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  • Il y a cent ans… Printemps 1917: les États-Unis entrent en guerre, mais pourquoi ?

    Un chapitre du livre de Jacques R. Pauwels, ‘1914-1918 : La grande guerre des classes’, deuxième édition, Editions Delga, Paris, 2016

     

    En 1917, contre la volonté de l’écrasante majorité de la population américaine, les États-Unis font leur entrée en guerre et ce, aux côtés de l’Entente et contre l’Allemagne. Ils ne le font pas en raison des attaques des sous-marins allemands contre les navires tels le « Lusitania », et encore moins pour défendre la cause de la démocratie contre la dictature et l’injustice. Ils le font parce que l’élite américaine — à l’instar des élites européennes en 1914 — attend toute sorte d’avantages de cette guerre, par exemple, d’énormes bénéfices supplémentaires et plus de docilité du côté des travailleurs…

    1917 ne fut une bonne année pour aucune des nations belligérantes mais, pour les membres de l’Entente, elle fut à tout le moins catastrophique. Les principales raisons à cela furent les mutineries dans l’armée française, qui accrurent particulièrement la précarité de la situation militaire sur le front occidental, ainsi que la double révolution en Russie qui menaçait de mettre ce pays hors circuit en tant qu’allié. Ajoutez-y le fait qu’aussi bien les soldats que les civils en France et en Grande-Bretagne en avaient assez de cette misérable guerre et qu’ils aspiraient à la paix à tout prix et l’on comprendra que les autorités politiques et militaires de Londres et de Paris devaient se faire pas mal de soucis. Elles avaient voulu cette guerre et en avaient espéré beaucoup, elles voulaient absolument la gagner et, pour cela, elles avaient besoin du soutien de la population et, bien sûr aussi, de leurs alliés. Mais, en 1917, la victoire n’était pas encore en vue. On en était même très loin. Et que se passerait-il si on ne gagnait pas la guerre ? La réponse vint des événements en Russie et sous forme d’un avertissement macabre : la révolution !

    La seule lueur d’espoir, en 1917, du moins du point de vue de l’Entente, fut qu’en avril de cette année, les États-Unis déclarèrent la guerre à l’Allemagne, ce qu’on espérait depuis longtemps à Paris et à Londres. Cela pouvait évidemment prendre du temps avant que les troupes américaines ne débarquent en Europe afin de pouvoir renverser la vapeur au profit de l’Entente, mais au moins l’espoir d’une victoire finale pouvait enfin se raviver.

    Pour l’écrasante majorité de la population des États-Unis, toutefois, l’entrée en guerre de leur pays n’avait rien d’une lueur d’espoir. Les gens se rendaient parfaitement compte que cette guerre en Europe avait tout d’une catastrophe et que les civils et les soldats des pays belligérants ne désiraient plus rien qu’un retour à la paix. Les Européens voulaient sortir au plus vite de cette guerre, pourquoi les Américains voulaient-ils y entrer ? Et pourquoi devraient-ils aller se battre aux côtés des Britanniques et des Français contre les Allemands ? Et pourquoi pas aux côtés des Allemands contre les pays de l’Entente ? Le fait que bien des Américains se posaient de telles questions était dû aux facteurs suivants.

    Depuis longtemps, les États-Unis entretenaient d’assez bonnes relations avec les Allemands. Ce n’était pas l’Allemagne, mais la Grande-Bretagne, qui était l’ennemie traditionnelle et la grande rivale d’Uncle Sam. Les Britanniques étaient les anciens maîtres coloniaux contre lesquels, dans les années 1770, on avait mené une guerre d’indépendance et contre qui, plus tard, de 1812 à 1815, on avait encore été en guerre. (Cette guerre de 1812 s’était terminée par un traité de paix conclu à Gand.) Et, plus tard encore au xixe siècle, des tensions entre Américains et Britanniques se firent jour, entre autres, à propos de la frontière avec l’Amérique du Nord britannique, appelée Canada dès 1867, et à propos de l’influence et du commerce dans l’océan Pacifique, en Amérique du Sud et dans les Caraïbes, et aussi en raison des sympathies britanniques avec les États confédérés lors de la guerre de Sécession. Jusqu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale, il y eut à Washington des plans tout prêts pour une guerre contre la Grande-Bretagne.

    Les Américains ne voyaient pas non plus dans les Britanniques d’affables frères jumeaux « anglo-saxons », comme on voudrait parfois nous le faire croire. La majorité des Américains — au contraire de l’élite du Nord-Est du pays, constituée en grande partie de WASP — n’étaient absolument pas des « Anglo-Saxons », mais étaient originaires de toute sorte de pays en Europe, et surtout d’Irlande et d’Allemagne. En 1914, quand la guerre éclata en Europe, ces Américains d’origine irlandaise ou allemande avaient de bonnes raisons de croiser les doigts pour l’Allemagne et de souhaiter une défaite britannique. Mais, évidemment, beaucoup d’Américains étaient d’origine anglaise et sympathisaient par conséquent avec les Alliés.

