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Extrême Droite - Page 3

  • Cinq réflexions sur le Front National (suite) 2/5

    2ème partie
    Défilé de l'Action Française  "Fête de Jeanne d'Arc", Jules Michelet, Ernest Renan, Maurice Barrès, Jacques Doriot, Mussolini
    Défilé de l'Action Française  "Fête de Jeanne d'Arc", Jules Michelet, Ernest Renan, Maurice Barrès, Jacques Doriot, Mussolini
    Défilé de l'Action Française  "Fête de Jeanne d'Arc", Jules Michelet, Ernest Renan, Maurice Barrès, Jacques Doriot, Mussolini
    Défilé de l'Action Française  "Fête de Jeanne d'Arc", Jules Michelet, Ernest Renan, Maurice Barrès, Jacques Doriot, Mussolini
    Défilé de l'Action Française  "Fête de Jeanne d'Arc", Jules Michelet, Ernest Renan, Maurice Barrès, Jacques Doriot, Mussolini
    Défilé de l'Action Française  "Fête de Jeanne d'Arc", Jules Michelet, Ernest Renan, Maurice Barrès, Jacques Doriot, Mussolini
     

    Défilé de l'Action Française "Fête de Jeanne d'Arc", Jules Michelet, Ernest Renan, Maurice Barrès, Jacques Doriot, Mussolini

     

     

    2 – Le concept de Nation, sa mutation et ses dérives radicales

     

    Le Front National ( FN)  a mis la Nation au centre de son action politique. On peut même dire qu’il essaie depuis sa création de s’approprier ce concept. Il le fait en particulier en entretenant des mythes fondateurs de la Nation par un exercice soutenu et médiatisé de la commémoration : millénaire capétien, 1500 ème anniversaire du baptême de Clovis, et de façon encore plus ritualisée, célébration  annuelle de Jeanne d’Arc. On notera cependant que le FN est loin d’avoir l’exclusivité de ces manifestations militantes ; il n’est en fait qu’un élément d’un courant bien plus vaste que l’on peut appeler national-radical où on a pu trouver entre autres : Occident, Jeune Europe, le GUD (Groupe Union Droit), le PFN ( Parti des forces nouvelles), le PNFE ( Parti nationaliste français et européen) , la FANE ( Fédération d’Action Nationale et européenne), les FNE (Faisceaux Nationalistes Européens), Œuvre française, ou le GRECE ( Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne) ou le Carrefour de l’Horloge (ex Club de l’Horloge) etc… Tous ces mouvements partagent une vision radicale de la Nation dont nous avons déjà évoqué une forme particulière au XIXème siècle avec la pensée politique de Charles Maurras mais dont il faut comprendre les ressorts et l’évolution.

     

             2.1 Le concept français de la Nation

    En 1870, rendue nécessaire par le cas de l’Alsace- Lorraine annexée à l’Allemagne après la guerre de 1870, une correspondance s’engage entre deux historiens, l’un allemand Mommsen et le second français Fustel de Coulanges, sur la question de la Nation. Pour l’historien allemand, ce sont la langue et la race qui définissent la Nation ; donc l’Alsace – Lorraine est allemande. Pour l’historien français, héritier de la Révolution et de Michelet, c’est la libre adhésion des populations qui fonde « une communauté d’intérêts, d’affections, de souvenirs et d’espérances » et l’Alsace-Lorraine veut rester française. En 1882, Ernest Renan précise la conception française de la Nation : « Une Nation est une âme, un principe spirituel, la possession en commun d’un riche legs de souvenirs et le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir un héritage qu’on a reçu indivis » et il ajoute : « L’existence d’une Nation est un plébiscite de tous les jours.»

