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  • Cuba : un médicament contre le cancer, visiter La Havane, le blocus des USA toujours en vigueur

    La lettre électronique Hebdo de Cubacoopération

    Les nouveautés depuis le 15 septembre 2016

     

    La lettre électronique Hebdo de Cubacoopération

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    Cher(e) ami(e)s,

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    > Vous n’en avez sans doute pas entendu parler !

    > Comme pour la Fête de l’Humanité, la plupart des médias ont ignoré cet événement.

    > Un débat à caractère mondial vient d’avoir lieu dans l’ile Margarita au Venezuela ces derniers jours. Le 17e sommet du Mouvement des Pays non alignés. Il réunissait 170 délégations de plusieurs dizaines de pays (120 membres, 14 observateurs, 10 organisations). C’est le mouvement politique le plus important après l’ONU ! À l’ordre du jour : lutte pour la Paix, pour la souveraineté, la solidarité au service du développement, lutte contre le terrorisme, désarmement, droit à l’autodétermination et de nombreuses autres questions de grand intérêt pour tous les peuples de la planète. Une déclaration commune a été adoptée à l’issue des travaux.

    > En marge de ce sommet, Raul Castro qui y participait a eu un agenda multilatéral chargé, conséquence de l’excellent état des relations entre Cuba et les membres du mouvement.

    > Au titre des relations de Cuba avec de nombreux autres pays on peut noter plusieurs visites de chefs d’État, ces derniers jours : Visite officielle du Président de l’Iran, de celui de la Mongolie, du Premier Ministre Chinois, de celui du Japon… Accord avec l’Algérie pour l’approvisionnement de l’Ile en pétrole, accord de coopération avec la Russie. Le Président de l’Assemblée nationale cubaine a reçu le Président du Conseil Fédéral allemand avec en toile de fond l’amélioration des relations entre La Havane et Berlin.

    > Et cela malgré la volonté toujours présente des États-Unis d’isoler Cuba du reste du monde !

    > Et je me permettrai de revenir une nouvelle fois sur le BLOCUS. Il va en être question le 26 octobre lors de l’assemblée générale des Nations Unies.

    > Il a encore sévi ces dernières semaines : après la banque espagnole SANTENDER, c’est au tour du Consulat de Cuba à Madrid qui se voit refuser les services de la société TNT… et l’ouvrage de notre ami Salim Lamrani ne peut être acquis par l’association québécoise des amis de Cuba, à cause de l’interdiction du paiement par la société PAYPAL …conséquence du blocus ! Mais ce qui est encore plus grave, c’est qu’il affecte les services de la santé, de l’éducation, de l’économie, les prix, les salaires, l’alimentation, la sécurité sociale. Aucun élément de la vie quotidienne des Cubains n’est épargné. Entre avril 2015 et mars 2016, ses dommages se montent à 4 milliards et demi de dollars et depuis le début de son application ce sont plus de 750 milliards de dollars. On comprend mieux les difficultés de vie de la population cubaine. Sans cela, la situation de l’économie cubaine serait bien meilleure et la vie des Cubains aussi. Il est grand temps que cela cesse ! Et nous devons continuer à faire entendre la voix de l’immense majorité de notre peuple.

    > Cuba et les Jeux paralympiques. Les athlètes cubains ont remporté 15 médailles : 8 en or, 1 en argent et 6 en bronze. Le pays se classe 18e sur 83 pays ayant récolté des médailles. Malgré sa délégation restreinte du fait de moyens financiers limités, ses 22 participants ont une nouvelle fois fait honneur à leur pays. Félicitations !

    > Quelques nouvelles de notre association :

    >   Notre comité Côtes-d’Armor était présent lors de la Foire Exposition de Saint-Brieuc avec trois expositions et un stand avec animation salsa… Le bénéfice obtenu grâce à la participation de nombreux membres du comité, vont permettre d’assurer le financement des conteneurs remplis de lits médicalisés et de matériels pour le tri sélectif. Conclusion de Jean-Louis l’animateur du comité : Excellant résultat… Bravo, nous vous en dirons plus dans les prochains jours.

    >   Notre comité d’Auvergne était présent à la Foire Internationale Clermont-Ferrand –Cournon au cours de laquelle il a pu enregistrer de nombreux nouveaux contacts. Nous aurons aussi à en parler prochainement.

    >   Le comité du Gard était présent lors du Forum des associations qui se tenait sur la place Charles de Gaulle en plein cœur de la ville. Plusieurs centaines d’associations avaient tenu à présenter leurs activités aux milliers de visiteurs qui se sont pressés dans les allées toute la journée. Rencontres, échanges, discussion ont permis aux militants du comité de faire connaissance de nombreux amis… À renouveler l’an prochain.

    >   De nouveaux comités se mettent en place : dans le Tarn-et-Garonne, à Bagnolet en région parisienne, et prochainement dans l’Aude ! L’assemblée Générale du 15 octobre se fera un plaisir de les accueillir parmi nous.

    >   Et ce mercredi 21 avait lieu la table ronde « Cluny vous ouvre les portes de Cuba  » à l’intention des entreprises et investisseurs de Saône-et-Loire. Nous vous en rendrons compte la semaine prochaine.

    > Bien cordialement,

    > Roger Grévoul
    Président Fondateur
    Responsable politique du Site Internet et de la Lettre Hebdomadaire.

    Le 7e Congrès de psychophysiologie centré sur le fonctionnement du cerveau

    par Nuria Barbosa León le 22 septembre 2016

    > Dans le but de trouver un consensus dans les recherches scientifiques dans la branche de la psychologie chargée de l’étude des bases cérébrales et corporelles de la pensée et des émotions s’est tenu à La Havane le 18e Congrès mondial de l’Organisation internationale de psychophysiologie.

    3 bonnes raisons de visiter La Havane

    par Posté par Roger Grévoul le 21 septembre 2016

    > D’après le site havana-live.com

    > Si je peux me permettre une raison supplémentaire, valable pour l’ensemble de l’Ile :

    > L’accueil particulièrement chaleureux du peuple cubain !