    En ce qui concerne la France, après leur entrée en guerre, les Américains allaient y débarquer en agitant la bannière de « Lafayette, nous voici ! » C’était une allusion à l’aide française aux Américains à l’époque de leur guerre d’indépendance contre la Grande-Bretagne, aide qui avait été personnifiée par le marquis de Lafayette. Ce slogan faisait comprendre qu’à leur tour, les Américains venaient rendre aux Français un service qu’ils leur devaient.

    Mais pourquoi alors ne s’étaient-ils pas empressés de venir en aide à leurs chers amis français dès 1914 ? En réalité, une reconnaissance réelle ou supposée à l’égard des Français n’avait rien à voir avec l’entrée en guerre des Américains, d’autant que bon nombre d’entre eux étaient très religieux et n’avaient que peu de sympathie, voire pas du tout, pour cette république gauloise athée ou du moins anticléricale. Les protestants américains sympathisaient avec l’Allemagne, dirigée par les Hohenzollern, des luthériens, et les catholiques américains avaient un faible pour l’Autriche-Hongrie, dont la dynastie régnante, les Habsbourg, passaient depuis l’époque de la Réforme déjà (et de l’empereur Charles Quint) pour les grands champions du catholicisme 1.

    Quant à la Russie, cet empire était considéré par bien des Américains comme un bastion du monarchisme autocratique passé de mode et donc comme le contraire de la république démocratique qu’étaient les États-Unis, en théorie, du moins. Nombre d’Américains étaient par ailleurs des réfugiés de l’empire des tsars, par exemple des juifs et des Ukrainiens qui, à l’égard des Russes en général et du tsar et de son régime en particulier, éprouvaient à peu près les mêmes sentiments que les Irlandais à l’égard des Britanniques. À l’égard de l’Allemagne, d’autre part, aux États-Unis on n’affichait ni rivalité, ni aversion, ni hostilité 2. Et les nombreux Américains qui, comme Theodore Roosevelt, se considéraient comme faisant partie de la « race nordique », se sentaient proches de ces Allemands « aryens » présumés supérieurs.

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  • Reprise de la guerre froide du Golfe


     

    Le Qatar a annoncé dans la nuit du mardi 23 mai que son agence de presse QNA avait été piratée par une entité inconnue et qu’un faux communiqué attribué à l’émir avait été diffusé. Ce dernier affirmait que Tamim Ben Hamad Al-Thani s’était prononcé sur divers sujets sensibles mettant en cause ses voisins du Golfe. Ces déclarations, immédiatement relayées par des médias saoudiens et émiratis, ont provoqué un tollé dans la région, où une guerre médiatique bat son plein.

    Après une longue crise — plusieurs États du Golfe avaient même retiré leur ambassadeur à Doha —, les relations entre le Qatar et certains de ses voisins s’étaient améliorées à la fin de l’année 2014. Mais un obscur épisode de piratage de l’agence de presse officielle du Qatar (Qatar News Agency, QNA) vient menacer ce fragile rapprochement. Loin d’être anodine, cette affaire démontre combien les relations à l’intérieur du Conseil de coopération du Golfe (CCG) demeurent, malgré les formules de fraternité d’usage, fortement clivées.

    Dans la nuit de mardi 23 à mercredi 24 mai, QNA publiait sur son site Internet un communiqué faisant état du discours que l’émir aurait tenu lors d’une cérémonie de remise de diplômes organisée plus tôt dans la journée. Il aurait porté des jugement de valeur dépréciatifs sur divers acteurs, en particulier sur l’administration Trump, égratignée pour « ses problèmes d’ordre juridique ». De même, les relations avec les pays du Golfe : l’émir aurait affirmé que la base militaire américaine d’Al-Udeid que son pays abrite le protégeait « des ambitions négatives de certains voisins ». Enfin, le Hamas aurait été qualifié de « représentant légitime du peuple palestinien », tandis que les relations avec Israël étaient jugées « excellentes ».

    Comme pour renforcer la véracité de ces déclarations, le compte Twitter de QNA postait quelques minutes plus tard trois messages dont la tonalité était bien éloignée de la modération propre au langage diplomatique. Le premier rapportait une information du ministère des affaires étrangères selon laquelle l’émir allait convoquer une conférence de presse pour faire état d’un complot visant le peuple qatari. Le deuxième confirmait l’existence de ce complot et en imputait la responsabilité directe à l’Arabie saoudite, au Koweït, aux Émirats arabes unis, à Bahreïn et à l’Égypte. Le dernier message annonçait le rappel des diplomates qataris dans ces cinq pays et le renvoi dans les vingt-quatre heures des ambassadeurs de ces États en poste à Doha.