    On le voit, en France, l’idée nationale au XIXème siècle n’a absolument pas de connotation droitière. C’est en effet  la Révolution Française qui avait réalisé la « Grande Nation », celle de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et des grands principes de 1789. Ce patriotisme était humaniste, populaire et jacobin et ses valeurs républicaines étaient opposées à  celles de la Restauration, de  la Monarchie de juillet et du second Empire accusés de trahison.  Or, après 1870, et la victoire de la Prusse, sous l’effet de l’aventure boulangiste puis de l’affaire Dreyfus, le nationalisme français va prendre de nouvelles caractéristiques : il devient militariste, clérical, antiparlementaire et anti-intellectuel. Cette mutation du nationalisme républicain – très liée au parcours idéologique de Maurice Barrès – s’appuie sur deux thèmes principaux. Le premier est l’enracinement. Pour Barrès, il s’agit surtout de l’enracinement dans la région pour contrer le courant centralisateur parisien : « Il y a des vérités lorraines, des vérités provençales, des vérités bretonnes dont l’accord ménagé par les siècles constitue ce qui est bienfaisant, respectable, vrai en France et qu’un patriote doit défendre. » Le second est l’héritage déjà évoqué chez Renan : «  Une Nation, c’est la possession en commun d’un antique cimetière et la volonté de faire valoir cet héritage indivis. » Enfin, sur le plan économique, cette mutation reprend à son compte un protectionnisme très radical qui justifie par exemple  l’application du double tarif douanier de Jules Méline en 1892 : protection des produits nationaux contre la concurrence étrangère, de la main d’œuvre française contre les immigrés étrangers, de la « sève française » contre les façons de penser venues d’au-delà des frontières et les mesures contre les juifs accusés d’être beaucoup trop nombreux dans certaines professions. Des circonstances historiques singulières ont donc provoqué, en une vingtaine d’années,  une forme de mutation insidieuse du concept de Nation pour l’éloigner de sa nature propulsive – un peuple prend son destin en main dans une perspective universaliste – et la réduire de ce fait à une dimension défensive et réactionnaire.

    2.2 Le fascisme italien

    On le sait, la dérive radicale de l’idée de Nation a pris en Italie une forme encore bien plus caricaturale. Au lendemain de la première Guerre mondiale, qui laisse l’Italie humiliée par les traités, le parti fasciste  prétend être la seule force capable d’incarner les intérêts suprêmes de la Nation italienne. N’ayant pas en face de lui, comme en France, un modèle républicain suffisamment structuré, il a pu rapidement instaurer un modèle totalitaire dans lequel l’individu était censé se fondre dans la communauté de la Nation. Le fascisme a donc été le projet insensé  de créer un « homme nouveau » dans un cadre politique où tous les secteurs de l’activité humaine étaient soumis au contrôle de l'Etat au sommet duquel se trouvait le « Duce », le chef suprême, dont le culte était entretenu par l’embrigadement de la population placée dès son plus jeune âge sous le contrôle du parti national fasciste. La mise en œuvre de ce programme, exaltée par la propagande officielle, ne laissa aucune place aux voix dissidentes qui furent éliminées; elle abolit toute forme de liberté syndicale, et s’appuya sur le corporatisme.

    2.3  Doriot et certains intellectuels des années trente

    Un autre cas de dérive de l’idée de Nation est celui du PPF (Parti Populaire Français). Fondé en 1936 par Jacques Doriot, un dirigeant communiste exclu du parti en 1934, il compte rapidement plus de 60 000 membres qui sont, pour moitié, des ouvriers. Ce parti - qui a reçu le soutien de journaux de droite et le soutien matériel d’une partie du patronat affolé par les acquis sociaux du Front Populaire - a sombré rapidement dans la séduction du fascisme italien et dans l’antisémitisme. Doriot prône le corporatisme dans le cadre des régions. Il veut voir renaître une paysannerie forte et présente la famille comme la cellule fondamentale de la Nation. Il faut noter que, si, dans le sillage de Doriot,  le fascisme n’a guère attiré les foules, il a cependant réussi à  séduire une partie non négligeable des intellectuels - fascinés par la mystique voire le romantisme fasciste - les préparant pour certains d’entre eux à la collaboration après la défaite de 1940. On citera par exemple les intellectuels proches de la pensée de Charles Maurras : Robert Brasillach, Drieu la Rochelle, les cénacles littéraires et politiques qui écrivent dans les organes de presse de la droite collaboratrice antisémite et fascisante : “Je suis partout" , Candide et Grégoire.


