Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

France - Page 8

  • La construction étatique d’une hiérarchisation « des racismes »

    Par Saïd Bouamama

    Article en PDF : Enregistrer au format PDF

    L’annonce par le gouvernement d’un nouveau plan de « lutte contre le racisme » accompagné d’un budget de 100 millions d’euros sur trois ans a fait sourire bien des militantes et militants des luttes de l’immigration et des quartiers populaires. Le même premier ministre et le même gouvernement qui autorise la Rromophobie par sa thèse culturaliste sur « l’inintégrabilité des Rroms », prétend être antiraciste. Le même gouvernement qui dans son instrumentalisation du « Je suis Charlie » a autorisé allègrement l’islamophobie, voudrait nous faire croire qu’il est déterminé à lutter contre le racisme. Pourtant l’heure n’est pas au sourire.



    Derrière ce nouveau plan se cache, selon nous, une offensive idéologique dangereuse visant à imposer par en haut une hiérarchisation « des racismes », à réduire le racisme à une dimension individuelle et apolitique, à imposer une criminalisation de l’antisionisme en l’amalgamant à l’antisémitisme.

    Provocation

    La nomination d’un nouveau « délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme » en charge de la mise en œuvre du nouveau plan, se réalise d’emblée sur le ton de la provocation. La première déclaration du nouveau DILCRA, Gilles Clavreul pose d’emblée une négation de l’islamophobie qui est amalgamée au « racisme anti-arabe » d’une part et une mise en exceptionnalité de « l’antisémitisme » d’autre part : « Tous les racismes sont condamnables, mais le racisme anti-Arabe et anti-Noir n’a pas les mêmes ressorts que l’antisémitisme dans sa violence. Il faut être capable de dire la particularité de l’antisémitisme. » (1)

    La négation et/ou la sous-estimation et/ou l’euphémisation de l’islamophobie et la construction d’une « exceptionnalité » de l’antisémitisme constituent les deux segments articulés d’une offensive poursuivie de longue date mais qui est dotée aujourd’hui de nouveaux moyens. On retrouve cette logique dans l’expression consacrée de « lutte contre le racisme et l’antisémitisme » qui s’est banalisée à force d’être assénée par les appareils idéologiques d’Etat. Comme le souligne justement la brigade antinégrophobie : « l’appellation même de lutte contre le racisme et l’antisémitisme crée une hiérarchie symbolique. D’un côté l’antisémitisme, de l’autre un ensemble où tout est mélangé... C’est une profonde négation de la spécificité des racismes. Soit on gomme les différences pour tous, soit on les reconnaît pour tout un chacun. » (2)

    La même logique est présente dans les propos de Valls lors de son discours du 13 janvier à l’Assemblée nationale : « les Français juifs ne devaient plus avoir peur d’être juifs » et « les Français musulmans ne devaient plus avoir honte d’être musulmans ». Aux uns la « peur » et aux autres « la honte ». Que ce soit de manière consciente ou non (le résultat est exactement le même), ces propos nient ou relativisent la « peur » des musulmans devant la montée sans précédents des actes et agressions islamophobes. Ils posent également une réalité inexistante, la soi-disant « honte d’être musulman ». Que le premier ministre se rassure, nous n’avons rencontré aucun musulman ayant honte de l’être. Il n’y a que ceux qui pratiquent des islamalgames qui peuvent penser à l’existence d’un sentiment de « honte ».

    Si la thèse n’est pas nouvelle, l’arrogance dans son affirmation par l’Etat l’est. Elle révèle une volonté d’imposer par tous les moyens, de l’idéologique au répressif, une hiérarchisation « des racismes ».

    Négation

    Les propos du nouveau délégué interministériel portent également une négation de certains termes : islamophobie et négrophobie. Le choix des termes « racisme anti-Arabe » et « anti-Noir » n’est bien entendu pas neutre. Il constitue en premier lieu le refus d’utiliser les termes que les premiers concernés ont choisis pour désigner la réalité des discours et actes qu’ils subissent. Il suffit de lister le nom de quelques organisations militantes agissant sur cette question pour s’en convaincre : « Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie (CRI), Brigade Anti-Négrophobie (BAN), Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF), etc. Nous aurions tort de ne considérer cette question que comme une question sémantique. En délégitimant le mot usité par ces militants c’est cette forme spécifique du racisme que l’on refuse de prendre en compte. Comme le souligne l’historien Nicolas Lebourg « la récusation de l’usage du terme […] revient à nier l’existence de cette nouvelle incrimination d’une "race de l’esprit", à ne pas admettre la nouvelle mutation de "l’altérophobie ". (3)

    Les tentatives d’invalider le mot pour nier la réalité qu’il représente ne sont pas nouvelles. Alors que le terme remonte au début du vingtième siècle , une Caroline Fourest affirme faussement qu’il est issu des « mollahs iraniens qui souhaitaient faire passer les femmes qui refusaient de porter le voile pour de “mauvaises musulmanes” en les accusant d’être “islamophobes ” ». (4) Peu importe l’erreur et/ou le mensonge cette explication est diffusée largement dans les médias dominants et dans le discours politique. Cette diffusion contribue à la construction de la réalité sociale et politique dans le sens d’une opposition à la reconnaissance et donc à la prise en compte de l’islamophobie : « Cette erreur factuelle a pourtant été reprise abondamment, comme s’il s’agissait d’une vérité historique. Ainsi, un grand nombre d’acteurs présents dans les médias réfutent l’utilisation du terme, l’accusant d’être en réalité une injonction à interdire le blasphème . » (5)

    Dans la même veine l’irremplaçable Pascal Brückner, qui considère également que le terme est forgé en Iran « à la fin de la décennie 70 », accuse le mot de « légitimer la réalité d’une offensive intégriste en Europe, d’attaquer la laïcité en l’assimilant à un nouveau fondamentalisme, et de faire taire les musulmans qui osent remettre le Coran en cause, qui en appellent à l’égalité entre les sexes, au droit à l’apostasie et aspirent à pratiquer paisiblement leur foi sans subir le diktat de doctrinaires ou de barbus ». (6) Une nouvelle fois les médias se font largement l’écho de cette affirmation sans fondement avec en conséquence le réflexe pavlovien consistant à déclencher la question « et le droit au blasphème ? » (Ou "et la laïcité ?" ou encore « et le droit des femmes ? »), dès qu’une personne ose prononcer le terme d’islamophobie. C’est cela la construction idéologique de la réalité et celle-ci est partie intégrante des luttes sociales.