    Immédiatement après, plusieurs grands médias saoudiens et émiratis commençaient à reprendre en boucle ces informations. De façon quasi concomitante, les chaînes Al-Arabiya (Dubai) et Sky News Arabia (Abou Dhabi) se mobilisaient activement et coordonnaient leur grille de programme pour maximiser l’effet de polémique sur les réseaux sociaux. Sur Twitter, des milliers de messages inondaient les fils de discussion, comme pour marteler la duplicité du Qatar dont la vision politique et le positionnement idéologique portaient un grave préjudice aux intérêts des pays du Golfe et du monde arabe en général. Enfin, signe de la dégradation des relations bilatérales, les EAU décidaient mercredi 24 au matin d’interdire la diffusion de la chaîne Al-Jazira sur leur sol et bloquaient l’accès à son site et à son application mobile.

    Côté qatari, la réponse ne s’est pas fait attendre. Le bureau de communication du gouvernement s’est empressé de publier un message pour éteindre l’incendie : « l’agence de presse du Qatar a été piratée par une entité inconnue » et « un faux communiqué attribué à Son Altesse a été diffusé ». Le ministère des affaires étrangères a posté lui aussi un démenti qui se terminait par la promesse de « prendre toutes les mesures judiciaires nécessaires pour poursuivre et juger les hackers qui ont piraté le site de l’agence de presse ».

    Les techniciens ont mis près de neuf heures à reprendre le contrôle du site ; puis le ministre des affaires étrangères, Cheikh Mohammed Ben Abderahmane Al-Thani a qualifié l’attaque de « crime électronique » et promis de trainer les auteurs du forfait devant les juridictions adéquates. Dans une allusion à peine voilée aux médias de la région qui avaient donné de l’écho à ce qu’il dénonçait comme une mystification, le ministre (à l’unisson des responsables de la presse locale qatarie interviewés par Al-Jazira) ne s’est pas privé de relever leur manquement à l’éthique journalistique.

    UN TIMING SURPRENANT

    La diffusion de cette fake story censée compromettre Doha survient quelques jours après la visite de Donald Trump à Riyad, et c’est peut-être là qu’on peut trouver l’origine et l’explication de cet épisode. Le voyage du président américain avait en effet été précédé d’une nouvelle salve de messages outre-Atlantique présentant le Qatar comme un État qui finance le terrorisme. Ces accusations, régulières chez certains médias américains, sont pour une bonne part orchestrées par des réseaux travaillant pour le compte du gouvernement des EAU (et d’Israël) dont l’aversion pour Doha semble tourner à l’obsession. Dans l’optique de diaboliser son voisin, Abou Dhabi a dernièrement débloqué des millions de dollars pour rémunérer des agences de presse ou financer certains leaders d’opinion, jusqu’à apparaître comme le pays étranger le plus dépensier en matière de lobbying à Washington.

    Or, le timing et l’enchaînement des faits laissent peu de doute quant à l’origine et l’objectif de la manœuvre. Le jour même de l’attaque informatique, une réunion entre lobbyistes et intellectuels auteurs de plus d’une douzaine d’articles fustigeant le double jeu du Qatar se tenait aux États-Unis. Dans les minutes qui ont suivi la diffusion des faux, Al-Arabiya et Sky News bousculaient leurs programmes pour mettre l’affaire en une de leur édition. Dès minuit, les correspondants étaient prêts, les invités prenaient place sur les plateaux ou en duplex (certains auraient même été prévenus deux heures avant les faits) et aucun crédit n’était accordé aux démentis provenant des officiels qataris. Les commentaires étaient tous similaires : l’hypocrisie du Qatar s’étalait au grand jour, sa proximité avec Israël trahissait la nation arabe et son rapprochement avec l’Iran ne pouvait qu’indigner et mettre en garde ses voisins du Golfe, notamment l’Arabie saoudite. Ce dernier point était particulièrement souligné, du fait de l’hypersensibilité saoudienne sur le dossier. Et comme pour mieux signifier la défaillance de Doha, la chaîne saoudienne Al-Ikhbariya passait un extrait du discours de Tamim ben Hamad Al-Thani à l’Assemblée générale des Nations unies où il déclarait que « l’Iran est un pays important et nos relations bilatérales se développent et évoluent constamment ».

    Sans mentionner la date du propos (septembre 2015), cette séquence opportunément redécouverte était destinée à montrer qu’à rebours de l’obsession anti-iranienne en vogue à Riyad et du discours offensif de Donald Trump quelques jours plus tôt où il assurait que Téhéran « finançait et entraînait les terroristes », le Qatar ne pouvait être considéré comme un allié fiable dans la confrontation vitale que mène le « front sunnite ». Dans l’esprit de ses initiateurs, l’objectif de l’opération était double. Il fallait d’abord rompre le lien fort que le roi Salman avait noué avec Doha en démontrant que le Qatar était inconstant dans son opposition avec l’Iran. Et dans la foulée, faire avorter la stratégie de normalisation des relations entre Doha et Washington, surtout après la réhabilitation que l’administration Trump avait notifiée à l’émirat quelques jours auparavant en l’encourageant à poursuivre sa lutte contre le financement du terrorisme.