    2.4  Les invariants de la radicalisation

    On retiendra de ces exemples que le processus de radicalisation de la pensée nationale s’appuie historiquement sur quelques invariants. Il y a d’abord un contexte économique et social très perturbé qui peut être consécutif à une guerre ou à une menace de guerre, mais aussi à un bouleversement de la société lié à un changement de mode de production (révolution industrielle). Cette radicalisation se nourrit  des angoisses identitaires qui accompagnent les modifications du corps social surtout auprès de ceux qui ont le plus à pâtir de ces transformations. Ensuite la Nation ainsi menacée se trouve un ennemi, une cause interne à ses problèmes. Les classes moyennes, principalement commerçantes, ayant le sentiment d’être délaissées par un capitalisme proche du pouvoir, sont tentées par des solutions simplistes. Par exemple dans la France des années 1880, l’antisémitisme, relayé en autres par des pamphlets à succès comme « La France juive » d’Edouard Drumont ou  le journal « La Croix »,  propose une explication simple des difficultés économiques en dénonçant la cupidité et l’internationalisme banquier ou révolutionnaire des juifs.  Enfin, un événement singulier (comme l’Affaire Dreyfus) cristallise les tensions, réactive les mythes idéologiques nationaux en sommeil : l’héritage, l’enracinement, le roman national, les « petits » contre les « gros », la race… C’est cette conjugaison de simplisme idéologique, de frustrations populaires et de perturbations sociales qui caractérise et fait advenir la dangereuse dynamique populiste.

    Il faut noter aussi que, de façon générale,  cette radicalisation exerce une fascination sur une partie non négligeable du milieu intellectuel, littéraire et artistique et qu’il serait donc vain de  chercher uniquement dans l’élite intellectuelle l’antidote suffisant à ces dérives. Remarquons enfin que, même alimenté par une oligarchie financière,  cet engrenage ne peut prospérer que porté par des classes populaires et sur les carences du modèle républicain. Le nationalisme radical, idéologie du repli, a toujours détesté la République sociale et l’internationalisme - tels que conçus et promus par Jean Jaurès - dans lesquels il voyait un obstacle majeur à son essor. Ce phénomène explique d’ailleurs, sur la longue durée, et par rapport à d’autres pays européens, le peu d’impact du fascisme dans l’Histoire de France.

     A suivre ...

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  • Cinq réflexions sur le Front National 1/5

    Cinq réflexions sur le Front National

     

    Cinq réflexions sur le Front National

    Première Partie


    Les dernières élections régionales ont vu le Front National arriver en tête au premier tour dans six des treize nouvelles régions métropolitaines. De façon indéniable nous sommes maintenant en présence d’un parti très structuré, qui sait mobiliser ses troupes - plus de six millions de voix - et dont la montée en puissance lui permet  maintenant de faire jeu égal avec les partis dits «de gouvernement». Cette caractéristique certes prévisible, mais cependant nouvelle, appelle un regard lucide sur cette évolution. Il s’agit de dépasser la simple moralisation ou l’invocation dans la précipitation politicienne entre deux tours d’élections à un désistement républicain - qui n’a d’ailleurs plus le moindre impact auprès des classes populaires – pour saisir en profondeur la nature de cette organisation.

    Le MS21 proposera donc dans les semaines suivantes cinq réflexions critiques sur le FN. Il s’agira d’abord de repérer l’ambivalence structurelle de ce parti et de voir la nature de sa composante radicale qui se cache derrière son aspect lisse et respectable. Puis nous verrons comment, en France, le concept de Nation a évolué et, à la lumière de quelques exemples, vers quelles dérives il peut mener. Ensuite nous survolerons le programme du FN sur le plan économique et social et sur la question écologique. Enfin nous donnerons notre position sur ce que l’on peut raisonnablement attendre de ce parti.


    1-Le FN au-delà du discours

    En premier lieu, le MS21 appelle les citoyens à dépasser sur ce sujet une approche purement réactive, suscitée par l’apparence des discours, pour convoquer leur culture politique. Car celle-ci existe même si  elle est contestée par un ordre dominant qui cherche à la domestiquer et la neutraliser par des médias serviles, des pseudo-experts et des économistes « chiens de garde » de l’orthodoxie libérale. Cette culture politique, ce besoin de confronter les idées et de peser sur le cours des événements,  s’enracine dans l'histoire de notre peuple et - même si une minorité dominante souhaiterait  la voir rangée au rayon des accessoires périmés - elle reste présente et prête à se réveiller. En France, depuis la Révolution, c’est le peuple et uniquement lui qui, par son vote, fait la loi. C’est donc à lui de savoir aller au delà de la vitrine des apparences pour comprendre en profondeur la réelle nature des principes, des conceptions du monde qui animent les dirigeants des partis politiques et dictent leurs actions et leur stratégie. Cette approche critique doit s’appliquer tout particulièrement vis-à-vis du Front National.