    La question n’est donc plus sémantique ou scientifique compte tenu de cette offensive visant à nier le réel en niant un terme qui le désigne. Elle est devenue politique par un double processus : de diabolisation du mot par les discours politiques et médiatiques dominant, de réappropriation du terme par les premiers concernés. Que des militants se réclamant du progressisme et de l’antiracisme continuent à récuser le terme souligne simplement qu’ils sont désormais irrigués par l’idéologie dominante. Marine le Pen a une nouvelle fois un boulevard devant elle : « Il n’y a pas d’islamophobie en France. Il n’y a pas d’actes antimusulmans - ou pas plus que les actes contre les femmes... ou les personnes de petite taille. Mais il y a une augmentation de l’antisémitisme . » (7)

    Outre la banalisation scandaleuse des violences systémiques faites aux femmes, Marine le Pen dit ici explicitement, ce que d’autres avance de manière masquée c’est-à-dire la négation de l’islamophobie et la mise en exceptionnalité de l’antisémitisme

    Réduction

    La réalité étant têtue, il n’est pas possible de nier entièrement les violences faites aux musulmans. Il convient dès lors pour nier le réel de le nommer autrement c’est-à-dire de le réduire à un « racisme anti-Arabe » pour reprendre l’expression du délégué interministériel. Ce réductionnisme est une négation de l’historicité des différentes formes de racisme et en particulier le passage récent d’un marqueur ethnique à un marqueur religieux. Ce n’est pas la première fois que nous assistons à un transfert de marqueurs. Frantz Fanon a ainsi été un des premiers à alerter sur la mutation du racisme biologique en racisme culturaliste . (9)

    Le réductionnisme au vieil antiracisme anti-Arabe conduit à l’invisibilisation des causes de la montée contemporaine de l’islamophobie :

    a) la justification de guerres pour le pétrole et les matières premières par des arguments culturalistes : droit des femmes, lutte contre l’obscurantisme et/ou le terrorisme ;

    b) les explications tout aussi culturalistes des problèmes politiques et sociaux de la société française en général et de ceux des populations issues de l’immigration en particulier : intégration insuffisante pour les uns et inintégrabilité pour les autres, « incompatibilité de l’Islam et de la république », etc. ;

    c) l’autorisation étatique à l’islamophobie depuis la loi sur le foulard de 2004 et ensuite par les discours sur « la laïcité menacée », « le droit des femmes menacé », « la république menacée », « l’identité nationale menacée », etc.

    Il mène également à masquer le processus de construction d’un « ennemi de l’intérieur ». Le vieux racisme anti-Arabe était, en effet, référé à la notion d’étrangers et/ou d’immigrés. Le nouveau racisme englobe désormais la réalité nouvelle que constitue l’existence de français depuis plusieurs générations ayant un marqueur réel ou supposé musulman. Le rêve intégrationniste (c’est-à-dire en fait assimilationniste) posant la disparition de l’altérité ayant échoué, la stigmatisation a besoin d’un nouveau marqueur. Ce marqueur recouvre en effet une partie importante de la population française susceptible de se révolter socialement en raison de leurs conditions d’existences marquées par l’inégalité et les discriminations. Il recouvre également une population caractérisée par une sensibilité exacerbée à la question palestinienne comme l’ont mise en évidence les manifestations massives de l’été 2014 dans lesquelles les jeunes issus de l’immigration étaient de loin majoritaires. Il recouvre enfin une population susceptible par son histoire et sa mémoire d’une prise de conscience plus rapide que d’autres du rôle impérialiste de la France dans le monde.

    Le processus de construction d’un « ennemi de l’intérieur » n’est pas nouveau mais l’affirmation de son existence avérée s’est déployée depuis 2012 et a été consacrée par l’instrumentalisation de l’émotion suscitée par les attentats de janvier. Valls affirme ainsi l’existence de cette « cinquième colonne » devant le syndicat « Alliance Police Nationale » dès octobre 2012 :

    "La menace terroriste est bien là, présente sur notre sol (...), en particulier dans nos quartiers populaires. Des dizaines d’individus sont, par leurs profils, susceptibles de passer à l’acte. Cet ennemi intérieur, nous devons le combattre. [ …] La menace terroriste est désormais le fait de Français nés sur notre sol (...) qui ont versé dans l’islamisme radical et qui ont suivi un processus qui mêle délinquance, criminalité, antisémitisme virulent et soif de violence " (10)

    La mise en place de lois liberticides et la pression policière sur les quartiers populaires et leurs habitants sont les premières conséquences de cette production d’un « ennemi de l’intérieur ».

    Injonction

    Une offensive idéologique par la classe dominante se traduit toujours par tentative de restriction du champ des comportements et des opinions légitimes. L’offensive nationaliste avant la première guerre mondiale par exemple s’est traduite par une tentative d’interdire les opinions et comportements internationalistes refusant la guerre en préparation. L’offensive colonialiste de la conquête à la guerre d’Algérie s’est traduite pour sa part par une tentative de restriction des opinions et comportements anticoloniaux. Le degré de traduction de la tentative dans les faits est fonction du rapport de forces. Selon celui-ci, elle peut aller de la diabolisation par les appareils d’Etat à la répression et à la criminalisation. Elle commence donc toujours par l’imposition d’injonctions pour se transformer ensuite en délit d’opinion puis en répression ouverte. Il est donc essentiel de repérer les injonctions qui se font jour dans le discours politique et médiatique dominant.