    RAPPROCHEMENT AVEC LA TURQUIE

    Cette affaire ne va certainement pas arranger les relations à l’intérieur du CCG, mais il n’est pas sûr que les Émirats aient amélioré leur réputation auprès de la cour saoudienne. Le caractère planifié de l’opération est évident pour nombre d’observateurs, et l’utilisation de tels procédés pour nuire à l’intégrité morale d’un chef d’État avec qui le roi Salman est en bons termes ne peut que susciter méfiance. Plus largement, c’est la ligne politique des Émirats qui semble entrer en collision avec la nouvelle stratégie de défense de Riyad, et cette affaire pourrait être interprétée comme la manifestation d’un jusqu’au-boutisme émirati. Car si Salman a tourné le dos à l’intransigeance anti-Frères musulmans de son prédécesseur en consolidant son partenariat avec les forces issues de la confrérie (du Hamas à Recep Tayyip Erdogan) dans une optique de profondeur stratégique face à l’Iran, ce n’est pas le cas des dirigeants d’Abou Dhabi, et notamment de Mohamed Ben Zayed Al-Nahyane, considéré comme l’homme fort du pays. Ces derniers demeurent en effet réfractaires à toute forme de normalisation avec la galaxie des Frères musulmans et ses parrains régionaux et, soutenus par l’appareil d’État égyptien, s’activent tant au plan financier que médiatique pour déboulonner tout acteur influent se réclamant de l’islam politique au Proche-Orient.

    L’obstination à maintenir une sorte de désinformation autour du Qatar rappelle la stratégie déployée l’été dernier lorsque les médias émiratis avaient fait circuler de fausses allégations sur le coup d’État avorté en Turquie. Proches des milieux gullenistes, certains cercles et médias d’Abou Dhabi avaient relayé la rumeur selon laquelle Erdogan avait demandé l’asile en Allemagne dans le but de démobiliser ses partisans et de fournir à l’armée toutes les chances de réussir son coup de force.

    ÉVITER UNE NOUVELLE TEMPÊTE ?

    Il faut en dernier ressort considérer l’évolution de la conjoncture dans les autres pays arabes pour saisir la motivation de Mohamed Ben Zayed Al-Nahyane dans sa détermination face au Qatar. Qu’il s’agisse du Yémen, de la Syrie, de la Libye ou de l’Égypte, les deux émirats se livrent une guerre par procuration depuis l’éclatement des « printemps arabes ». Si Abou Dhabi a rapidement émergé comme chef de file de la « contre-révolution » qui a vu d’un mauvais œil toute mobilisation populaire contestant l’ordre établi, le Qatar (surtout dans la période de l’émir Hamad Ben Khalifa Al-Thani) a basculé dans une diplomatie d’engagement dans l’optique d’accompagner un tournant historique favorable à ses intérêts. La guerre des ondes à laquelle on assiste n’est donc qu’une nouvelle illustration de ce profond clivage — d’autant qu’il y a quelques jours, les manœuvres d’Abou Dhabi pour renforcer sa zone d’influence au Sud-Yémen (dont les forces constituent le second contingent de la coalition arabe derrière l’armée saoudienne) étaient vertement critiquées par Al-Jazira et des responsables qataris qui les qualifiaient de tentative de coup d’État.

    Du côté de Doha enfin, cette affaire risque de donner des arguments à la frange qui souhaite désormais répondre de manière plus énergique au Qatar bashing. Depuis l’accession au pouvoir de Tamim Ben Hamad Al-Thani, la tendance était plutôt à ne plus faire de vagues et à prendre le contre-pied de l’hyperactivisme qui était la marque de l’émir père. Mais face à la radicalisation des acteurs régionaux qui souhaitent nuire aux intérêts du pays, les autorités ne vont peut-être pas cantonner leur réponse au seul renforcement de la sécurité informatique des sites sensibles. À moins que le ministre des affaires étrangères du Koweït — très vite reçu par l’émir — parvienne à éviter au CCG une nouvelle tempête. En effet, si la famille royale Al-Sabah garde un lien fort avec Riyad, elle a toujours refusé de souscrire à l’isolement du Qatar, même au plus fort de la « crise des ambassadeurs » en 2014. Il y a fort à parier qu’elle s’active pour éviter que les lourds défis de la scène régionale — du marasme irakien au chaos syrien en passant par la chute du prix du pétrole — ne soient parasités par des considérations secondaires.

     

    Source: Orient XXI

     

    Nabil Ennasri

    Doctorant à l’Institut d’études politiques (IEP) d’Aix-en-Provence, il mène une thèse sur la politique étrangère du Qatar où il a effectué plusieurs séjours dans le cadre de ses activités de recherche. Il est l’auteur de L’énigme du Qatar, éditions de l’IRIS, mars 2013 et de Qatar, éditions De Boeck, octobre 2013.
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  • Décryptage détaillé des 8 ordonnances que Macron ne voulait pas dévoiler

    On comprend mieux pourquoi le calendrier annoncé par Emmanuel Macron prévoyait d’attendre après les législatives pour dévoiler le contenu des ordonnances sur le droit du travail : il est explosif.