    > Et un conseil aux touristes : en plein coeur du quartier historique de la capitale cubaine, au 311 calle O’Reilly, visitez la Maison Victor Hugo. A deux enjambées de la Place d’Armes et de la Place de la Cathédrale... Ne quittez pas La Havane sans avoir frnchi ses portes avec comme carte de visite Cuba Coopération France !.

    Etats-Unis : lourde amende contre un militant pro-Cubain (In Cuba Today)

    par Nora Gámez Torres le 20 septembre 2016

    > Dans une affaire qui semble représenter un changement de politique, le Bureau du Département du Trésor des Etats-Unis de Contrôle des Avoirs étrangers (OFAC) a ouvert une procédure judiciaire contre un militant pro-cubain de longue date basé à Tampa.

    > Albert A. Fox Jr., qui a des liens étroits avec le gouvernement cubain, risque une amende de 100.000 $ pour des violations présumées de l’embargo des Etats-Unis au cours de deux voyages à l’île au cours des six dernières années

    « Le blocus est toujours en vigueur », a affirmé le ministre cubain des Relations extérieures

    par Bruno Rodriguez Parrilla le 19 septembre 2016

    > Bruno Rodriguez Parrilla, ministre des Relations extérieures, a présenté au siège du Minrex le rapport qui sera débattu à l’ONU, exigeant la fin du blocus imposé par les États-Unis à Cuba
    Le ministre cubain des Relations extérieures, Bruno Rodriguez Parilla, a présenté le vendredi 9 septembre le Rapport de Cuba sur la Résolution70/5 de l’Assemblée générale des Nations unies, intitulé « Nécessité de mettre fin au blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis d’Amérique à Cuba », lors (...)

    Habanarte revient à La Havane

    par SERENDIPIA le 18 septembre 2016

    > Troisième édition de la grande fête de la culture cubaine, ou comment Cuba se tend un miroir à lui-même pour y voir son meilleur profil : celui de la création.
    Du 8 au 18 septembre, le programme vise à la fois les Cubains et les touristes : toutes les compagnies reprennent leurs succès de l’année et tous les lieux sont mis à contribution. Quant à la possibilité de s’y retrouver, c’est a lo cubano… Bon, on peut toujours se rendre à la Casa del Alba Cultural ou à la Casona de Línea pour acheter un pasaporte (...)

    "El acompañante" : quand Cuba poussait le Sida derrière les murs

    par Adrien Morcuende le 17 septembre 2016

    > Le film représentera Cuba aux nominations des OSCAR aux Etats-Unis et au GOYA en Espagne.Il est actuellement projeté à Cuba.
    Il le sera en France le 20 septembre à Toulouse et le 21 à Saint-Gaudens en présence du réalisateur Pavel Giroud Eirea. Séances suivies de débats organisés par le comité toulousain de l’association France Cuba.

    > Dossier de presse sur le site d’Isabelle Buron :
    http://www.isabelleburon.com/film.php?ID=202

    Cuba met au point un nouveau médicament contre le cancer de la peau

    par Posté par Roger Grévoul le 16 septembre 2016

    > Traduit par Jean-Claude Levaton pour Arrêt sur Info

    LE MAGAZINE N° 29 - 2015-2016

    par Gérard le 15 septembre 2016

    > LE MAGAZINE N° 29 - 2015-2016

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  • Après avoir soutenu Snowden, le Washington Post demande son inculpation

    Une première dans l’Histoire du journalisme : le Washington Post demande l’inculpation de sa propre source – après avoir accepté le prix Pulitzer

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    Trois des quatre médias qui ont reçu et publié un grand nombre de documents secrets de la NSA fournis par Edward Snowden – The Guardian, le New York Times etThe Intercept – ont demandé au gouvernement des États-Unis de permettre au lanceur d’alerte de la NSA de rentrer aux Etats-Unis sans risques. Un geste normal pour une organe de presse à qui il incombe de protéger ses sources et qui – par le simple fait d’accepter les documents de la source et de les publier – déclare implicitement que les informations fournies par la source sont d’un intérêt public.

    Mais pas le Washington Post. Face à une campagne grandissante menée par l’ACLU [Organisation de défense des droits civiques aux Etats-Unis – NdT] et Amnesty pour obtenir un pardon pour Snowden, en coordination avec la sortie ce week-end du biopic d’Oliver Stone, ’Snowden,’ l’éditorial du Post aujourd’hui s’est non seulement prononcé contre un pardon, mais a explicitement demandé que Snowden – la propre source du journal – soit poursuivi pour espionnage ou, comme « solution de rechange », qu’il accepte « une mesure de responsabilité pénale pour ses excès et que le gouvernement des États-Unis offre une mesure de clémence. »

    Ce faisant, le Washington Post a réalisé un exploit ignominieux dans l’histoire des médias US : être le premier journal à avoir explicitement demandé des poursuites pénales contre sa propre source – sur le dos de qui le journal a remporté et accepté avec empressement un Prix Pulitzer du Service Public. Mais encore plus stupéfiant que cet acte de trahison journalistique contre la propre source du journal sont les arguments avancés pour le justifier.

    Les éditorialistes du Post concèdent qu’un – et un seul – des programmes révélés grâce à Snowden l’avait été à juste titre – à savoir le programme de métadonnées interne, parce qu’il était « un détournement, sinon une violation pure et simple, du droit fédéral de surveillance, et posait des risques à la vie privée ». En ce qui concerne la « législation corrective » qui a suivi sa révélation, le Post reconnaît : « Nous devons ces réformes nécessaires à M. Snowden » Mais ce programme de métadonnées n’a pas été révélé par le Post, mais plutôt parThe Guardian.

    Autre que cette révélation initiale de Snowden, suggère le Post, il n’y avait aucun intérêt public à révéler les autres programmes. En fait, affirment les éditorialistes, leur révélation a causé un véritable préjudice. Ceci inclut le programme PRISM, au sujet duquel le Post s’exprime ainsi :

    Ce qui complique les choses est que M. Snowden a fait plus que cela. Il a également volé, et fuité, des informations sur un programme distinct de la NSA de surveillance de l’internet à l’étranger, PRISM, qui était clairement légal et ne constituait aucune menace évidente contre la vie privée. (Il était également temporaire, car la loi l’autorisant expire l’année prochaine.)