    La première injonction est celle de la dénonciation de l’antisémitisme à la moindre prise de parole sur le racisme. Alors qu’il est légitimement fréquent dans les médias ou le champ politique, de discourir sur l’antisémitisme, de débattre sur ses causes, de le dénoncer, de mener des campagnes de sensibilisations, etc., sans faire aucune référence aux autres formes du racisme en général et à l’islamophobie en particulier, l’inverse n’est pas vrai. Toutes les prises de parole concernant l’islamophobie sont mises en demeure d’ajouter l’expression « et l’antisémitisme ». Le refus d’ajouter ce bout de phrase est immédiatement suspecté d’antisémitisme caché. C’est ainsi que des manifestations contre l’islamophobie ou la Rromophobie se sont transformées en manifestation contre « l’islamophobie et l’antisémitisme », « la Rromophobie et l’antisémitisme », etc.

    La seconde injonction est celle de se démarquer des fractions de la résistance palestinienne se définissant comme « musulmane » en général, du Hamas et du Djihad islamique en particulier. Ces organisations résistantes sont réduites à leur dimension religieuse afin de les exclure du soutien « légitime » et « acceptable ». La dimension centrale de lutte de libération nationale que portent avec d’autres ces organisations est entièrement niée par cette injonction. Le résultat est ici aussi une mise en suspicion. Le refus de condamner ces organisations suffit à être accusé « d’islamiste ». C’est de cette manière que le soutien massif à la résistance palestinienne des jeunes issus des quartiers populaires est réduit à une affirmation religieuse porteuse de dangerosité. La mise sous surveillance des « classes dangereuses » qui habitent les quartiers populaires apparaît dès lors comme nécessaire, incontournable et indiscutable.

    Ces injonctions convergent pour produire progressivement un amalgame entre antisionisme et antisémitisme ayant comme débouché la criminalisation du soutien au peuple palestinien. «  L’antisionisme est la forme contemporaine de l’antisémitisme » entend-on ainsi de plus en plus fréquemment dans des écrits à prétention savante, des propos de journalistes ou des déclarations d’hommes politiques. Les tentatives de déconstruire ces processus idéologiques sont immédiatement catalogués d’antisémites ou de révéler une croyance en une quelconque théorie du complot. Il n’y a pourtant pas besoin de croire en un « complot juif mondial » ou en un « attachement absolue » à l’Etat d’Israël pour comprendre ce « philosémitisme d’Etat » pour reprendre l’expression d’Houria Bouteldja (11) . Il suffit pour cela de prendre en cause la base matérielle de ce soutien : les intérêts de l’impérialisme français dans la région et plus globalement de toutes les puissances impérialistes. Comme le colonialisme portugais ou comme l’Afrique du Sud hier, Israël est un outil de gestion des intérêts impérialistes dans la région.

    S’opposer à l’offensive idéologique actuelle et à ses injonctions est en conséquence une nécessité essentielle.

    Source : Investig’Action

    Illustration : BAF.F !

    Notes

    1. Gillez Clavreul, la valse antiraciste, http://www.liberation.fr/societe/20..., consulté le 21 avril à 11 h 30.

    2. http://rue89.nouvelobs.com/2012/10/..., consulté le 21 avril à 12 h 00.

    3. Nicolas Lebourg, Taubira "guenon", montée du FN et islamophobie : qu’est-ce que le racisme exactement ?, http://leplus.nouvelobs.com/contrib..., consulté le 21 avril à 15 h15.

    4. Hajjat A. & Mohammed M. , Islamophobie. Comment les élites françaises fabriquent le problème musulman, Paris, La Découverte, 2013.

    5. Fourest C. & Venner F., « Islamophobie ? », Pro Choix, n° 26 27, dossier « Islamophobes ? Ou laïques ! », automne hiver 2003.

    6. Houda Asal, Islamophobie : la fabrique d’un nouveau concept. État des lieux de la recherche, Sociologie, n° 2014/1, pp. 13-29.

    7. Pascal Brückner, L’invention de l’islamophobie, Libération du 23 novembre 2010.

    8. Marine le Pen, Financial Times, 5 mars 2015.

    9. Frantz Fanon, Racisme et Culture, Pour la révolution africaine , La Découverte poche, 2001.

    10. Terrorisme : Valls met en garde contre "l’ennemi intérieur », http://tempsreel.nouvelobs.com/soci..., consulté le 21 avril 2015 à 17 heures.

    11. Houria Bouteldja, Racisme (s) et philosémitisme d’Etat ou comment politiser l’antiracisme en France ?, http://indigenes-republique.fr/raci..., consulté le 21 avril à 18 h.

    Lien permanent Catégories : France, Gouvernement 0 commentaire
  • La fin des communes ?

    Le Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET) vient de produire un rapport commandé discrètement par le gouvernement pour « éclairer » les choix des ministres de l'Intérieur et de la Décentralisation sur la taille des EPCI dans le cadre du projet de loi « Notre »

     Ce rapport accessible ici répond à une autre question non écrite sur l'évolution des EPCI et la disparition de tout pouvoir des communes (quelle que soit la taille bien entendu).

     

     

     

    Il y ait notamment écrit (florilège)

     

     

     

    « la clause de compétence générale des communes devrait être transférée aux EPCI, »

     

    « Il faudrait aussi empêcher toute possibilité de redescendre des compétences au niveau des communes et

     

    prévoir une adoption par tous les EPCI de la fiscalité professionnelle unique. »

     

    « les outils de financement et de péréquation comme la

     

    DGF et autres dotations, devront être attribuées globalement à l'échelle des EPCI (et non plus des

     

    communes). »

     

    « Il faudra être attentif au nombre de communes par

     

    EPCI et prévoir des encouragements pour les fusions de commune »

     

    « La mise en place de ces communes nouvelles permet également de réduire le

     

    nombre de communes et de simplifier la gouvernance. »

     

    « il serait optimal de transférer la clause de compétence générale des communes vers les

     

    intercommunalités. »

     

    « L'augmentation de la taille des EPCI (et donc du nombre de communes regroupées) doit être

     

    l'occasion de revoir la gouvernance des EPCI, par exemple en revoyant les types de majorité

     

    nécessaires pour un certain nombre de votes (et éviter une influence trop importante, voire

     

    bloquante, des petites communes).