    Le projet fuité va bien au-delà des éléments annoncés publiquement jusqu’ici. Il s'attaque notamment au contrat de travail, aux salaires, et à la santé et la sécurité au travail.

    Mais le gouvernement ne dévoile pas l'ensemble du contenu qu'il souhaite modifier et c'est même un objectif assumé pour "ne pas courir le risque de contraintes insurmontables au stade de la rédaction des ordonnances".

    Les sujets listés sont beaucoup plus larges que prévu et lui donnent une marge de manœuvre inédite pour modifier la quasi-totalité des droits des salariés en catimini pendant l'été. Les mesures qui concerneraient directement les Ingés, cadres et tech sont nombreuses : salaires tirés vers le bas, télétravail, plafonnement des indemnités prudhommes… 

    L'Ugict, CGT Ingés Cadres Techs, publie ici un décryptage détaillée de ces 8 ordonnances qu'Emmanuel Macron aurait préféré ne pas dévoiler avant les législatives.

    La méthode : les ordonnances

    Le projet de loi rendu public est celui qui va autoriser le gouvernement à légiférer par ordonnances sur un certain nombre de sujets. Le gouvernement est tenu de préciser dans son projet de loi les sujets sur lesquels il veut réformer par ordonnances, et le calendrier. Une fois la loi d'habilitation votée, il dispose d'un délai pour préparer ses ordonnances et les soumettre au parlement pour ratification. Sans attendre la ratification du Parlement, elles s'appliquent immédiatement.

    Ici, le choix retenu laisse la marge de manœuvre la plus importante au gouvernement avec :

    • un nombre de thèmes très élevé
    • un contenu très large, le projet de loi précisant que contrairement à la loi El Khomri, ces dispositions supplétives peuvent être en deçà des droits actuels.
    • un calendrier potentiellement long, pouvant laisser jusqu'à 1 an au gouvernement pour légiférer sans débat avec le parlement.

    8 sujets listés, qui donneront chacun lieu à une ordonnance soumise à ratification par le parlement

    ⁃ Renvoyer à l'entreprise de nouveaux sujets, la loi ne définissant plus que des dispositions supplétives, s'appliquant en l'absence d'accord. La liste de ces sujets est très longue, et couvre y compris des thèmes pour lesquels la loi, grâce à la mobilisation de l'année dernière, prévoyait qu'il était impossible de déroger par accord d'entreprise: le contrat de travail, le temps de travail, les salaires, la santé et la sécurité, et l’emploi

    • Plafonner les indemnités prudhommes en cas de licenciement abusif, sans aucune précision sur le montant du plafond [ Voir le détail ↓ ]
    • Etendre le référendum pour permettre l'adoption d'un accord contre l'avis des syndicats majoritaires. Les référendums introduits par la loi El Khomri ne pouvaient jusque là qu'être utilisés par les syndicats, l'employeur pourra désormais en déclencher Voir le détail ↓ ]
    • Redéfinir le rôle de l'accord de branche et réduire leur nombre Voir le détail ↓ ]
    • La "simplification" des institutions représentatives du personnel et la fusion entre délégué du personnel, CHSCT et comité d'entreprise dans une instance unique. Le projet va plus loin que prévu et prévoit à titre expérimental de fusionner aussi le Délégué Syndical [ Voir le détail ↓ ]
    • Renforcer les moyens du dialogue social avec des moyens en formation et en temps supplémentaire, et l'introduction d'une forme de chèque syndical [ Voir le détail ↓ ]
    • Renforcer le pouvoir de Conseils d'Administrations et "inciter" à une meilleure représentation des salariés dans les CA [ Voir le détail ↓ ]
    • Réformer l'assurance chômage  [ Voir le détail ↓ ]

     

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  • #RDLS29 : NUCLÉAIRE SUISSE, OTAN, TRUMP, BAHREÏN, SOCIÉTÉ GÉNÉRALE, IRAK, AFGHANISTAN

    Dans ce 29e numéro de la Revue de la semaine, Jean-Luc Mélenchon se félicite du résultat du référendum sur la sortie du nucléaire en Suisse. Il analyse ensuite le sommet de l'OTAN auquel participait Donald Trump puis parle de la répression d'une manifestation pour plus de démocratie à Bahreïn. Enfin, Jean-Luc Mélenchon revient sur l'attaque contre lui de la Société générale.

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  • La double arnaque de l'élection présidentielle

     

    Publié par MS21 NAtional

     

    Un grand séducteur, fascinant ?Un grand séducteur, fascinant ?

    Un grand séducteur, fascinant ?