           1.1 La composante sociale et respectable

    De façon très claire, la nature du FN est double. Elle fait coexister une composante activiste et ultra-radicale avec une autre préoccupation - déjà présente dès la fondation du parti en 1972 par Jean-Marie Le Pen - qui vise à donner à ce mouvement une légitimité dans sa reconnaissance de la démocratie parlementaire. Cette stratégie était  perceptible dès les premiers actes fondateurs du FN. Par exemple, le groupuscule activiste « Ordre Nouveau » - une des bases du FN, fondé en 1969 et fer de lance du néofascisme français - se contentait déjà, à l’occasion de son congrès de 1972 de réclamer un régime présidentiel, une réforme de l’école et de l’administration, le réaménagement territorial de la France, une industrialisation stimulée par l’Etat mais ne portant pas atteinte aux intérêts privés etc… rien qui ne pouvait inquiéter les partisans d’une démocratie conservatrice.  Par la suite, cette tendance à la respectabilité n’a jamais cessé de guider les dirigeants du FN. Ainsi, Jean-Marie Le Pen a toujours affiché son ralliement aux institutions gaulliennes, et au cadre du pluralisme et de la démocratie représentative. Il se déclare démocrate, met en avant sa participation à la vie publique de son pays et déclare situer son projet d’ « assainissement » et de « redressement » de la Nation dans le cadre de la constitution de 1958 révisée « dans le sens d’un régime présidentiel ».

    Sa fille, Marine Le Pen, élue à la présidence du FN en janvier 2011 a poursuivi et amplifié cette tendance, allant même pour cela jusqu’à rentrer en conflit avec son père. Influencée par Florian Philippot, elle n’hésite pas à rendre hommage à la Gauche « qui a mené d’immenses combats de libération », à citer K. Marx et J. Jaurès, à se réclamer du Conseil national de la Résistance et à apporter son soutien à Syriza lors des élections législatives grecques de 2015. En fait, il n’y a rien de surprenant dans cette stratégie qui part d’un constat simple et incontournable pour tout mouvement politique qui veut « ratisser large » et ambitionne de prendre le pouvoir : la très grande majorité des français est attachée au « modèle républicain » et au système institutionnel qui lui est associé.

            1.2   La composante radicale

    Tous ces points sont incontestables mais ne doivent pas faire oublier les autres éléments constitutifs du FN et qui l’inscrivent dans sa filiation historique. Car derrière ce courant légaliste qui se prête temporairement et tactiquement au jeu parlementaire, se cache une tentation toujours présente vers l’antiparlementarisme de choc et l’action directe. On la retrouve dans la permanence d’un discours résolument tourné contre « le système » et la violence d’une terminologie qui, en termes de critique du « régime des partis », de xénophobie, de dénonciation du « cosmopolitisme » et de minorités n’a pas grand-chose à envier aux ligues d’extrême droite des années trente. Il faut donc se représenter le Front National comme la partie émergée d’une famille politique singulière - la droite radicale – qui fait converger des parcours militants vers son émanation électorale à l’aspect inoffensif et consensuel.

    Les origines de cette radicalité sont à rechercher dans la pensée de Charles Maurras et du mouvement qu’il a créé au début du XXème siècle, l’Action française. Dans une première phase,  c’est avant tout la quête de valeurs stables, immuables, qui reproduisent la distinction grecque entre la civilisation et la barbarie : la Beauté, le Bien, la Raison. Mais cette attraction pour des valeurs positives glisse vers une dynamique de rejet idéologique. Maurras rejette les trois R : la « Réforme » mère de l’individualisme religieux, la « Révolution »  messagère de l’individualisme politique - avec la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen - et le « Romantisme »  qui prône l’individualisme dans l’art. On voit bien se dessiner ici les traits idéologiques qui vont faire le lien dans la deuxième partie du XXème siècle entre la pensée d’extrême droite et ses formes totalitaires. Car très vite, et notamment à la suite de l’affaire Dreyfus, cette position de rejet ne cible pas uniquement les idées, elle doit identifier les ennemis : ce seront les juifs, les protestants, les métèques et les francs-maçons, tous ceux que Maurras appelle « les quatre Etats confédérés » et qui constituent  selon lui l’ « Anti-France ». Tout ce corpus idéologique sera exposé dans le quotidien « l’Action Française »  - qui comptait 45 000 abonnés en 1925 - ouvertement antiparlementaire, antidémocratique, antirépublicain, et antisémite.