     

    Etc…

     

     

     

    Face à cette provocation grossière, l'AMRF a réagi vivement par un communiqué ce jour.

     

    (Le texte est reproduit ci-dessous)

     

     

     

    Le Président vous invite à relayer localement ce communiqué et à « inonder » la boite mail du CGET en faisant part de votre colère :

     

     

     

    Celle de la Commissaire générale : Marie-Caroline.BONNET-GALZY@cget.gouv.fr

     

    Celle la chargée de communication : corinne.gonthier@cget.gouv.fr

     

     

     

    Par courrier

     

    Commissariat général à l'égalité des territoires
    5 rue Pleyel
    93283 Saint-Denis Cedex

     

    Sur twitter @cgetgouvfr

     

     

    Intercommunalités et seuils, trop c’est trop !

    Les maires ruraux scandalisés par les "délires" du CGET

     

    Dans un récent rapport remis aux ministres sur les intercommunalités, le Commissariat Général à l’Egalité des Territoires vient confirmer l’intention secrète des pouvoirs successifs sur l’anéantissement de l’échelon de proximité et en particulier des communes.

    En prônant ce que les élus de terrains refusent : transfert des dotations aux EPCI, élévation de l’EPCI au rang de collectivité (sans doute au motif de simplification du millefeuilles), le CGET se distingue par son incapacité à faire autre chose que rendre des rapports hors sol et inutiles, sauf à se voir confier une mission que les politiques n’ont pas le courage de porter publiquement. Si ce genre d’officine n’avait pas d’influence, il serait plus utile de les ignorer avec la même ténacité que le Commissariat à l’égalité des territoires (CGET) ne le fait pour ignorer les élus et les communes. Compte tenu des préconisations contenues, les Maires ruraux s’insurgent contre la conception secrète de ce rapport puisque aucune écoute n’a été portée aux associations d’élus et en particulier aux premiers concernés, les maires.

    Les Maires ruraux dénoncent cet avis et l’incapacité notoirement chronique de ces structures dont les personnels semblent être condamnés à justifier leur travail en répondant à des commandes dangereuses parce que dogmatiques, dans lesquelles, hors concentration urbaine, point de salut. Ils dénoncent l’acharnement injustifié à l’endroit des communes qui constituent pourtant le socle de notre pays et de notre démocratie.

    Nous persistons à dire avec force que l’intercommunalité est un outil utile construit pas à pas par les élus et qu’il n’a pas vocation à être érigé en niveau de collectivité, ce qui conduirait à terme à la désintégration des communes membres. Ce rapport caractérise parfaitement ce qui « tue » notre pays en proposant des évolutions hors sols. D’où vient ce chiffre de 20 000 habitants ? 5 000 habitants hier sans aucune justification, 20 000 aujourd’hui sans davantage de justification et demain, combien ? Pourquoi diviser par 2 et pas par 4 ou 10 le nombre d’EPCI ? Derrière ces inepties, se cache la volonté non dissimulée désormais de s’affranchir à tous les niveaux de l’avis des élus de la République. L’obsession de « faire gros » trahit l’incapacité de l’Etat à raisonner un aménagement équilibré du territoire, à écouter les réels besoins des maires des communes qui font et construisent au quotidien les intercommunalités. L’obsession de la « concentration verticale» à tout prix sans que jamais ne soit évoqué le souci de s’occuper des territoires éloignés du centre discrédite définitivement ce rapport.

    Autre point scandaleux de cette accumulation d’opinions urbaines de technocrates, la volonté de contraindre les élus locaux comme les structures administratives ou consulaires territoriales de se fondre au cœur de la strate numériquement supérieure des villes, sans écouter les dynamiques locales et les conséquences désastreuses en terme écologique et de déplacements contraints pour les populations en particulier rurales.

    On espère pour une fois, qu’à la différence de certains rapports dont on souhaite qu’ils soient utilement et rapidement concrétisés, celui-ci prenne rapidement la direction la plus appropriée à sa fonction, celle de caler les pieds des armoires des nouveaux locaux du CGET.



    Vanik Berberian, Président, pour le Bureau de l’AMRF

    SOURCE : http://www.amrf.fr/Presse/Communiqu%C3%A9s/tabid/1225/ID/1014/Intercommunalites-et-seuils-trop-cest-trop-Les-maires-ruraux-scandalises-par-les-delires-du-CGET.aspx

    Lien permanent Catégories : France, Gouvernement 0 commentaire
  • Quand l’UMP roule pour le FN : la 4e circonscription du Doubs

    Par le PRCF  : www.initiative-comuniste.fr

     



     

    L’UMP DANS TOUTES SES COMPOSANTES ROULE POUR LE FN

     

    > A propos de l’élection législative partielle dans la 4e circonscription du Doubs l’UMP démontre dans toutes ses « sensibilités » qu’elle roule pour Le Pen.

     

    > Injuste ? Voyez vous-même.

     

    Les quatre lignes du soutien de l’UMP au FN

     

    1. Quatre positions sont présentes au sein du parti de droite:

      >  « Il faudra bien s’allier, négocier avec le FN, la logique électorale y contraint. »

      > Le FN n’est pas interdit, nous en partageons certaines valeurs et Mitterrand s’est bien allié aux communistes qui sont aussi des « totalitaires » a réussi à les affaiblir au point d’en faire un satellite.