     

    L’épouvantail Front national (FN)
    Sur France culture le 29 Septembre 2007, Lionel Jospin déclarait : «  Pendant toutes les années du mitterrandisme, nous n’avons jamais été face à une menace fasciste, donc tout antifascisme était du théâtre. Nous avons été face à un parti, le Front national, qui était un parti d’extrême droite, un parti populiste à sa façon, mais nous n’avons jamais été dans une situation de menace fasciste et même pas face à un parti fasciste ».
    Les discours xénophobes, homophobes, racistes et antisémites scandaleux dont Jean-Marie  Le Pen est coutumier ont provoqué des hauts le cœur, lui ont valu de multiples condamnations. En février dernier, il a été inculpé pour provocation à la haine après  des propos tenus en Juin 2014 qui lui ont également valu la levée de son immunité parlementaire par le Parlement européen.  Toutes ces condamnations résultent de faits incontestables dont nul ne songerait ici à nier le caractère immonde.
    Certes, on ne peut se satisfaire des condamnations exprimées au sein même du FN pour donner à celui-ci un blanc-seing et le dédouaner sans réserve. Faut-il en conclure pour autant que le FN est un parti fasciste, ce que même Jospin récuse ? Le MS21 a déjà abordé ce sujet dans un texte publié sur son blog le 14 avril 2016 ; nous y disions que le Front national n'était pas  fasciste mais plutôt d'inspiration vichyste (1).  
    (Voir l'ensemble de nos articles sur le Front national dans notre ouvrage « Guerre contre les peuples ».) (2)
    Le FN appelle-t- il à l’établissement d’un parti unique étatique fondant une dictature nationaliste, imprimant son autorité à l’ensemble de la société, bref à ce qui illustre les caractéristiques majeures du fascisme ?
    Jeanne d’Arc, Pétain, le négationnisme, la lutte contre l’avortement sont-ils des thèmes porteurs aujourd’hui pour un parti qui aspire à s’inscrire dans le paysage politique français , tout comme la défense de l’ultra libéralisme ?  A toutes ces questions, le FN lui-même apporte la réponse : c’est non et l’orientation stratégique nouvelle de ce parti le prouve.
    Le FN est un parti d’extrême droite populiste qui surfe sur la situation sociale dégradée, sur la multiplication des scandales liés à la corruption, sur les incertitudes et les menaces que fait naître la politique ultra libérale mondialisée, sur la désindustrialisation de la France et son cortège de chômeurs, sur des règles économiques dictées par l’Union européenne  qui accroissent les inégalités, la concurrence et font du voisin l’ennemi.
    Bien sûr les électeurs du FN, ne sont pas les intellectuels, les banquiers, les détenteurs de patrimoine,  les PDG du CAC 40, ceux qui se targuent d'être « les élites ». Loin d’eux cette idée de voter FN ! Bien au contraire, tous ces gens  se sont érigés en modèle de vertu républicaine, rejetant  sur la partie la plus défavorisée de la population, la moins armée peut-être pour analyser la situation, l’opprobre, le poids de l’ignominie : le vote FN.

    Et là apparaît la seconde arnaque.

    Contre Le Pen un seul recours : l’union sacrée autour de Macron.

    Pour mesurer la réalité du risque de voir accéder le FN au pouvoir, il suffit de se souvenir du score de Jacques  Chirac opposé à Jean Marie Le Pen au deuxième tour des présidentielles de 2002 (82,21%)  ou/et de noter l’unanimité et la violence des réactions au ralliement de Nicolas  Dupont- Aignan à Marine le Pen. Bien d’autres éléments contribuent à démontrer  que la manipulation de l’opinion a été savamment orchestrée, ce que confirme un examen objectif des résultats du premier tour montrant la quasi impossibilité pour Marine Le Pen de gagner.
    Il fallait orienter le vote vers le seul candidat  adoubé par l’oligarchie : Emmanuel Macron.

    Ainsi a-t-on assisté pendant cette campagne à une stratégie diversifiée mais d’abord de séduction :

        ⁃    Offrir aux électeurs la vision angélique d’un avenir lisse. Emmanuel Macron a inventé une forme d’œcuménisme politique. Une société de laquelle disparaitraient les conflits. Plus de droite, ni de gauche, termes dont le sens même tend à s’effacer. Plus de ces vieux partis épuisés par les scandales et par l’exercice du pouvoir,  auxquels on attribue à juste titre l’état désastreux du pays.
        ⁃    Promouvoir la jeunesse et le renouvellement d’une classe politique, disqualifiée et déconsidérée en pratiquant une forme d’embauche directe, propre à séduire des milliers de gens.
        ⁃    Exploiter son image, celle de son couple à travers les média populaires et populistes.
        ⁃    Ecarter les adversaires  les plus menaçants et donc  « Conjurer Mélenchon par Le Pen »  selon la formule d’Olivier Tonneau (3)
        ⁃    Entretenir le flou quant au programme dont l’importance passe ainsi à l’arrière-plan.

    Entre le  Bien et le Mal, entre l’ombre et la lumière quand l’un et l’autre sont montrés avec autant d’insistance que le fut celle des média, bien coupable celui qui hésite ou qui s’abstient. Vade retro !

    Emmanuel Macron est élu,  en arrière toute !