    Aujourd’hui, cette filiation est minutieusement cachée mais elle doit rester présente à l’esprit de tout citoyen informé.  Ainsi, on se rappellera que le premier secrétaire à l’organisation du FN (Victor Barthelemy) avait exercé la même fonction au Parti Populaire Français de Jacques Doriot et que c’est la vague poujadiste des années 1950 qui fit élire J.M. Le Pen à l’assemblée, que toute une génération militante au FN est venue de l’OAS, et enfin que de nombreux néofascistes sont venus dans les années 1970 renforcer les structures du FN. Cette permanence des thèmes nationaux radicaux  s’est encore manifestée dernièrement à l’occasion de la campagne de Marion Marechal-Le Pen qui n’a pas hésité à évoquer « l’identité chrétienne de la France », les risques de « la prise de pouvoir du terrorisme islamique » - car par un curieux revirement de l’Histoire c’est maintenant la religion musulmane et non la religion juive qui est devenue la cause de notre déclin ! - et son souhait de couper les subventions au planning familial « soupçonné de banaliser l’avortement »…

    A suivre...

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  • Le crime dont mon épouse et moi étions coupables était d’éduquer pour la liberté.

     

    Nous avons rêvé améliorer l’Education paraguayenne. Mais on nous a réveillé d’un coup et avec des coups. Et nos rêves sont devenus des cauchemars. Le crime dont mon épouse et moi étions coupables était d’éduquer pour la liberté. (Un documentaire réalisé par Erich Fischer/ IPAC )

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  • Confusionnisme et néofascisme

     

    S'il est une idéologie dominante aujourd'hui en France et dans de nombreuses régions du monde, c'est le « confusionnisme ». Les questions majeures qui déterminent l'essentiel des comportements sont noyées dans un fatras de références pseudo-morales, religieuses, instrumentalisées pour gommer les inégalités sociales, la précarité en voie de généralisation dans les pays développés, la fracture nord-sud et l'incapacité du système économique à avoir une quelconque efficacité contre la destruction de l'environnement.

     



    Ce n’est pas encore un monde nouveau qui se profile à l’horizon, c’est le vieux monde poursuivant sa logique qui se dégrade à grande vitesse et accentue toutes ses perversions. La richesse se concentre entre quelques mains de moins en moins nombreuses dans un monde où les difficultés sociales et la crise environnementale s’aggravent, sans que le système dominant n’ouvre aucune issue.

    En Amérique du Sud, après une dizaine d’années de victoires progressistes permettant d’affirmer pour la première fois l’indépendance vis-à-vis des États-Unis de plusieurs États et le recul de la pauvreté, la contre-révolution reprend le dessus, grâce à des alliances confuses extrême-droite – conservateurs et social-démocratie ! La Bolivie d’Evo Morales résiste, mais le Venezuela chaviste s’affaiblit tandis que l’Argentine change de camp : le retour des États-Unis et des grandes firmes privées s’annonce !

    En Afrique, le désordre et la misère atteignent des sommets particulièrement depuis la destruction de la Libye par la France et les États-Unis qui a déstabilisé une large partie des États africains voisins. Les inégalités, la mal-gouvernance et les interventions extérieures renforcent le chaos qui se répand sous couleur de conflits religieux. Le développement n’a pas de réalité pour le plus grand nombre.

    En Asie, la Chine qui a pour priorité l’édification d’une économie nationale puissante, n’a pas encore une stratégie lisible à l’échelle planétaire. Sa tradition exclut toute « précipitation » dans le domaine politique. Il est difficile de savoir ce qu’il en sera demain.

    Les États-Unis, divisés entre conservateurs de plus en plus ultras et démocrates très modérés et dont les positions varient d’un État à l’autre au sein de la Fédération, poursuivent cependant quelle que soit le présidence une politique à visée hégémonique, usant du recours à la force ou de l’ingérence « soft » pour pour maintenir des intérêts économiques et stratégiques, sous couvert d’un humanitarisme frelaté. Son « exceptionnalisme » affirmé exclut tout respect de la légalité internationale.