    En faisant valoir qu’il n’y avait aucun intérêt public à révéler le programme PRISM, les éditorialistes du Poston oublié de mentionner un détail. Que le journal (en même temps que The Guardian) qui a choisi de révéler le programme PRISM en étalant ses détails opérationnels et le manuel top-secret en première page s’appelle… le Washington Post. Puis, après avoir choisi de le faire, ils ont explicitement vanté leur révélation du programme PRISM (ainsi que d’autres révélations) lorsqu’ils ont postulé pour le prix Pulitzer.

     

    LA SUITE ICI

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  • Retour sur l'assassinat d'un ministre d'Allende : extrait du livre L'équipe de choc de la CIA.

    Orlando Letelier et Ronny Moffit : assassinats à Washington

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    Le 21 septembre 1976, une bombe puissante explosa en plein Massachusetts Avenue, dans le secteur connu comme le Quartier des Ambassades à Washington. Actionnée à distance, elle était placée dans l’auto d’Orlando Letelier et le tua sur le coup, ainsi que Ronny Moffit, sa secrétaire de nationalité étasunienne. Il s’agissait du second assassinat politique dans l’histoire de cette ville. Le premier avait été celui visant le président Abraham Lincoln, en avril 1865.

    Entre 1970 et 1973, Letelier avait occupé des fonctions de très haute responsabilité dans le gouvernement d’Allende. Au moment du coup d’Etat, il était ministre de la Défense, donc le supérieur de Pinochet. Il fut arrêté et déporté avec d’autres dirigeants du gouvernement, vers un camp de concentration glacial au sud du pays. Devant la pression internationale, il fut libéré quelques mois après. A sa sortie du pays, il devint l’un des principaux accusateurs de la dictature.

    Il était normal que l’on pense immédiatement que Pinochet était le responsable de cet assassinat. Mais étonnamment, une autre thèse commença à être diffusée par la grande presse des Etats-Unis. Et comme c’est presque toujours le cas, elle fut reprise par de nombreux autres médias à travers le monde. Dans son édition du 11 octobre, la revue Newsweek fut la première à publier un « rapport secret » qu’une source de « haute confiance » lui avait remis. Le lendemain, le New York Times le mit en relief dans ses pages principales. Et peu de jours après, le Washington Post en fit de même. Il s’agissait d’un document réalisé par la CIA et destiné au FBI.

    Il y était écrit que l’assassinat de Letelier n’était peut-être pas dû à un ordre de Pinochet : « Les services de sécurité indiquent qu’une enquête parallèle cherche à déterminer si Monsieur Letelier n’aurait pas pu être assassiné par des extrémistes de gauche, afin de compromettre les relations des Etats-Unis avec la junte militaire. ». Et c’est alors que fut lancée une hypothèse monstrueuse : les « extrémistes » auraient éliminé Letelier parce qu’il avaient besoin de « se créer un martyr ».

    L’enquête se convertit alors en une chose extraordinairement fastidieuse, complexe, où l’on ne voyait aucun progrès, même si tout paraissait clair. Il n’était pas difficile de découvrir, sans faire beaucoup d’efforts, qu’il existait des tensions, un conflit entre le FBI et la Justice vis-à-vis de la CIA et du Département d’Etat, car ces derniers refusaient de partager les informations sur l’opération Condor et en particulier sur l’assassinat.

    Situation logique: c’était au moment où le Congrès s’efforçait de pousser l’Agence dans ses derniers retranchements, et où Bush ne pouvait permettre qu’elle semble être mêlée à quelque chose d’aussi délicat.

    Les autorités fédérales durent mener des milliers d’entretiens et trier parmi des centaines de fausses pistes créées par la CIA elle-même, sur ordre personnel de Bush, comme on le sut des années plus tard lors des enquêtes sur l’Opération Condor. Au moment où l’on croyait que l’impunité serait le seul résultat concret, cinq hommes furent présentés comme responsables: tous avaient une expérience d’agent à la CIA. Parmi eux, quatre étaient d’origine cubaine.

    Townley était le chef de l’équipe. Fin juin 1976, il avait reçu l’ordre de tuer Letelier, quelques jours après l’entrevue de Kissinger avec Pinochet. Bosch Ávila autorisa ses compatriotes Dionisio Suarez, Virgilio Paz Romero et les frères Novo Sampoll, à participer au crime.

    Dans son témoignage du 16 décembre 1991, le commissaire général de l’époque de la DISIP vénézuélienne raconta devant la justice chilienne que Morales Navarrete lui avait dit, en 1981, que l’assassinat de Letelier avait été planifié à Bonao.

    Le 12 mai 2005, l’ex-général Contreras présenta un document dans lequel il confirmait et développait ce qui a été dit plus haut, revenant en détail sur le crime contre Letelier, pour lequel il était condamné. Il y dit notamment :

    “Le sous-directeur de la CIA, le général Vernon Walters informa le président de la République Chilienne [Augusto Pinochet] qu’Orlando Letelier constituait un danger pour les Etats-Unis, puisque des informations obtenues par la CIA avaient établi la preuve qu’il travaillait en tant qu’espion du KGB sur le territoire des Etats-Unis […]

    En accord avec ce qui avait été planifié lors de la réunion à Bonao, en République Dominicaine, et avec la concertation préalable du sous-directeur de la CIA et du Président du Chili, celui-ci décida personnellement, exclusivement et directement l’action de […] Michael Townley contre Monsieur Orlando Letelier del Solar, en ordonnant à Townley de partir pour les Etats-Unis en septembre 1976 et de mettre le plan à exécution […]”.

    Pendant de nombreuses années, les tribunaux chiliens rejetèrent la participation de la CIA à ce crime, sûrement à la suite de puissantes pressions externes. Ils ne prirent pas en compte les arguments de l’ex-général Contreras, ajoutant qu’il s’agissait d’un stratagème pour éluder ses responsabilités et sa condamnation.