    Les ralliements au nouveau Président des caciques politiques se sont multipliés et les vieux routiers de la politique se retrouvent aux premiers rangs du pouvoir, certains ayant juste  eu le temps de changer de ministère d’une présidence à l’autre.
    Les énarques dont on contestait la présence sont toujours là tout comme les camarades de promotions. Emmanuel Macron, énarque, Edouard Philippe, énarque, Alexis Kohler,  énarque… « On a changé de monde ? Non, on a changé de promotion…  Le renouvellement oui, mais entre nous…» ironise  Pascal Praud sur RTL.
    Transfuges du PS ou de LR nombreux sont ceux qui participent coude à coude à cette course à l’échalote.
    Si ce qui précède concerne les membres du gouvernement, il reste quelques belles prises à espérer lors des législatives, candidat(e)s contre lesquel(le)s « La République En Marche » ne présentera pas de candidats :  par exemple - ô surprise - Manuel Valls, Marisol Touraine, Stéphane Le Foll, Myriam El Khomri, Sylvia Pinel, Yves Jego, Thierry Solère, Christian Estrosi….sans parler des circonscriptions où les ministres en place auront également le champ libre…
    Vous avez dit renouvellement?
    Le « renouvellement » concernera donc exclusivement la  « piétaille », les nouveaux  députés LREM, d’autant plus dociles qu’ils seront  eux oui de véritables néophytes  et passablement éloignés des arcanes du pouvoir, là où se font les choix décisifs.

    Quant aux hommes de l’ombre, ceux qui ont amené Macron au pouvoir, qui l’ont façonné et aidé de leurs conseils avisés et de leurs finances, les représentants du Medef , de la haute finance, du CAC 40, voire les politiques les plus en vue, (on sait que Obama soutenait Macron et l’a fait savoir le 4 Mai sur son compte Twitter ),  comment croire qu’ils n’attendent rien en retour ?

     Les Français qui haïssaient la politique de François Hollande au point de contraindre celui-ci à renoncer à briguer un deuxième mandat vont
    « adorer » celle d’Emmanuel Macron,  à commencer par les retraités dont les revenus vont diminuer, les usagers des services publics dont le nombre des acteurs va être réduit drastiquement, la dépendance accrue à l’égard de l’Union européenne…
    Et si certains disent « avoir mis un bulletin Macron dans l’urne mais ne pas avoir voté Macron » il n’en reste pas moins qu’ils ont contribué à lui donner le pouvoir.

    Reste un espoir, permettre au Parlement d’infléchir une politique qui s’annonce désastreuse en ne donnant pas la majorité qu’il souhaite au Président de la République. Nous pensons urgent que les citoyens se réapproprient leur liberté de choix lors des législatives et qu’ils mettent en place un véritable contre pouvoir. Le MS21 appelle à voter pour les candidats de la France Insoumise afin qu’une véritable opposition puisse  faire entendre les exigences de justice sociale et de démocratie.

    (1) http://ms21.over-blog.com/2016/04/cinq-reflexions-sur-le-front-national-fin.html

    (2) « Guerre contre les peuples » édition MS21,  prix 5€

    (3) Olivier Tonneau professeur de littérature française à Cambridge.

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  • La revue de la semaine de Jean-Luc Mélenchon

    Dans ce 27e numéro de la Revue de la semaine, Jean-Luc Mélenchon explique pourquoi les législatives peuvent être l'occasion d'appliquer le programme «L'Avenir en commun» avant de donner les raisons de sa candidature à Marseille. Il apporte son soutien aux salarié.e.s de GM&S, en lutte à La Souterraine dans le département de la Creuse. Jean-Luc Mélenchon revient également sur l'absence de l'écologie dans le débat du second tour de l'élection présidentielle et invite chacun.e à être vigilant.e sur les questions liées au nucléaire ainsi qu'à la propriété des outils de production.

    ***SOMMAIRE***
    01:25 : Les législatives et les chances de la France insoumise
    04:17 : Pourquoi être candidat aux législatives ?
    05:58 : Pourquoi avoir choisi Marseille ?
    08:28 : Ce que les législatives peuvent apporter au pays.
    10:16 : Industrie et écologie
    13:20 : La lutte des salarié.e.s de GM&S à La Souterraine, dans la Creuse
    18:49 : Les stratégies américaines de prise de contrôle des entreprises françaises
    22:00 : Technip, nouvelle entreprise menacée
    23:26 : Appel à la vigilance sur les questions de propriété des moyens de production
    25:25 : L'écologie, grande absente du second tour de l'élection présidentielle
    26:16 : Les dangers du nucléaire : l'effondrement de la «poubelle nucléaire» américaine.



     


    ***LES LIENS***
    - Tout savoir sur notre campagne des législatives : https://lafranceinsoumise.fr/campagne...
    - À bout, les GM&S de La Souterraine (Creuse) piègent leur usine et détruisent des machines : http://www.lamontagne.fr/souterraine/...
    - TechnipFMC : la fusion tourne à l'avantage des Américains : https://www.lesechos.fr/idees-debats/...
    - Incident dans la «poubelle nucléaire» des États-Unis : http://abonnes.lemonde.fr/ameriques/a...