    Les États européens qui se sont ligotés dans le cadre de l’Union Européenne, qui n’a créé qu’une structure affairiste au service des lobbies les plus riches, est politiquement malade. Malgré des dispositions « constitutionnelles » pro-démocratiques, l’Union Européenne accepte sans réaction des gouvernements qui associent diverses droites et des mouvements fascisants (comme en Hongrie ou en Lettonie, par exemple). Elle se propose même d’accepter l’adhésion de la Turquie autoritaire, islamiste et opportuniste de l’A.K.P, tandis qu’elle n’a pas hésité à détruire la gauche grecque qui avait remporté les élections, avec un parfait mépris de la démocratie électorale. La social-démocratie qui, dans une période récente, était presque partout au pouvoir en Europe, n’a rien modifié à la situation sociale détériorée. Aujourd’hui, elle est souvent associée à la droite conservatrice, comme en Allemagne qui devient le modèle politique de la France et d’autres pays européens.

    La France, quant à elle, a perdu tous ses repères. Il n’y a pas « modernisation » de la vie politique malgré la prétention de certains « socialistes » qui en réalité ne le sont pas. Il y a au contraire pourrissement de toutes les valeurs, effacement de tous les principes, sous l’égide d’un « tripartisme » dont les composantes FN, PS, ex-UMP sont dotées d’un programme quasi identique, chacune ayant fait les poubelles des deux autres. Le PS et l’ex-UMP ont intégré par exemple la ligne anti-immigration et les revendications autoritaristes du FN, tandis que le FN a récupéré des éléments du programme économique et social de la gauche. Au P.S, comme à l’ex-UMP, on ne combat pas le F.N, on l’évite au maximum, dans l’espoir du ralliement de ses électeurs et d’alliances (y compris contre-nature) éventuelles ultérieures. Le fascisme imbécile de Daesh conforte l’influence des pires ennemis de l’Islam en France et en Europe, qui cultivent surtout (c’est plus facile) le racisme anti-arabe, substitut au vieil antisémitisme, sous couleur de laïcité ou de défense de la civilisation.

    Plus personne ne s’y retrouve clairement, y compris dans l’intelligentsia, malade d’un pseudo humanitarisme et d’un droitdel’hommisme obsessionnels et inefficaces pour les droits de l’homme eux-mêmes. Cette pseudo-idéologie se voulant consensuelle contribue à tuer le politique de plus en plus discrédité, conduisant les citoyens au repli sur la vie privée et à l’indifférence vis-à-vis des luttes sociales. Le travail de mémoire de cette intelligentsia est discriminatoire. Complexée vis-à-vis de la Shoah, l’intelligentsia est devenue muette sur les massacres anticommunistes en Indonésie, au Vietnam, au Chili, etc. et oublie les massacres de la décolonisation. Cette intelligentsia-mode est aussi coupable d’un travail d’opacification des réalités socio-économiques et de la lutte des classes (concept devenu obscène), qui pourtant sous des formes complexes, avec des drapeaux renouvelés, se poursuit, malgré le sociétal médiatisé à outrance.

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  • Les risques de l’arrivée au pouvoir du FN

     

    Le FN a fait un score historique aux élections régionales du 6 décembre 2015. Il est en tête dans 6 régions sur 13. Ce score, même si il ne reflète pas forcément le visage politique de la France (environ 49% d’abstention) est à prendre au sérieux. Les attaques contre les droits de la femme, contre les syndicats et les mouvements ouvriers, l’islamophobie, le racisme, la toute-puissance policière, l’omniprésence de l’Etat dans tous les domaines. On ne compte plus les régressions que le FN ferait subir à la France si ce parti fasciste arrivait au pouvoir.

     

    Pour séduire les électeurs, le FN joue la carte de l’islamophobie et du racisme à l’heure où la cohésion sociale est déjà fragile. Pourtant ce que vise ce parti c’est la division des travailleurs sur des bases racistes, culturelles ou religieuse. Le seul but est d’empêcher une union et une résistance par le bas. Focaliser le débat sur des faux problèmes tels que les différences culturelles en France permet de ne pas proposer de programme crédible sur les problèmes sociaux.

    Diviser pour mieux régner

    Depuis quelques années le FN, l’UMP et la grande majorité des médias ont concentré le débat public sur des problématiques identitaires. L’islam serait la base de tous les problèmes en France. Cet acharnement médiatique et politique conduit à détourner l’attention de vrais problèmes tels que le démantèlement de notre système social, le grignotage de notre droit du travail, l’accès aux soins de santé, à l’éducation, la difficulté grandissante d’obtenir un salaire permettant de vivre dignement, le droit à un logement décent, etc.