    Le fonctionnaire chilien Adolfo Bañados qui instruisit l’enquête, souligna quelque chose de très révélateur, bien que largement ignoré: « Je me souviens d’avoir envoyé un officier aux Etats-Unis pour poser des questions sur le contenu de cette réunion en République Dominicaine au président George Bush père, qui avait été chef de la CIA. Par l’intermédiaire de l’un de ses sous-secrétaires, Bush répondit que dans cette réunion, il n’avait jamais été question de projet visant à éliminer qui que ce soit ». (1)

    Ainsi niée, l’idée que l’assassinat ait été planifié à Bonao était écartée. Mais cette réponse confirma que Bush et la CIA avaient eu connaissance de la réunion du CORU, ainsi que des sujets qui y furent abordés.

     

    L’impunité des agents du CONDOR et du CORU

     
    Michael Townley, peut-être le principal terroriste sur lequel compta l’Opération Condor, fut extradé du Chili vers les Etats-Unis en 1978. Il y fut emprisonné seulement cinq ans, car il s’était mis sous la protection du Programme de Protection de Témoins. Il travailla ensuite pour le FBI, sous une nouvelle identité. Lorsque d’autres nations le sollicitèrent pour l’interroger en tant que responsable présumé de crimes, ou en qualité de témoin, les autorités de son pays s’y opposèrent régulièrement. Quand elles acceptèrent, comme ce fut le cas pour l’Italie, on ne put lui poser de questions qui auraient impliqué quelque institution étasunienne que ce soit. Il a été clairement dit à la justice argentine que Townley ne sera jamais présenté aux juges de ce pays.

    Les frères Novo Sampoll, eux non plus, ne firent pas long feu en prison. Ils furent condamnés puis relaxés en deuxième instance. José Dionisio Suarez et Virgilio Paz furent en fuite pendant 14 ans. Le FBI inclut le premier dans le programme télévisé « America’s Most Wanted » (« Les hommes les plus recherchés d’Amérique »), car il était en effet l’une des dix personnes les plus recherchées de cette nation, pour cause de haute dangerosité. Sa photo était placardée dans de nombreux bureaux fédéraux. Et malgré cela, il coulait des jours tranquilles à Porto Rico – colonie étasunienne – où il se maria en 1982 sous son vrai nom. Après avoir été arrêté en 1990, on sut que depuis 1984, il était allé en Amérique Centrale et avait participé à la guerre sale que la CIA et la Maison Blanche menaient contre le gouvernement sandiniste du Nicaragua. C’est là-bas qu’il rencontra Paz.

    Des enquêtes privées démontrèrent qu’ils intégrèrent tous les deux le réseau de trafic de drogue qui finança en partie ces opérations. (2)

    Tous deux furent détenus en Floride, sans le grand déploiement policier habituel dans ces cas. Tout se passa dans un calme total. Comme entre personnes qui se connaissent. Il est possible qu’avec leur capture, les autorités étasuniennes aient voulu démontrer qu’elles aussi punissaient les hommes impliqués dans l’Opération Condor sur leur territoire.

    Ils ne furent condamnés qu’à douze ans de prison, alors qu’ils avaient reconnu être les auteurs du double crime, ce qui, normalement, était passible de la perpétuité. Huit ans après, il s’en est fallu de peu pour qu’ils ne soient remis en liberté, mais le Département de la Justice s’y opposa. Le Service d’Immigration et de Naturalisation (SIN) réussit à les garder derrière les barreaux presque quatre ans de plus, considérant qu’ils représentaient un danger pour la communauté. Finalement, les portes de la prison s’ouvrirent le 26 juillet 2001 pour Virgilio Paz et le 14 août pour José Dionisio Suarez.

    Le président George Walker Bush, le fils à présent, leur pardonna et autorisa leur libération.
    « Je suis surpris. Le système fonctionne. », déclara Paz Romero, quelques heures après avoir été libéré. « C’est dommage qu’il ait été si lent, mais il fonctionne. Que Dieu bénisse la démocratie ». (3)

    Pendant la conférence de presse qu’il donna quelques jours après, il affirma qu’il n’éprouvait aucun remords pour la mort de l’ex-chancelier Letelier, et que par conséquent, il n’avait pas d’excuses à présenter à sa famille. Il précisa qu’il dirait à la veuve : « Votre mari était un soldat dévoué à sa cause ». (4)

    Etrangement, ni au Chili, ni en Italie, ni en Argentine, ni dans d’autres nations touchées par leurs crimes et leurs actions terroristes, les personnes chargées de rendre la justice n’eurent l’idée de demander leur extradition, ni même leur témoignage. Quant aux autorités cubaines, qui pourtant les réclamait dans le cadre de plusieurs affaires de terrorisme, elles virent leur demande rejetée par les Etats-Unis.

    Le 20 mai 2002, presque un an après, le président Bush fils était à Miami. Sa principale activité fut de prononcer un bref discours devant quelque deux mille personnes. L’immense majorité était composée de vétérans du Projet Cuba et de la JM/WAVE. Autrement dit, des anciens agents de la CIA. Outre le fait de proposer toute son aide pour en terminer avec la révolution cubaine, le président insista sur son engagement dans la « guerre contre le terrorisme ». A peine huit mois plus tôt avaient eu lieu les terribles attentats à New York et à Washington.

    Paz et Suarez se tenaient non loin de l’estrade, prouvant ainsi que ceux qui servaient les intérêts étasuniens étaient excusés d’être des terroristes. Orlando Bosch Ávila qui était rentré aux Etats-Unis en février 1988, se trouvait là aussi…

    Ce n’était pas seulement la couverture de la CIA protégeant les hommes de l’Equipe de choc qui leur permettait de se moquer de la justice. Il y avait maintenant une autre raison très importante.
    Un enquêteur étasunien déclara que Paz et Suarez étaient sortis de prison, parce que Bush fils voulait « faire plaisir à des amis cubains anti-castristes, envers qui il a une grande dette. » (5)

    Une dette immense à vrai dire. C’est en Floride qu’a eu lieu la fraude qui lui a permis de remporter les élections, alors qu’il était en train de perdre face à Al Gore, le candidat du parti Démocrate.
    La Floride était aussi l’état dont son frère, John Ellis « Jeb », était parvenu à être le gouverneur en 1999, grâce à une solide alliance avec le secteur dirigé en grande majorité par des vétérans du JM/WAVE.