    2.  Le Ni Ni « 

      Il ne faut ni FN, ni PS, tous deux porteurs d’un projet politique mauvais pour le pays. Votez blanc ou abstention ».
    3. La position de Sarkozy: « le FN est un ennemi mais le PS aussi donc faites ce que vous voulez mais surtout contre le FN ».
    4. La dernière position : « face au FN, on vote républicain donc PS. Car il y a incompatibilité totale entre FN et UMP ».

     

    > Or si on regarde attentivement ces quatre positionnements ils ont un résultat commun : renforcer et soutenir le FN.

     

    > Pour la ligne 1, c’est un soutien ouvertement assumé donc n’épiloguons pas.Mais il faut savoir que 30% à 40% de l’électorat UMP est sur cette position (selon les sondages). Et le glissement continu de la droite parlementaire vers des propositions de plus en plus extrême (contre les travailleurs, contre les immigrés etc…) est une réalité. N’oublions non plus les réelles alliances, dans l’histoire récente, entre le FN et la droite, ni plus reports de voix entre FN et UMP, ni leurs actions communes récentes dans la rue. Plus loin dans l’histoire, sachons également nous souvenir que c’est la droite qui mis les nazis au pouvoir, alors que cela étaient minoritaires aux élections, et même en recul. Le ventre est toujours fécond d’où est sorti la bête immonde.

     

    > Pour la ligne2, le fameux « ni-ni« , il prétend mettre un trait d’égale nocivité entre le FN et le PS, entre le fascisme et la social-démocratie. En substance le message diffusé par l’UMP et ses soutiens médiatiques est que si le FN est aussi mauvais que le PS, c’est qu’il n’y a pas de différence de nature politique entre le fascisme et la social-démocratie. Donc au final cette manœuvre a pour effet (sinon pour but?) de normaliser le FN et de décomplexer ses électeurs potentiels, surtout de droite. C’est là aussi un symptôme de la fascisation en marche.

     

    > Pour la ligne 3 l’ennemi FN est placé en numéro un mais on reste dans l’ambiguïté et un flou électoraliste en tentant de récupérer le discours du FN sans le FN ce qui n’a qu’un seul résultat:légitimer le FN et le renforcer (2012 l’a montré en ne réussissant pas le siphonnage de 2007). De fait, qui ne saurait comprendre que quand Sarkozy s’en prend au FN ce n’est pas pour dénoncer ses idées politiques nauséabondes et dangereuses qu’il promeut lui même mais à un concurrent dont il veut limiter le poids ?

     

    > Pour la ligne 4 qui semble la plus anti-FN, en apparence, ce n’est qu’une illusion d’optique car quel est l’argument central de cette tendance? C’est le suivant: il y aurait incompatibilité absolue entre le programme du FN et de l’UMP parce que sortir de l’euro, sortir de l’UE c’est l’apocalypse assurée Et l’UMP de faire mine de dénoncer le programme du FN comme en réalité un programme d’ultra-gauche, proche de celui de Mélenchon, anti-européen. On retrouve bien ici la collusion totale entre l’UMP, le PS et du FN tous au service de l’oligarchie capitaliste, tous d’accord pour taper sur les travailleurs et les exploiter, tous d’accord pour perpétuer le système. Or ce discours crédibilise le discours démagogique et mensonger du FN qui, en spécialiste des sondages d’opinions et en bonne roue de secours du système, tente de se faire passer pour un parti patriote et socialisant alors qu’il est nationaliste et patronal. Car en fait, Le Pen une fois au pouvoir sera une bonne collaboratrice de Merckel. C’est d’ailleurs ce qui est marqué noir sur blanc dans son programme. Un atavisme de l’extrême-droite française… Cette tendance accrédite, avec l’aide du bourrage de crane médiatique, que le FN est anti UE ce qu’il n’est pas (ni dans les actes, ni sérieusement même dans la parole), pour que le FN profite du rejet populaire légitime de l’euro et de l’UE et pour, dans un même mouvement, diaboliser l’ensemble de ceux qui sont réellement pour la sortie de l’UE et de l’euro, par la voie démocratique et du progrès social. De plus cette position est l’aveu qu’au moins sur l’euro et l’UE il y a bien une seule ligne UMPS : on se souvient de Sarko et Hollande posant ensemble; côte à côte en une de Match pour le OUI au référendum de 2005 avec le résultat que l’on sait.

     

    > De fait, le rassemblement idéologique et stratégique de l’UMP et du FN est là.  Ces contradictions apparente de ligne n’étant d’ailleurs que le reflet souvent non pas d’opposition politique (car FN et UMP partage au fond de très nombreuses, de plus en plus nombreuses idées) interne à l’UMP mais des rapports de forces locaux entre barons UMP et leurs concurrents FN. L’UMP’EN est bien en gestation.

     

    Quelle conclusion tirer ?

     

    > que la fascisation, l’eurofascisation est bien en marche et le danger bien réel.

    > Qu’il est impératif que la vraie gauche propose une alternative progressiste, patriotique, propose la sortie du carcan mortel de l’euro-UE. C’est en défendant les intérêts des travailleurs, en défendant leur souveraineté que l’on combat le mieux le FN. Alors que ceux qui abandonne ce combat font le jeux du FN, lui laissant le terrain libre pour tromper et séduire une partie des classes populaires.
    > Sur proposition du PRCF, les Assises du Communisme ont lancé un appel pour manifester le 30 mai 2015 pour les 4 sorties, de l’euro, de l’UE, de l’OTAN et du capitalisme

    . A condition de rassembler largement progressistes, syndicalistes, républicains, patriotes, autour de ce mot d’ordre alors et alors seulement l’ascension du FN sera résistible et le mouvement ouvrier et populaire pourra alors passer à la contre-attaque.

