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  • Grève massive des métallos en Turquie interdite par le gouvernement pour raisons de "sécurité nationale"

                                     par le PRCF : www.initiative-communiste.fr

     

    les ouvriers de l’usine française Schneider en grève en Turquie

     

    > Une grève historique des ouvriers de la métallurgie en Turquie. La réaction du gouvernement est significative : une restriction du droit de grève au nom de la « sécurité nationale », de la lutte anti-terroriste. Un scénario qui peut nous interpeller.

     

    > Alors que certains essaient en France d’emmener une logique de restriction des grèves, des manifestations au nom de l’impératif de « sécurité nationale », il est bon de rappeler ce que cela signifie dans des pays qui appliquent cet « État d’exception » de façon permanente.

     

    > C’est le cas de la Turquie, que nous avons invité le 11 janvier pour défendre la liberté d’expression. Ce jeudi 29 janvier, elle a du affronter une grève massive des métallos turcs, protestant contre une convention collective cherchant à diviser les travailleurs, aggravant leur paupérisation.

     

    > 22 usines ont ainsi été paralysées, et 20 autres devaient rejoindre cette grève illimitée dans les prochains jours impliquant 15 000 métallos, d’Istanbul à Izmir, de Bursa à Hatay.

     

    > Des multi-nationales allemandes, belges, brésiliennes, italiennes, japonaises mais aussi les groupes français Schneider et Alstom étaient concernés.

     

    > Le motif était la signature d’une convention collective entre l’Association patronale de la métallurgie (MESS) et les deux syndicats réformistes Turk Metal et Celik-IS, dénoncée par le syndicat Birlesik Metal-IS, affilié à la confédération sur des positions de lutte de classes DISK.

     

    > Il faut savoir que sur les 1,5 millions de métallurgistes que compte le pays, 16 % sont syndiqués, dont 8/10 ème d’entre eux chez Metal Turk, premier syndicat du pays avec 177 000 membres. Le syndicat de lutte Birlesik Metal-IS rassemble 20 000 membres.

     

    > La proposition patronale accorderait des augmentations de salaire plus importantes aux couches supérieures des métallurgistes qu’aux nouveaux arrivants ou ouvriers non-qualifiés qui rassemblent 70 % de la main d’œuvre, et seraient maintenus dans la pauvreté. Une façon de diviser la classe ouvrière, de paupériser la majorité, tout en suscitant une « aristocratie ouvrière » docile.

     

    > Le salaire d’entrée dans la profession serait selon la nouvelle convention de 2,2 € de l’heure (soit pour la semaine légale de 45 h, 390 € par mois, à peu près l’équivalent du salaire minimum). Le syndicat revendique des hausses de salaire pour tous, une égalisation des conditions.

     

    > La lutte était rude, déjà entre syndicats de lutte et syndicats de collaboration, comme le rappelle Adnan Serdaroglu, leader du syndicat Birlesik Metal-IS : « il y a une forte conscience de classe dans le secteur, mais aussi des patrons et syndicats jaunes qui sont en force. La lutte va ainsi passer d’une lutte pour les droits à une lutte de classes », a-t-il confié.

     

    > L’association patronale a d’abord tenté de susciter des votes sur la grève, poussant les cadres des diverses usines à le solliciter et l’organiser. Dans cinq entreprises qui l’ont mis en place, le soutien à la grève a été majoritaire.

     

    > La deuxième phase a été l’appel lancé par les organisations patronales – comme la Chambre de commerce de Kocaeli (KSO) – auprès du gouvernement pour empêcher la grève, au nom de la « sécurité nationale ». Le patronat était optimiste quant à la « possibilité de mettre ainsi fin à la grève ».

     

    > Le dirigeant de la branche locale du syndicat Birlesik Metal-IS était pessimiste, rappelant les cas précédents dans l’industrie du verre et du caoutchouc, en soulignant le symbole politique : « retarder la grève des métallos, cela voudrait dire donner un blanc-seing au système d’oppression du capital ».

     

    > Le deuxième jour de grève n’a pas eu lieu en effet. Le gouvernement a décidé de suspendre le grève vendredi au nom de la sécurité nationale : « la grève de Birlesik Metal-IS dans les usines est considéré comme dangereuse pour la sécurité nationale, elle a été reportée de 60 jours », peut-on lire dans le Journal officiel, relatant la décision du Cabinet.