    Ann Louise Bardach, journaliste au New York Times et à la revue Vanity Fair, rapporta dans l’un de ses livres quelques secrets de la famille Bush dans le sud de la Floride, en soulignant ses puissants liens, et en particulier ceux de Jeb, avec les groupes les plus extrémistes de la communauté d’origine cubaine. (6)

    Elle affirme que Jeb a été l’instrument idéal pour que son père et son frère facilitent la libération d’individus jugés pour actes terroristes, ou pour qu’ils fassent stopper des enquêtes du même acabit, en échange d’un appui financier et électoral décisif.

    Notes:
    1) Mentionné dans: Osorio, Víctor. “Las pruebas de la DINA contra Posada Carriles.” Crónica Digital, Santiago du Chili, 23 mai 2005.
    2) Scott, Peter Dale et Marshall Jonathan, Cocaine politics, Op.cit.
    3) BBC Monde, 27 juillet 2001.
    4) BBC Monde. 2 août 2001.
    5) Landau, Saul. “Albergando terroristas: Nuestra propia lista”. PolíticaConoSur, 3 septembre, 2001.
    6) Bardach, Ann Louise. Cuba Confidential: Love and Vengeance in Miami and Havana. Vintage. New York, 2003.

    Hernando Calvo Ospina est journaliste et écrivain. Ce texte est un extrait de l’ouvrage L’equipe de choc de la CIA. Editions Le temps des cerises, Paris, 2009.

    Source: Investig’Action

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  • Les 7 propositions de Donald Trump que les grands médias nous cachent


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    Il y a encore quelques semaines – à plus de deux mois de l’élection présidentielle du 8 novembre prochain aux Etats-Unis –, tous les sondages donnaient Hillary Clinton, la candidate du Parti démocrate, gagnante. Il semblait alors évident que, malgré la masse des préjugés machistes, Mme Clinton serait la première femme à occuper le bureau ovale de la Maison Blanche et à tenir les rênes de la plus grande puissance de notre temps.

     

    Qu’était-il arrivé au candidat du Parti républicain, le médiatique Donald Trump dont l’ascension était considérée comme « irrésistible » ? Pourquoi s’était-il effondré dans les sondages ? Sept Américains sur dix déclaraient alors qu’ils n’en voulaient pas comme président ; et à peine 43 % l’estimaient « qualifié » pour siéger à la Maison Blanche (65 % considérant, en revanche, que Mme Clinton était parfaitement apte à exercer cette tâche).

    Rappelons qu’aux Etats-Unis, les élections présidentielles ne sont ni nationales ni directes. Il s’agit plutôt de cinquante élections locales, une par Etat, qui désignent les 538 grands électeurs chargés d’élire à leur tour le (ou la) chef de l’Etat. Ce qui relativise singulièrement les sondages à caractère national.

    Face à de si mauvais résultats cependant, le candidat républicain Donald Trump décida, en août dernier, de remanier son équipe et de nommer un nouveau chef de campagne, Steve Bannon, directeur du site ultra conservateur Breitbart News Network. Trump modifia aussi son discours pour s’adresser à deux groupes d’électeurs décisifs : les Afro-américains et les Hispaniques.

    Parviendra-t-il pour autant à inverser la tendance et à s’imposer sur la dernière ligne droite de la campagne ? Ce n’est pas impossible. En fait, Trump semble d’ores et déjà avoir, en partie, rattrapé son retard par rapport à Mme Clinton. Personnage atypique, avec ses propositions odieuses, grotesques ou sensationnalistes, Trump a déjà déjoué les pronostics. Face à des poids lourds comme Jeb Bush, Ted Cruz ou Marco Rubio qui, de surcroît, comptaient sur l’appui décidé de l’ensemble de l’establishmentrépublicain, peu d’analystes donnaient Trump gagnant aux primaires du Parti républicain. Et cependant, il a écrabouillé ses adversaires, les réduisant en cendres.

    Depuis la crise dévastatrice de 2008 (dont nous ne sommes pas encore sortis), plus rien n’est comme avant nulle part. Les citoyens sont profondément déçus, désenchantés et désorientés. La démocratie elle-même, comme modèle, a perdu une grande part de son attrait et de sa crédibilité. Tous les systèmes politiques ont été secoués jusqu’aux racines. En Europe, par exemple, les séismes électoraux inédits se succèdent, depuis la victoire de l’extrême droite en Autriche jusqu’au Brexit anglais ou la récente défaite de la chancelière allemande Angela Merkel dans son Land de Mecklembourg-Poméranie.

    Mais le bouleversement ne se limite pas à l’Europe, il suffit de voir l’écrasante victoire électorale, en mai dernier, de l’inclassable et tonitruant Rodrigo Duterte aux Philippines… Tous les grands partis traditionnels sont en crise. On assiste partout à l’ascension de forces de rupture, soit des partis d’extrême droite (en Autriche, pays nordiques, Allemagne, France), soit des partis populistes et anti-système (Italie, Espagne). Partout, le paysage politique est en voie de transformation radicale.

    Cette métamorphose atteint aujourd’hui les Etats-Unis, un pays qui a déjà connu, en 2010, une vague populiste ravageuse, incarnée à l’époque par le Tea Party. L’irruption du milliardaire Donald Trump dans la course à la Maison Blanche prolonge cette vague et constitue une révolution électorale que nul n’avait su prévoir. Même si, apparemment, la vieille bicéphalie entre démocrates et républicains demeure, en réalité la montée d’un candidat aussi atypique que Trump constitue un véritable tremblement de terre. Son style direct, populacier, et son message manichéen et réductionniste, qui sollicite les plus bas instincts de certaines catégories sociales, est fort éloigné du ton habituel des politiciens américains. Aux yeux des couches les plus déçues de la société, son discours autoritaro-identitaire possède un caractère d’authenticité quasi inaugural. Nombre d’électeurs sont, en effet, fort irrités par le« politiquement correct » ; ils estiment qu’on ne peut plus dire ce qu’on pense sous peine d’être accusé de « raciste ». Ils trouvent que Trump dit tout haut ce qu’ils pensent tout bas. Et perçoivent que la « parole libérée » de Trump sur les Hispaniques, les Afro-Américains, les immigrés et les musulmans comme un véritable soulagement.