    Lien permanent Catégories : Extrême Droite, France 0 commentaire
  • Charlie : Les leçons d'un massacre

     

    Par

    Le massacre commis par les assassins au siège de Charlie Hebdo a choqué, bouleversé, indigné. Mais il nous interpelle aussi. Il est de la tache de la police de complètement éclaircir les complicités dont les auteurs de ce crime atroce ont pu bénéficier. Ce sera l’objet de l’enquête et, il faut l’espérer, du procès à venir pour ces assassins. Mais, d’ores et déjà, deux problèmes émergent : celui de la Nation, et donc de la souveraineté, et celui de la laïcité.

     

    L’échec de l’intégration est d’abord le refus de la Nation

     

    Ce que révèle les dérives sectaires, certes très minoritaires, mais qui existent néanmoins dans une partie de la jeunesse française, c’est le sentiment d’anomie quant à l’identité. Une partie des jeunes, issus de l’immigration, ne peuvent pas s’intégrer car ils ne savent pas  à quoi s’intégrer. Une expression importante, et oh combien juste, de Mai 1968 était que l’on ne tombe pas amoureux d’un taux de croissance. De même, on ne s’intègre pas à un PIB. Ces jeunes qui parfois manifestent de manière bruyante leur attachement au pays d’origine de leurs parents savent qu’en réalité ils sont rejetés par les sociétés d’Afrique du Nord. Ils ne se sentent pas Français, car on n’ose plus parler de la France. Pourtant, que les choses aillent mal, et l’on y revient immédiatement. Dans son allocution du 7 janvier, le Président de la République n’a fait nulle part mention de l’Europe. C’est un oubli des plus révélateurs.

     

    Mais, ces jeunes savent bien qu’ils sont nés quelque part et que leur histoire personnelle est irréversible. Ce sentiment peut conduire à des réactions très diverses. Certains peuvent trouver en eux-mêmes les ressources pour chercher malgré tout à s’intégrer. On s’incline ici devant Ahmed Merabet, 42 ans, enfant de l’immigration, policier de la brigade VTT du commissariat du XIème, lâchement assassiné de sang froid par les tueurs qui ont frappé Charlie Hebdo ; de même on s’incline devant Franck Brinsolaro, policier du service de la protection, qui avait en charge la protection de Charb. Il en va aussi, mais on en a moins parlé et il faut le regretter, de nombreux soldats français morts dans les opérations extérieures. Par exemple au Mali, comme le sergent-chef Thomas Dupuy, ou encore en Afghanistan ; ces hommes témoignaient de cet attachement à la France terre d’adoption devenue patrie et pour laquelle ils sont morts. Oui, l’intégration fonctionne, mais elle ne touche désormais qu’une partie de ceux qu’elles devraient toucher. Il est à craindre, si l’on n’y prend garde que ce processus ne s’amplifie

     

    L’illusion du religieux, la prégnance du narcissisme.

     

    D’autres se tournent vers la religion et peuvent finir dans le fanatisme. Mais, derrière l’apparence d’une montée de la religiosité, c’est en réalité à une montée des affirmations identitaires et narcissiques que l’on assiste. Les crispations autour des tabous alimentaires et vestimentaires, sur les signes extérieurs (comme la question du voile chez les musulmans) ont avant tout pour but d’identifier brutalement une communauté, de la séparer du reste de la population et de l’enfermer sur des références mythifiées pour le plus grand profit de quelques uns. Ces pratiques, en produisant des mouvements de réactions, font en réalité progresser la division des individus entre eux au lieu d’y mettre fin. Dans la quête de la pureté, et toute religion distingue le « pur » de « l’impur », il ne peut y avoir de mouvement collectif, si ce n’est de petites communautés en proie aux réactions violentes d’autres communautés. C’est d’ailleurs la le piège qui nous est tendu par les meurtriers, comme l’a bien souligné Robert Badinter au journal de FR2 le mercredi 7 janvier. Il est frappant que Marine le Pen, dans sa courte déclaration (toujours sur Fr2) ait dit en substance la même chose.

     

    Par ce retour au religieux, on croit ainsi se protéger de l’anomie. En réalité, on s’y précipite tête baissée. Il faut ici faire le constat de l’échec d’une intégration pour une partie des populations immigrantes car ces dernières n’ont pas eu de références qu’elles pouvaient assimiler. L’intégration est un processus d’assimilation des règles et des coutumes, qui est en partie conscient (on fait l’effort d’apprendre la langue et l’histoire de la société dans laquelle on veut s’intégrer) mais qui est aussi en partie inconscient. Pour que ce mécanisme inconscient puisse se mettre en place, encore faut-il qu’il y ait un référent. La disparition ou l’effacement de ce dernier au nom d’un « multiculturalisme » qui ne désigne en fait que la tolérance à des pratiques très différentes, est un obstacle rédhibitoire à l’intégration. De fait, de même que pour échanger il faut instituer des objets que l’on n’échange pas, pour intégrer et aboutir à un principe de tolérance des individus il faut définir des limites très claires, des points sur lesquels il n’est pas question de transiger. Ici encore, on découvre les dégâts produits par un relativisme outrancier qui se pare des atours des sciences sociales pour mieux en subvertir les enseignements.

     

    La trahison des élites et la perte de souveraineté.

