par des groupes industriels cotés en bourse et favorables à la déréglementation économique. Leur enquête comprend une étude qui mesure le nombre de fois où les think tanks sont cités publiquement par les parlementaires et dans les médias. Roger Lenglet nous résume ici “qu’avec l’auréole de l’expertise, on voit depuis les années 2010 se multiplier l’influence des think tanks« . Lenglet et Vilain, dans leur travail de décryptage, reviennent sur l’influence libérale des think tanks tels que Terra Nova , l’Institut Montaigne ou la Fondation Jean-Jaurès.

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    L’Institut Montaigne est financé entre autres par des entreprises du CAC 40 telles que Veolia, Sanofi, Rothschild & Cie, Michelin, Microsoft, Groupama, Bank of America, Merrill Lynch, BNP Paribas, Bolloré, Bouygues.

    Selon le journal en ligne Rue89, en 2013, Terra Nova était financée à 80 % par le mécénat d’entreprise et 20% par la cotisation des adhérents. Parmi les mécènes: Areva, EDF, Caisse des Dépôts, Microsoft, Sanofi, Vivendi, Google, etc. En somme du déjà-vu plus haut, et il n’est pas difficile de comprendre que comme l’Institut Montaigne, Terra Nova est plus un lobby au service du capital qu’un cercle de réflexion.

    Quant à la Fondation Jean-Jaurès, si l’on en croit son dernier rapport, elle perçoit des subventions du Premier ministre (31%), des subventions publiques sur projet (28%), des fonds issus de partenariats européens (17%), du Mécénat (14%), ses ressources propres (publications, dons…) ne représentant que 10% de ses revenus.

     

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  • Les « Fake News » du Département du Trésor US

     

    Un communiqué de presse publié par le Département du Trésor des Etats Unis informe que le Bureau du Control des Actifs Etrangers accuse le Vice-président de la République Bolivarienne du Venezuela, Tareck El Aissami, d’être « conciliant » en matière de transport et trafic de drogue et cela depuis 2008. Ma première réaction à la lecture de ce communiqué a été de penser qu’il avait été écrit par un master troll de la CIA. Ne doit-on pas s’attendre à ce que ce genre d’accusation émane d’un service de renseignements et non d’un Bureau qui a en charge le Trésor Public des Etats Unis ?

     

    Au cours du programme : « 15 y Ultimo » on s’est posé cette même question et voici la réponse :

    « Jamais aucun des gouvernements des Etats Unis, depuis celui de George Washington et jusqu’à ce jour, n’a pris au sérieux cette fable de la neutralité des banques centrales et de la monnaie, même s’ils imposent l’idée au reste du monde » ; ils utilisent ces instances comme armes pour « tordre le bras » des nations.

    « Au cœur de l’idéologie nord-américaine, les outils de coercition économique et financière sont tout autant sinon plus valables que les armes conventionnelles pour résoudre les conflits qui portent atteinte à leur hégémonie ». Nous parlons par conséquent de guerre financière.

    La soit disant « association » de El Aissami avec des cartels de la drogue est bien plus éclairée par les projecteurs d’une mise en scène que par les lumières intellectuelles de ses inventeurs. Voyons les faits :

    L’entrepreneur Samark Lopez a été accusé par le Département du Trésor d’agir en tant que prête-nom de El Aissami. CNN a fait référence à une source non identifiée du Département du Trésor pour expliquer ce que le communiqué de presse de la OFAC a laissé en suspens : l’entrepreneur censément, se chargeait d’ouvrir des comptes aux Etats Unis et de créer des sociétés écrans pour virer l’argent du vice-président El Aissami depuis les Etats Unis jusqu’en Europe. Samark Lopez a publié un communiqué qui n’a eu droit qu’à une couverture médiatique marginale. Nous en donnons les points essentiels :

    • Monsieur Samark Lopez est un entrepreneur qui connait Tareck el Aissami depuis des années.
    • Monsieur Samark Lopez n’est pas un fonctionnaire d’Etat et n’a pas été mêlé dans le trafic de stupéfiants. La publication de ce listing a toutes les apparences d’une manœuvre politique.
    • Monsieur Samark Lopez exercera tous les recours légaux, administratifs et juridiques possibles.