    Le FN se dit proche du peuple, avec « les petits », et les oubliés, mais ne propose aucune solution face aux problèmes sociaux. Ils font croire aux électeurs qu’en pratiquant la discrimination négative et la préférence nationale cela règlerait tous les problèmes sociaux. La haine de l’étranger les aveugle tellement qu’ils en oublient de faire des propositions viables contre la précarité grandissante.

    Proche du peuple et des travailleurs ?

    Etrangement le FN ne s’en prend jamais aux patrons. L’épisode récent de la chemise déchirée du DRH d’Air France par des salariés n’a suscité aucun soutien de la part Marine Le Pen et les salariés ont même été qualifiés de « voyous » par le vice-président du FN, Florian Philippot. En 2010 le parti a dénoncé la grève des cheminots, en 2011 il a reproché aux ouvriers des compagnies pétrolières de bloquer les raffineries.

    Le Cercle des entrepreneurs du FN joue un rôle important dans le financement du parti, il est donc logique que le parti se sente plus proche des luttes patronales. Malgré sa tentative de s’inscrire comme le seul parti proche des travailleurs et des travailleuses il est flagrant que le FN est un parti favorisant le patronat

    Le projet du FN n’est donc pas d’en finir avec la domination du patronat mais bien de diviser les pauvres entre eux pour que leurs revendications soient plus faibles. Diviser pour mieux régner est également la devise de l’extrême droite.

    La femme ? Au foyer !

    Le FN compte bien faire régresser les droits des femmes en défendant une certaine politique familiale ou la femme serait cantonnée à son rôle de mère. Le parti ne milite plus contre l’avortement mais souhaite que l’IVG ne soit plus remboursé. Pour la députée Marion Maréchal Le Pen « Les impôts des Français ne doivent pas payer l’irresponsabilité de certaines femmes », elle entend également couper les subventions du planning familial car celui-ci ferait la promotion « du mariage homosexuel, de la PMA pour les femmes homosexuelles, de la théorie du genre qu’elle enseigne dans les écoles et d’une libéralisation de plus en plus poussée de l’avortement ». Bien entendu la loi du mariage pour tous passerait à la trappe.

    Le racisme comme mot d’ordre

    L’arrivée du FN au pouvoir régional en France aggraverait l’écart entre les citoyens de confession musulmane et les autres. Cet écart a déjà bien été amorcé par le gouvernement de droite de Sarkozy avec la loi sur le voile et le débat sur l’identité nationale. Le racisme et l’islamophobie sont les domaines de prédilection du FN depuis toujours. La cohésion nationale s’étiole de plus en plus depuis quelques années et le FN compte dessus pour gagner des voix. Plus encore, il joue sur les peurs des français liées aux récents attentats en stigmatisant les musulmans ou apparentés musulmans. Une fois le FN au pouvoir ces discriminations seront désinhibées, voir encouragées.

    Il existe de nombreux groupuscules fascistes en France et l’élection du FN permettrait que ces groupes, aujourd’hui dédaignés et négligés, revendiquent plus fortement leurs positions politiques et décomplexent leurs actes. Il y a, depuis les attentats de novembre dernier, de nombreux actes islamophobes : attaques de mosquées et lieux de cultes tagués ou incendiés, des personnes ont été blessées ou visées par balles un homme est mort suite à 17 coups de couteau, les femmes sont les premières victimes et témoignent de violences physiques, verbales quasi quotidiennes.

    Les incidents antisémites, islamophobes et homophobes risquent de se multiplier et le FN au pouvoir n’aurait ni les moyens ni la volonté de les contenir. Les actes anti-musulmans avaient augmenté de 10% de 2013 à 2014, et un mois après Charlie Hebdo ils avaient augmentés de 70% ! Le principe de préférence nationale défendue par le FN est déjà appliqué pour l’attribution des logements sociaux dans certaines mairies frontistes. Leur arrivée au pouvoir autoriserait et généraliserait les discriminations envers les français issus de l’immigration et a fortiori envers les étrangers. Discrimination également dans l’accès aux soins et à la fonction publique. Plus d’attentats…

    La diabolisation des musulmans, l’islamophobie le rejet, l’exclusion et les humiliations que subissent les musulmans ont créé un terreau favorable à l’extrémisme et au fanatisme religieux. L’aggravation de cette tendance en créera d’autant plus et le risque d’attentat augmentera de manière exponentielle.