    A cet égard, le candidat républicain a su interpréter, mieux que quiconque, ce qu’on pourrait appeler la « rébellion de la base ». Avant tout le monde, il a perçu la puissante fracture qui sépare désormais, d’un côté les élites politiques, économiques, intellectuelles et médiatiques ; et de l’autre côté, la base populaire de l’électorat conservateur américain. Son discours anti-Washington, anti-Wall Street, anti-immigrés et anti-médias séduit notamment les électeurs blancs peu éduqués mais aussi – et c’est très important –, tous les laissés-pour-compte de la globalisation économique.

    Le message de Trump diffère de celui des leaders néofascistes européens. Il n’est pas un ultra droitier conventionnel. Il se définit lui même comme un « conservateur avec du bon sens ». Sur l’échiquier politique traditionnel, il se situerait plutôt à la droite de la droite. Chef d’entreprise milliardaire et star populaire de la téléréalité, Trump n’est ni un militant antisystème ni, évidemment, un révolutionnaire. Il ne critique pas le modèle politique en soi, mais plutôt les responsables qui pilotent ce modèle. Son discours est émotionnel et spontané. Il fait appel aux instincts, « aux tripes », pas à la réflexion ni à la raison. Il s’adresse à cette partie de l’électorat américain gagné par le découragement et le mécontentement, et aux gens lassés de la vieille politique et du système des « privilégiés », des « castes ». À tous ceux qui protestent et qui crient :« Qu’ils s’en aillent tous ! » ou « Tous pourris ! », il promet d’injecter de l’honnêteté dans le système et de renouveler le personnel et les mœurs politiques.

    Les grands médias ont beaucoup diffusé certaines de ses déclarations et propositions. Surtout les plus ignobles et les plus odieuses. Rappelons à cet égard, par exemple, ses affirmations à propos des immigrés mexicains illégaux qui seraient, selon lui, « des corrompus, des délinquants et des violeurs ». Ou bien son projet d’expulser quelque 11 millions d’immigrés latinos illégaux qu’il propose d’embarquer de force dans des bus et de les renvoyer au Mexique. Ou sa proposition, inspirée de la série « Le trône de fer » (Game of Thrones), de construire une colossale muraille le long des 3.145 kilomètres de frontière avec le Mexique, qui chevaucherait vallées, montagnes et déserts, pour empêcher l’arrivée de migrants latinos et dont le financement (21 milliards de dollars) serait à la charge du gouvernement mexicain.

    Dans le même ordre d’idées, il a annoncé vouloir interdire l’entrée de tous les migrants musulmans, et s’est attaqué avec véhémence aux parents d’un militaire américain de confession musulmane, Humayun Khan, mort au combat en 2004 en Irak. Il a également a affirmé que le mariage traditionnel formé par un homme et une femme constitue « la base d’une société libre » et a critiqué la décision de la Cour suprême de reconnaitre le mariage entre personnes du même sexe comme un droit constitutionnel. Il soutient ce qu’on appelle les « lois de liberté religieuse » promues par les conservateurs dans plusieurs Etats pour refuser des prestations aux personnes LGBT. Il ne faut pas oublier non plus ses déclarations sur le « mensonge » du changement climatique qui serait, selon lui, un concept « inventé par et pour les Chinois pour provoquer la perte de compétitivité du secteur manufacturier américain. »

    Un tel catalogue de détestables inepties a été diffusé par les médias dominants non seulement aux Etats-Unis mais partout dans le monde. Au point qu’on se demande comment un personnage avec de si misérables idées peut rencontrer un tel succès chez les électeurs américains qui, évidemment, ne sont pas tous décérébrés ? Quelque chose ne cadre pas.

    Pour résoudre cette énigme, il a fallu fendre le mur de l’information et analyser de plus près le programme complet du candidat républicain. On découvre alors sept autres options fondamentales qu’il défend, et que les grands médias passent systématiquement sous silence.

    1) En premier lieu, les journalistes ne lui pardonnent pas ses attaques frontales contre le pouvoir médiatique. Ils lui reprochent d’encourager régulièrement son public à huer les médias « malhonnêtes  ». Trump affirme souvent : « Je ne suis pas en compétition avec Hillary Clinton, mais avec les médias corrompus. » Récemment, il a tweeté : « Si les grands médias, répugnants et corrompus, couvraient de manière honnête ma campagne, sans fausses interprétations, je dépasserais Hillary de 20 %. » Il n’a pas hésité à interdire d’accès à ses meetings plusieurs médias importants comme The Washington Post, Politico, Huffington Post et BuzzFeed. Il a même osé attaquer Fox News, la grande chaîne de la droite pamphlétaire, qui pourtant le soutient à fond …

    2) Une autre cause des attaques médiatiques contre Trump : sa dénonciation de la globalisation économique qu’il tient pour responsable de la destruction des classes moyennes. Selon lui, l’économie globalisée est une calamité dont le nombre de victimes ne cesse de croître. Il rappelle que plus de 60 000 usines ont dû fermer ces quinze dernières années aux Etats-Unis et qu’environ cinq millions d’emplois industriels ont été détruits.

    3) Trump est un fervent protectionniste. Il propose d’augmenter les taxes sur tous les produits importés. Et se dit prêt, s’il arrive au pouvoir, à établir des droits de douanes de 40% sur les produits chinois. « Nous allons récupérer le contrôle du pays et nous ferons en sorte que les Etats-Unis redeviennent un grand pays » affirme-il souvent, en reprenant son slogan de campagne. Partisan du Brexit, il a déclaré que, s’il était élu, il ferait sortir les Etats-Unis de l’Accord de libre échange nord-américain (ALENA). Il s’est également attaqué au Traité Trans-Pacifique (TPP) et a confirmé que, une fois élu, il retirerait les Etats-Unis de l’accord : « Le TPP constituerait un coup mortel pour l’industrie manufacturière des Etats Unis. » Evidemment, s’il est élu, il stopperait aussi les négociations en cours avec l’Union européenne. Il va même plus loin : « Nous allons renégocier ou sortir de l’OMC (Organisation mondiale du commerce). Ces accords commerciaux sont un désastre. » répète-t-il. Dans des régions comme le rust belt, la « ceinture de rouille » du nord-est où les délocalisations et la fermeture d’usines ont fait exploser le chômage et généralisé la pauvreté, ces propos sont reçus avec enthousiasme et font renaître tous les espoirs.