    ***RETROUVEZ JEAN-LUC MÉLENCHON SUR***
    - Le site de campagne : http://www.jlm2017.fr
    - Le blog : http://melenchon.fr
    - Facebook : https://www.facebook.com/jlmelenchon/
    - Twitter : https://twitter.com/JLMelenchon
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  • Vous allez adorer les algorithmes de la censure

     

    La lutte contre la désinformation est en marche. Le New York Times a récemment consacré un long article aux diverses entreprises lancées pour purger Internet des fake news. Aux manettes de ces outils du futur, les médias traditionnels, Facebook, Google et même l’Otan. Pensée unique et intelligence artificielle. Le cocktail risque de détonner, nous avertir Robert Parry. (IGA)


     

    Quelques jours seulement après avoir arboré des pins du Premier amendement lors du diner des correspondants de la Maison-Blanche — pour célébrer la liberté de la presse — les médias mainstream US sont de retour pour défendre une idée bien différente : comment utiliser des algorithmes pour purger Internet de ce qui est considéré comme des « fake news ». Comprenez, ce que les médias mainstream jugent comme étant de la « désinformation ».

     

    Le New York Times est l’un des plus ardents promoteurs de ce nouveau modèle orwellien de la censure. Dans ses éditions du mardi, il a consacré les deux tiers d’une page pour encenser les entrepreneurs high-tech peaufinant l’intelligence artificielle qui sera capable de traquer et éradiquer les supposées « fake news ».

     

    Pour justifier cette stratégie draconienne, le Times n’a cité qu’un seul exemple de « fake news » affirmant que le candidat présidentiel préféré de l’establishment français, Emmanuel Macron, avait reçu un financement d’Arabie saoudite. Cette fausse histoire avait été publiée par un site web qui imitait la charte graphique du journal Le Soir et qui a permis de remonter à un numéro de téléphone du Delaware.

     

    De tels articles fabriqués intentionnellement, de même que les théories complotistes sans fondements, constituent un fléau d’Internet et méritent une vigoureuse condamnation. Cependant, le Times ne s’inquiète pas du risque potentiel de voir un groupe restreint d’entités journalistiques mainstream baser leur jugement sur ce qui est vrai ou faux à partir d’algorithmes qui pourraient purger Internet de tout avis contraire. 

     

    Alors que le Times est membre du réseau First Draft financé par Google — tout comme d’autres médias traditionnels tels que le Washington Post et le site de propagande pro-Otan Bellingcat —, l’idée d’éliminer les informations qui s’opposent aux vérités définies par ce groupe peut sembler attrayante pour le Times et les autres initiés. Après tout, ne serait-ce pas cool d’avoir un outil high-tech qui réduit automatiquement ceux qui vous critiquent au silence ?

     

    Pas besoin de beaucoup d’imagination pour deviner comment la combinaison de la pensée unique et de l’intelligence artificielle pourrait créer un futur orwellien dans lequel une version de l’histoire serait racontée et l’autre version disparaitrait de l’horizon, tout simplement.

     

    Autant le Times, le Post, Bellingcat et les autres se considèrent comme la source de toutes les sagesses, autant la réalité prouve qu’ils ont tous commis d’importantes erreurs journalistiques, contribuant parfois à d’horribles crises internationales.

     

    Par exemple, en 2002, le Times signalait que l’achat de tubes en aluminium par l’Irak révélait un programme secret d’armes nucléaires (alors que les tubes étaient en fait destinés à l’artillerie) ; le Post a écrit comme un fait acquis que Saddam Hussein cachait des stocks d’armes de destruction massive (qui en réalité n’existait pas) ; Bellingcat a déformé la portée d’une roquette syrienne contenant du gaz sarin dans un quartier près de Damas en 2013 (ce qui a donné l’impression que le gouvernement syrien était coupable alors que la fusée avait été apparemment tirée depuis un territoire contrôlé par les rebelles).

     

    Ces faux rapports — et beaucoup d’autres provenant des médias traditionnels — ont été réfutés en temps réel par des experts qui ont publié des informations contradictoires sur Internet. Mais avec le réseau First Draft et ses algorithmes aux manettes, les épurateurs d’informations auraient pu éliminer les avis contraires comme des « fausses nouvelles » ou de la « désinformation ».

     

    Risques totalitaires

     

    Il devrait également y avoir la peur — même parmi ces gardiens autoproclamés de la « vérité » — que leurs algorithmes puissent un jour être utilisés par un régime totalitaire pour piétiner les dernières braises de la démocratie réelle. Mais même en cherchant bien, vous ne trouverez aucune réflexion de ce genre dans l’article du Times écrit par Mark Scott. Au lieu de cela, le Times glorifie les créateurs de ce Meilleur des mondes.

     

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