     

    Il faut en suite souligner l’immense responsabilités des élites politiques, de l’UMP comme du PS, qui abandonnent la France à petit pas, soit parce qu’ils ne croient plus en notre pays (mais comment fait alors la Corée du Sud ?), soit par intérêt bête et méchant, la volonté de vivre la vie des élites mondialisées. Ce qu’oublient tous ces politiques qui ont cédé aux sirènes de la pipolisation c’est que pour plus de 95% de la population française, la vie réelle se passe dans le cadre des frontières de ce pays que l’on nomme France. Pour ceux qui ne croient plus en la France, on aurait pu s’attendre à la tentative au moins de construire une Europe véritablement fédérale, sur le modèle de l’Allemagne ou des Etats-Unis. C’est un projet que l’on peut comprendre. Mais ce projet a échoué. Il aurait fallu le proposer quand le mur de Berlin est tombé. A la place, on a voulu perpétuer le méthode traditionnelle de la construction européenne, celle des « petits pas ». Nous en payons aujourd’hui le prix, avec une France qui n’est plus tout à fait un pays puisque l’on a abandonné nombre de prérogatives régaliennes, de la monnaie au budget, aux institutions européennes, et une Europe qui ne sera jamais un pays comme on le constate tous les jours, et en particulier dans la réduction du budget européen, qui se trouve aujourd’hui être inférieur à 1,3% du PIB. Le système confédéral qui en résulte, et qui en résulte par défaut, produit la crise tant économique que politique que l’Europe traverse. Cette crise qui a dévasté la Grèce, le Portugal, l’Irlande, l’Espagne et l’Italie et qui demain, si nous n’y prenons garde, dévastera la France.

     

    La Cour Constitutionnelle allemande à bien vu le problème, elle qui a rappelé dans un de ses arrêts de 2009 qu’il n’y avait pas de peuple européen, et que seuls les différents pays étaient le cadre de la démocratie. De cette entre-deux où nous végétons nait l’anomie. De l’anomie naissent des monstres. Tous les responsables politiques français qui n’ont pas voulu entendre ce qu’avait dit clairement notre peuple il y a dix ans de cela, lors du rejet du projet de Constitution européenne par référendum, en sont responsables. Ils sont donc profondément disqualifiés pour appeler aujourd’hui à l’unité nationale.

     

    L’Europe fédérale étant impossible, et avec elle le mythe d’une « Europe sociale », antienne du PS et d’une partie de la gauche et aujourd’hui désormais pleinement déconsidérée il faut donc rapidement revenir en arrière et redonner à la France les instruments de sa souveraineté. Cela passe par la monnaie, bien entendu avec la dissolution de la zone Euro, mais aussi par les différentes règles contraignantes quant au budget. Il est souhaitable que ceci se fasse à l’échelle européenne. Mais ce qui est souhaitable n’est pourtant pas toujours possible. Il est nécessaire que cela soit fait de toute manière, que nos partenaires le veuillent ou non.

     

    Sociétés hétérogènes, sociétés denses.

     

    Mais, construire une Nation, ou la reconstruire, impose de réfléchir à ce qui peut faire lien entre des individus différents ayant des croyances différentes. Quelle peut être la nature de ce ciment ? On pense qu’aujourd’hui, en ces temps que l’on veut « mondialisés », que l’économique est supposée l’emporter sur le politique. Les relations « de marché », se substitueraient donc aux relations faisant la trame de la société. Cette dernière ne serait donc que la résultante d’une somme de « contrats », entre deux ou plusieurs personnes, et pourrait donc s’appréhender à travers chaque contrat particulier. Ceci implique une dépersonnalisation de l’action et le rôle des normes qui en découle, dépersonnalisation qui repose sur des principes voisins de ceux de l’économie monétaire parfaite décrite par G. Simmel[1]. Mais Simmel lui-même était conscient qu’une société dont le ciment ne serait pas un ensemble d’institutions combinées et inter-agissantes, qui ne sauraient alors être séparées les unes des autres dans l’analyse, ne pourrait aboutir qu’à l’anomie[2]. Nous vivons en réalité dans des sociétés à forte densité économique, mais aussi sociale. Disons tout de suite que cette définition de la densité n’est pas celle du géographe ou du démographe, même si elle leur emprunte naturellement certains aspects. Les sociétés modernes ont en effet pour caractéristiques d’être dense, non seulement humainement (sens géographique et démographique) mais aussi en raison des interactions de plus en plus développés et de plus en plus puissantes entre les acteurs. Ces interactions découlent de ce que l’on peut appeler le « progrès des forces productives » pour reprendre une formule de Marx. Ce sont les effets d’externalité toujours plus importants qu’induisent les moyens matériels mis en œuvre depuis le XIXème siècle. Nous devons à Durkheim la paternité de la notion de densité sociale. Dans son ouvrage Les règles de la méthode sociologique il établit la notion de densité dynamique et de densité matérielle de la société[3]. cette densité dynamique correspond aux nombres de relations qui existent entre les unités d'une société donnée:

     

    "La densité dynamique peut se définir, à volume égal, en fonction du nombre des individus qui sont effectivement en relations non pas seulement commerciales mais morales; c'est-à-dire, qui non seulement échangent des services ou se font concurrence, mais vivent d'une vie commune"[4]. La densité matérielle correspond quant à elle à la densité démographique, mais aussi au développement des voies de communication et de transmission. Pour Durkheim, ces deux densités sont nécessairement liées: "Quant à la densité matérielle (...) elle marche d'ordinaire du même pas que la densité dynamique et en général peut servir à la mesurer"[5].

     

    L'hétérogénéité des agents dans une société qui est matériellement dense induit alors une hétérogénéité et une multiplicité des formes d'interactions. La complexité qui en résulte ne peut être traitée que par des ensembles d'institutions et de formes organisationnelles. Ces ensembles institutionnels et ces formes organisationnelles doivent être complémentaires, soit dans les règles qu'elles produisent soit dans les effets que ces règles engendrent. Cette double complémentarité fait obstacle à toute tentative de reproduire la logique de l'atomisme à l'échelle des institutions. Il faut dès lors prendre en compte la nécessité de l'action collective[6]. On retrouve ici l’apport de la philosophie pragmatique de Dewey[7]. Le rapport à l'institutionnalisme ouvre donc la question de son rapport au holisme méthodologique[8].

     

    La laïcité, compagne obligée de la souveraineté.