    4) Autre option dont les médias parlent peu : son refus des réductions budgétaires néolibérales en matière de sécurité sociale. De nombreux électeurs républicains victimes de la crise économique, et tous ceux qui ont plus de 65 ans, ont besoin de laSocial Security (retraite) et du Medicare (assurance maladie) mis en place par le président Barack Obama que les autres dirigeants républicains veulent supprimer. Trump a promis ne pas revenir sur ces avancées sociales. Il a aussi promis de diminuer les prix des médicaments, d’aider à régler les problèmes des « SDF », de réformer la fiscalité des petits contribuables, et de supprimer un impôt fédéral qui touche 73 millions de foyers modestes.

    5) Dénonçant l’arrogance de Wall Street, Trump propose également d’augmenter de manière significative les impôts des traders spécialisés dans les hedge funds (fonds spéculatifs) qui gagnent des fortunes. Il promet le rétablissement de la loi Glass-Steagall (votée en 1933 pendant la Dépression et abrogée en 1999 par William Clinton), qui séparait la banque traditionnelle de la banque d’affaires pour éviter que celle-ci puisse mettre en péril l’épargne populaire par des investissements à haut risque. Evidemment, l’ensemble du secteur financier est vent debout contre Trump et s’oppose au rétablissement de cette loi.

    6) En matière de politique internationale, Trump s’est fait fort de trouver des terrains d’entente à la fois avec la Russie et avec la Chine. Il veut notamment signer une alliance avec Vladimir Poutine et la Russie pour combattre efficacement l’organisation Etat islamique (Daesh) même si pour l’établir Washington doit accepter l’annexion de la Crimée par Moscou.

    7) Enfin, Trump estime qu’avec son énorme dette souveraine, l’Amérique n’a plus les moyens d’une politique étrangère interventionniste tous azimuts. Elle n’a plus vocation à garantir la paix à n’importe quel prix. Contrairement à plusieurs responsables de son parti, et tirant les leçons de la fin de la guerre froide, il veut changer l’OTAN : « Il n’y aura plus – affirme-t-il de garantie d’une protection automatique des Etats-Unis envers les pays membres de l’OTAN. »

    Ces sept propositions n’oblitèrent pas les déclarations odieuses et inacceptables du candidat républicain diffusées en fanfare par les grands médias dominants, mais elles expliquent sans doute un peu mieux les raisons de son succès auprès de larges secteurs de l’électorat américain. L’aideront-ils à l’emporter ? On ne peut l’affirmer mais il est certain que les trois duels télévisés à venir, face à Hillary Clinton, vont être redoutables pour la candidate démocrate. Car les stratèges militaires le savent bien : dans un affrontement entre le fort et le fou, celui-ci, par son imprévisibilité et son irrationalité, l’emporte bien souvent.

    En 1980, la victoire inattendue de Ronald Reagan à la présidence des Etats-Unis avait fait entrer le monde dans un cycle de quarante ans de néolibéralisme et de globalisation économique. Une éventuelle victoire de Donald Trump le 8 novembre prochain pourrait, cette fois, faire entrer le monde dans un cycle géopolitique nouveau dont la caractéristique idéologique principale, que l’on voit poindre un peu partout et notamment en France, serait : l’autoritarisme identitaire.

     

    Traduction : Rosa Gutierrez

    Illustration : Tony Webster

    Source: Mémoire des Luttes

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  • CETA, Fromage et climat

     

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            Source: Le canard enchaîné

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    Si le Ceta passe, l’accord de Paris sur le climat trépasse

    Par Un collectif d'ONG
     

    Ratifier le traité commercial entre l'Europe et le Canada reviendrait à clamer haut et fort que la COP21 n’a rien changé et que la transition énergétique n'est pas pour demain.

    Alors que les dirigeants de la planète se réunissent à l’ONU, à New York, pour accélérer le processus de ratification de l’Accord de Paris sur le climat adopté à la COP21, nous lançons l’alerte. Si les pays européens signent en octobre l’accord de commerce UE-Canada (appelé Ceta), ils porteront un grave coup à l’Accord de Paris. Importations de pétrole des sables bitumineux, agriculture industrielle et frilosité accrue des responsables politiques sur le climat : le Ceta et l’accord de la COP21 sont tout simplement incompatibles.

    Précurseur politique du Tafta (l’Accord UE-Etats-Unis), le Ceta est un accord de libéralisation des échanges et de l’investissement entre l’UE et le Canada. Bruxelles souhaite que ce traité, conclu fin 2014, soit validé par les Vingt-Huit le 18 octobre, puis officiellement signé lors de la venue du Premier Ministre Justin Trudeau le 27 octobre. Accepter le Ceta reviendrait à clamer haut et fort que la COP21 n’a rien changé et que la transition énergétique n’est pas pour demain.

    Encourager l’investissement dans les sables bitumineux

    Comment respecter l’objectif de l’Accord de Paris de limiter le réchauffement planétaire si l’on continue à extraire et importer massivement du pétrole issu des sables bitumineux du Canada ? Ce carburant est 49 % plus émetteur de CO2 que le pétrole conventionnel. Or, le Ceta ne fait aucune différence entre énergies sales et renouvelables. Un de ses objectifs est de libéraliser les échanges d’énergie entre le Canada et l’Europe. Il va encourager l’investissement privé dans l’extraction et le transport d’énergie, dont le pétrole tiré des sables bitumineux. Il ne prévoit aucune exception qui permettrait à un gouvernement de limiter l’exploitation ou l’importation d’énergies fossiles.

    D’après les scientifiques, rester sous la barre des 1,5°C ou 2°C de réchauffement par rapport à la période préindustrielle suppose de laisser 80 % des réserves connues d’énergies fossiles dans les sous-sols. Et d’éliminer d’abord les plus polluantes d’entre elles.

    Un risque grave de frilosité politique

    LA SUITE SUR LIBÉRATION, ICI

     

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  • VIDEO : La dette grecque, une tragédie européenne


     

    Cette vidéo se propose de résumer, de la manière la plus simple et légère possible, le processus d’endettement de la Grèce qui l’a menée jusqu’à sa crise de la dette publique à partir de 2010. Elle permet aussi de dénoncer, avec de nombreux arguments à l’appui, la désinformation massive qui a été faite à ce sujet.