    Source : Investig’Action

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  • Pierre Perret : La bête est revenue

     

     


    Pierre Perret - la bête est revenue

     

    {La bête est revenue}

    Sait-on pourquoi, un matin,
    Cette bête s'est réveillée
    Au milieu de pantins
    Qu'elle a tous émerveillés
    En proclamant partout, haut et fort:
    "Nous mettrons l'étranger dehors"
    Puis cette ogresse aguicheuse
    Fit des clones imitatifs.
    Leurs tirades insidieuses
    Convainquirent les naïfs
    Qu'en suivant leurs dictats xénophobes,
    On chasserait tous les microbes.

    Attention mon ami, je l'ai vue.
    Méfie-toi: la bête est revenue!
    C'est une hydre au discours enjôleur
    Qui forge une nouvelle race d'oppresseurs.
    Y a nos libertés sous sa botte.
    Ami, ne lui ouvre pas ta porte.

    D'où cette bête a surgi,
    Le ventre est encore fécond.
    Bertold Brecht nous l'a dit.
    Il connaissait la chanson.
    Celle-là même qu'Hitler a tant aimée,
    C'est la valse des croix gammées
    Car, pour gagner quelques voix
    Des nostalgiques de Pétain,
    C'est les juifs, encore une fois,
    Que ces dangereux aryens
    Brandiront comme un épouvantail
    Dans tous leurs sinistres éventails.

    Attention mon ami, je l'ai vue.
    Méfie-toi: la bête est revenue!
    C'est une hydre au discours enjôleur
    Qui forge une nouvelle race d'oppresseurs.
    Y a nos libertés sous sa botte.
    Ami, ne lui ouvre pas ta porte.

    N'écoutez plus, braves gens,
    Ce fléau du genre humain,
    L'aboiement écœurant
    De cette bête à chagrin
    Instillant par ces chants de sirène
    La xénophobie et la haine.
    Laissons le soin aux lessives
    De laver plus blanc que blanc.
    Les couleurs enjolivent
    L'univers si différent.
    Refusons d'entrer dans cette ronde
    Qui promet le meilleur des mondes.

    Attention mon ami, je l'ai vue.
    Méfie-toi: la bête est revenue!
    C'est une hydre au discours enjôleur
    Dont les cent mille bouches crachent le malheur.
    Y a nos libertés sous sa botte.
    Ami, ne lui ouvre pas ta porte.
    Car, vois-tu, petit, je l'ai vue,
    La bête. La bête est revenue.

     

     

     

     

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  • Le FN tombe le masque et rallie l’U.E

     

    6 novembre 2017 – Déclaration du PRCF

    Mme Le Pen a fait un nouveau pas vers la consolidation de la future UM’ Pen sous sa houlette : elle vient en effet d’annoncer à quelques encablures des régionales (où elle aura besoin des voix UMP pour conquérir certaines euro-régions) que désormais le FN bénirait sans restriction le maintien de la France dans l’UE « à condition que celle-ci rende sa souveraineté à la France », ce qui ne signifie strictement rien. Ou bien l’UE nie la souveraineté de la France et il faut sortir sans retard de ce carcan, ou bien la souveraineté de la France n’est pas violée par l’UE et les critiques lepénistes sont pure démagogie !  
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    Pendant des années, le PRCF a été la seule organisation à dénoncer nommément le broyeur politique dans lequel est actuellement malaxé le peuple français : d’un côté le Parti Maastrichtien Unique (le seul PMU où le peuple soit sûr de perdre !) formé du PS et de l’ex-UMP, tous deux asservis à l’UE de Merkel et au MEDEF, de l’autre l’ « U.M.’ Pen », c’est-à-dire le regroupement ultraréactionnaire et pseudo-« sociétal » en marche autour de la « droite forte » et du « rassemblement bleu marine ». 

    Avec la complicité des dirigeants de la pseudo-gauche radicale, PCF-PGE en tête, qui promeuvent le mensonge mortel de l’ « Europe sociale » et de la « réorientation progressiste de l’euro », la tenaille PMU/UM’Pen tente de paralyser le peuple français exaspéré par l’euro-décomposition du pays sur tous les terrains : casse de la République laïque, souveraine, une et indivisible issue de la Révolution française, destruction du produire en France industriel et agricole, substitution galopante du tout-anglais transatlantique à la langue de la nation, acharnement contre les services publics, la protection sociale, les retraites, le Code du travail, les statuts publics, le contrat de travail, etc. 

    Lire l'intégralité du texte sur http://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/fn-tombe-masque-rallie-lu-e/

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