    Ironie du sort, ce même jour, un porte-parole du Kremlin demandait que l’on ne fît pas confiance aux sources non confirmées de CNN et du New York Times.

     

    A propos des accusations de trafic de stupéfiants

     

    L’actuel Vice-président a été Ministre de l’Intérieur et de la Justice du Venezuela durant la législature de Hugo Chavez, de 2008 à 2012. Durant ces années où il a été en fonction, 102 caïds de la drogue ont été arrêtés et déférés aux tribunaux. Il a également coordonné l’extradition de 21 narcotrafiquants à la demande des Etats Unis.

    Au cours de ces années – pas si lointaines – Washington adressa des communiqués de félicitations à El Aissami, communiqués dûment enregistrés dans les archives du Gouvernement du Venezuela. Parmi les câbles et courriers divulgués par Wikileaks et publiés par La Tabla :

    « Un rapport, rédigé en 2010 par Roberta Jacobson, à l’époque, sous-secrétaire aux Affaires de l’Hémisphère du Département d’Etat des Etats Unis, recommandait de « ne pas féliciter » le gouvernement du Venezuela pour l’arrestation et l’extradition de chefs du narcotrafic colombien qui étaient requis par la justice des Etats Unis »

    Ils accusent le vice-président El Aissami de liens avec le Cartel Los Zetas au Mexique. Ils signalent des « alliances » avec le narcotrafiquant colombo-vénézuélien Hermagoras Gonzalez Polanco et avec le caïd colombien Daniel Barrera Barrera par l’entremise de Walid Makled. Jugeons de la vraisemblance des faits classés par ordre chronologique :

    Hermagoras Gonzalez Polanco était un leader du dénommé Cartel La Guajira en lien avec les Unités d’Autodéfense de Colombie. Il a été accusé d’avoir trafiqué 9 tonnes de cocaïne en collaboration avec Salomon Camacho Mora. Gonzalez Polanco a été arrêté lors d’une opération effectuée en 2008 sous la gestion de Ramon Rodriguez Chacin en tant que Ministre de l’Intérieur et de la Justice du Venezuela. Et pourtant, Camacho Mora a été arrêté 2 ans plus tard lorsque les organes de la sécurité d’Etat du Venezuela étaient sous l’autorité de Tareck El Aissami. Il a été extradé aux Etats Unis le 2 février 2010.

    Gonzalez Polanco, de nationalité vénézuélienne, n’a pas été extradé. A l’issue de son procès, il a été condamné à 15 ans et 6 mois de réclusion. Son complice, aux Etats Unis, a écopé d’une peine moindre, soit 11 années de réclusion.

    Depuis qu’il a fui du pays, en 2010, Walid Makled, alias « le Turc », faisait partie des délinquants les plus recherchés au niveau international. L’année suivante, Makled a été arrêté en Colombie et son extradition a été demandée par le Venezuela. Il a été jugé à Caracas et condamné pour blanchiment de capitaux, corruption et association de malfaiteurs.

    En 2011, la police scientifique du Venezuela, dépendante du ministère dirigé par El Aissami, a arrêté Gloria Inès Rojas Valencia, une citoyenne colombienne qui opérait au nom du Cartel Los Zetas. Elle a été extradée aux Etats Unis ainsi que son conjoint également impliqué dans des faits délictueux sous le pseudo de El Negro Tello. Plus précisément : il était le second dans l’organisation criminelle dirigée par Daniel Barrera.

    Daniel Barrera Barrera, alias El Loco (Le Fou), a été arrêté au Venezuela en septembre 2012, sous le ministère de Tareck El Aissami. L’opération fut pilotée par la Police Nationale de Colombie – depuis Washington – et avec l’aide des gouvernements du Venezuela et de la Grande Bretagne.

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