    Les informations contenues dans cette vidéo sont issues du rapport de la Commission pour la vérité sur la dette grecque. Elle permet à un public plus large d’aborder les conclusions du rapport.

    D’autres articles et vidéos traitant du sujet :
    Si la Grèce respire, c’est toute l’Europe qui ira mieux
    Quelques vérités sur la dette grecque

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  • L’islamisme sunnite #4 : L’islam insécable n’existe pas

     

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    Depuis l’avènement de la République islamique d’Iran, les tensions n’ont jamais cessé de croître entre Téhéran et Riyad. Derrière cette rivalité se cacherait en vérité une guerre entre les chiites et les sunnites. Cette idée est corroborée par certains médias. Par exemple, selon une carte du journal Le Monde titrée Le Proche-Orient déchiré entre chiites et sunnites, les antagonismes entre les deux principales branches de l’islam seraient à l’origine des tensions actuelles1. Les crises syrienne et yéménite cristallisent encore davantage les rivalités et favorisent la propagation de cette grille de lecture. On se trouverait alors actuellement en pleine guerre au cœur même de l’islam. Toutefois, les affrontements au Moyen-Orient sont-ils réellement de nature confessionnelle ?

    Georges Corm nous donne un premier élément de réponse. D’après lui, définir les conflits du Moyen-Orient comme étant de source religieuse est une approche réductrice permettant de légitimer la thèse du « choc des civilisations »2. Les causes réelles des guerres seraient trop souvent éludées au profit d’approches simplificatrices et binaires3. Or, ce sont les hommes qui font les religions et non l’inverse. Comment est-il possible de comparer la pratique de la religion musulmane sous le Sultan ottoman Abdhülhamid II et celle pratiquée par les millions de musulmans en France ?

    Étudier l’islam comme une notion dénuée de toutes disparités c’est faire fi de l’espace et du temps. À l’aide de quelques exemples, il nous faut donc mettre un terme à cette lecture apocalyptique des événements qui se déroulent au Moyen-Orient. Nous verrons alors que le facteur religieux est instrumentalisé à des fins profanes par les pouvoirs en place. Démystifier les conflits pour mettre un terme à l’idée d’une guerre millénariste entre les chiites et les sunnites, voilà notre objectif.

     

    Le mythe du front chiite

    L’idée d’une lutte éternelle entre chiites et sunnites commence à se répandre après l’avènement de la République islamique d’Iran en 1979. Depuis, il est devenu récurrent d’accuser Téhéran de pratiquer une politique chiite au Moyen-Orient. L’Iran favoriserait le soulèvement des minorités chiites de cet Orient compliqué4. Des expressions comme « croissant chiite » (al-hilal al-shi’i) sont utilisées pour faciliter la compréhension des conflits de la région. Cette formule souligne les liens entre Téhéran, Damas, Bagdad et la banlieue sud de Beyrouth, le fief du Hezbollah. Ces quatre pôles incarneraient une menace pour la stabilité du monde.

    Cette idée émerge véritablement à la suite de l’intervention américaine en Irak en 2003. La chute de Saddam Hussein a en effet pour conséquence de propulser la majorité chiite à la tête du pays. Le roi Abdallah II de Jordanie est le premier à brandir l’arme d’un « croissant chiite ». Selon lui, le délitement de l’Irak a redynamisé le chiisme politique arabe5. L’arrivée d’une majorité chiite au pouvoir à Bagdad en 2006, le renforcement du Hezbollah, les révoltes à Manama, au Bahreïn, et la répression du régime de Bachar al-Assad – défini comme alaouite, une branche du chiisme – sont des exemples censés illustrer le bien-fondé de cette théorie6. Autrement dit, l’appartenance religieuse des individus primerait sur l’identité nationale et Téhéran bénéficierait du soutien de toutes les communautés chiites. En réalité, il s’agit dès le début d’un slogan politique visant à contrer l’influence grandissante de l’Iran plutôt que de véritables faits.

    L'islam dans le monde. Le Dessous des Cartes, publié en mai 2011, disponible sur http://ddc.arte.tv

     

    L’islam dans le monde. Le Dessous des Cartes, publié en mai 2011, disponible sur http://ddc.arte.tv

    Cette vision est réductrice. En effet, rien n’est dit sur le fait que le Hezbollah est d’abord une conséquence de l’intervention israélienne de 1982, répondant donc strictement à des impératifs internes. La chercheuse Aurélie Daher précise même qu’au départ, l’Iran ne souhaitait pas s’ingérer dans les affaires libanaises7. Rien n’est dit non plus sur les aspects socio-économiques des révoltes au Bahreïn en 2011. Concernant la Syrie, les croyances religieuses des alaouites étaient il y a encore quelques décennies très loin de l’islam8. En outre, les alaouites constituaient d’abord une branche à part entière de cette religion avant d’intégrer le chiisme. Ce n’est qu’en 1952 qu’ils ont réussi à se faire reconnaître comme branche du chiisme.

    Le rapprochement s’intensifie ensuite durant la présidence d’Hafez Al-Assad (1971-2000). Le développement des liens répond du reste plus à des objectifs géopolitiques qu’à des critères d’ordre doctrinaire confessionnel9. Enfin, les relations entre les « chiites duodécimains »10 et les alaouites sont loin d’être idylliques. La doctrine de ces derniers a toujours été considérée comme une hérésie. Bernard Hourcade, géographe et spécialiste de l’Iran, explique d’ailleurs que les fondements de la politique iranienne en Syrie ne répondent pas à des objectifs religieux11.

    Vu d’Iran, Téhéran craint d’être encerclé par des pouvoirs à la solde des monarchies du Golfe. En conclusion, la dimension religieuse donne certes une consistance à cet axe chiite, mais il convient d’en relativiser la portée politique12. Nous avons plus affaire à un slogan qu’à une réalité, car les alliances politiques dépassent largement les liens religieux. Il est par ailleurs admis qu’aussi bien les chiites que les sunnites ont combattu lors de la guerre Iran-Irak (1980-1988) selon des critères strictement nationaux13.

     

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