     

    > Cette possibilité de suspendre une grève – de fait un « droit de grève » limité – est un héritage de la législation adoptée au moment du coup d’État fasciste de 1980.

     

    > Le leader du syndicat Birlesik Metal-IS a affirmé sa détermination à poursuivre la lutte : « Ceux qui pensent qu’il y aura la paix dans les lieux de travail en retirant aux travailleurs leur droit de grève vont voir à quel point ils ont tort », a déclaré au journal Hurriyet Adnan Serdaroglu.

     

    > Dans des conditions, une histoire très différentes, un cas toutefois éclairant des effets des impératifs dit de « sécurité nationale » sur l’étouffement du mouvement social.

     

    > source  http://www.solidarite internationale-pcf.fr/

     

     

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  • Chronique d'un «Charlie», couille molle ordinaire

     

    TRIBUNE Après l'électrochoc des attentats, qu’est-ce que j’ai l’intention de faire maintenant ? Soyons honnêtes : rien.

    Ne vous y trompez pas. Moi aussi je suis révolté par ce qui s’est passé. Ces journalistes, flics et juifs massacrés par des barbares, notre liberté d’expression, nos valeurs fondamentales et jusque notre mode de vie menacés, j’en suis choqué et abasourdi, comme tout le monde. J’ai défilé à Paris, avec ma petite pancarte «Je suis Charlie». Inondé Facebook et Twitter d’articles et de témoignages poignants. Il y a des choses, des valeurs, pour lesquelles il faut se battre. La démocratie, tout ça. J’ai pensé à m’inscrire dans une assoc', à mettre mon grain de sel à la réduction des communautarismes, à essayer de comprendre comment des mecs élevés en France ont pu se convertir en fous de Dieu prêts à butter des gens parce qu’ils font des dessins dans des journaux.

    «VOUS ÊTES CHARLIE ? PROUVEZ-LE»

    Et puis dix jours ont passé. Un nouveau Charlie Hebdo a été publié. Mahomet en tête de bite à l’envers, tout est pardonné. Attendrissant, mais quand même, un peu con aussi. Bah, c’est ça la liberté d’expression. C’est important de pouvoir provoquer, il n’y a pas de liberté sans ça. Dans le même temps, deux mille Africains se font assassiner au Nigeria dans l’indifférence générale, des manifs anti-Je suis Charlie dans les pays musulmans, des attaques contre des mosquées en France, l’enterrement des journalistes de Charlie Hebdo. Luz qui fait l’oraison funèbre de son pote Charb en lançant:

    «Vous êtes Charlie? Prouvez-le».

     

    Merde. Il appuie où ça fait mal, le con. Parce que l’électrochoc est passé maintenant. Pendant quatre ou cinq jours, j’étais prêt à prendre les armes, et puis là, c’est vrai que la tension retombe. Ce matin, j’ai piteusement enlevé la petite image Je suis Charlie que j’avais mise sur mon profil Facebook en signe de protestation. Qu’est-ce que j’ai l’intention de faire maintenant? Soyons honnêtes: rien. Je ne vais rien faire. Pas plus qu’en 2002, après les manifs contre le FN entre les deux tours de l’élection présidentielle. Là aussi, il fallait lutter contre les communautarismes, prêcher la tolérance, se battre pour la démocratie. Et là non plus, je n’avais rien fait.

    Oh, je n’en tire aucune fierté, non. Je reconnais volontiers être un gros lâche. Une couille molle, vous pouvez le dire. J’ai par contre la prétention de croire être une couille molle ordinaire, assez semblable à la majorité des quatre millions de gens qui ont défilé la semaine dernière (sans parler de ceux qui sont restés chez eux). De ces quatre millions, combien sont aujourd’hui en mesure de prouver qu’ils sont encore Charlie? Combien prolongent leur indignation originelle par des actes visant à défendre nos valeurs de respect et de tolérance? Faut pas trop se voiler la face, ils ne sont pas nombreux.

    Pourtant, il faut qu’on arrive à se mobiliser, nous, toutes les couilles molles ordinaires, ceux qui ne sortent dans la rue au mieux qu’une fois tous les quatre ans. C’est même une condition nécessaire à la lutte contre les fanatismes. Parce que compter sur les autres - ce que les gens comme moi ont toujours fait - ça ne suffira certainement pas à éviter l’éclosion de nouveaux frères Kouachi.

    UN FATALISME SIMPLISTE

    Comment faire, donc?

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