     

    Mais, reconnaître l’importance d’un point de vue analytiquement holiste, pose alors la question de savoir sur quelle base va-t-o construire les règles et les institutions, bref les formes collectives, dont on a besoin. Il y a la nostalgie d’un âge mythique où était affirmée la trilogie « Un Roi, une Loi, une Foi ». Cette nostalgie s’exprime tant chez les fondamentalistes musulmans que chez les identitaires. Mais, cet idéal mythique a été fracassé un fois pour toute par l’hétérogénéité des croyances qui s’est imposée comme un fait majeur avec la Réforme. Les guerres qui ont résulté ont été parmi les plus atroces et les plus inexpiables que l’Europe a connues. La seule solution résidait dans le découplage entre la vie publique et la vie privée, et le cantonnement de la religion à cette dernière. Ceci a été reconnu et théorisé à la fin des Guerres de Religion par Jean Bodin dans une œuvre posthume, l’Heptaplomeres[9], compagnon secret des Six livres de la République. Son contenu ne fait que prolonger celui des Six livres. De quoi s’agit-il donc ? Bodin imagine que sept personnages, qui tous pratiquent la médecine[10] et qui professent tous une foi différente, sont réunis dans un château. Chacun son tour, ils vont chercher à convaincre les six autres. Naturellement, c’est à chaque fois un échec, et pour une raison simple : la foi n’est pas affaire de raison. Quand le septième de ces personnages a parlé se pose alors une question redoutable : que vont-ils faire ?

     

    La réponse est éclairante à deux titres. La première est qu’ils décident de ne plus parler entre eux de religion, autrement dit celle-ci est exclue du débat public et devient une « affaire privée », même si, par courtoisie, ils s’engagent tous à aller aux célébrations des uns et des autres. La seconde est qu’ils décident d’œuvrer en commun « pour les bien des hommes ». Une autre fin aurait été possible. Ils auraient pu décider de se séparer et de travailler séparément chacun dans leur communauté. Il y a là la seconde « invention » de Bodin. On insiste, à juste titre, sur la première qui est la distinction entre une sphère publique et une sphère privée. Elle est essentielle. Mais, elle ne doit pas masquer la seconde, qui n’est pas moins importante. L’invention de la sphère privée, et du cantonnement de la foi à cette dernière, ne prend sens que parce que des personnes de fois différentes se doivent de cohabiter ensemble. Que Jean Bodin insiste sur l’action en commun de personnes aux convictions religieuses différentes est très important. Cela veut dire qu’il y a des choses communes, des Res Publica, qui sont plus importantes que les religions. Cela signifie aussi que ce que nous appellerions dans notre langage la « laïcité » est une des conditions de l’existence des sociétés à composition hétérogènes[11]. En retranchant de l’espace public les questions de foi on permet au contraire au débat de se constituer et de s’approfondir sur d’autres sujets. En ce sens, Bodin pose le problème de l’articulation de l’individualisme avec la vie sociale, problème qui est au cœur du monde moderne.

     

    Souveraineté et laïcité

     

    Il nous faut aujourd’hui réagir. Non pas en exigeant un durcissement des peines et de l’arsenal répressif. Cela peut être nécessaire, mais il faut savoir que l’on reste, là, dans le domaine essentiellement symbolique. On fait de la gesticulation politique. La réaction doit être plus profonde et, en un sens, plus radicale. Face à la montée de l’anomie et de ses monstres il faut reconstruire d’urgence les conditions d’exercice de la souveraineté du peuple dans le cadre de la Nation. Mais, pour cela, il est impératif d’avoir une attitude ferme en ce qui concerne la laïcité, qui est la garantie fondamentale de nos libertés. Oui, nous devons nous rassembler et retrouver les fondements de la Res Publica. Mais nos dirigeants élus ou anciens élus sont les derniers à pouvoir le faire

     

    Les assassins ne paraissent forts que parce que nous sommes faibles, et oublieux des principes dont nous sommes porteurs. Nous les avons laissé monter sur nos épaules. Redressons nous et ils joncheront la terre !

     


    [1] Simmel G., Philosophy of Money, Routledge, Londres, 1978; publié originellement sous le titre Philosophie des Geldes, 1900
    [2] Deutschmann C., “Money as a Social Construction: on the Actuality of Marx and Simmel”, Thesis Eleven, n°47, novembre 1996, pp. 1-20
    [3] E. Durkheim, Les règles de la méthode sociologique, Presses Universitaires de France, coll. Quadrige, Paris, 1999 (première édition, P.U.F., Paris, 1937).
    [4] Id., pp. 112-113.
    [5] Id. pp. 113.
    [6] D. Truman, The Governmental Process , A. Knopf, New York, 1958.
    [7] J. Dewey, John Dewey: Philosophy, Psychology and Social Practice , édité par J. Ratner, Putnam's Sons, New York, 1963.
    [8] M-C. Villeval,, "Une théorie économique des institutions?", in Boyer et Saillard, edits, Théorie de la régulation. État des savoirs, La Découverte, Paris, 1995, pp.479-489.
    [9] Bodin J., Colloque entre sept sçavants qui sont de différents sentiments des secrets cachés des choses relevées, traduction anonyme du Colloquium Heptaplomeres de Jean Bodin, texte présenté et établi par François Berriot, avec la collaboration de K. Davies, J. Larmat et J. Roger, Genève, Droz, 1984, LXVIII-591.
    [10] Ce qui n’est pas sans importance car la médecine, sous l’impulsion de personnes comme Ambroise Paré, et par la pratique de la dissection des cadavres, est devenue la science du corps humain, et a commencé la démarche qui en fera un savoir scientifique.
    [11] On trouvera un commentaire éclairant de sa contribution aux idées de tolérance et de laïcité dans: J. Lecler, Histoire de la Tolérance au siècle de la réforme, Aubier Montaigne, Paris, 1955, 2 vol; vol. 2; pp. 153-159
    Lien permanent Catégories : Extrêmisme, France 0 commentaire
  • CHARLIE : lettre ouverte de professeurs de Seine-Saint-Denis

    Nous sommes professeurs en Seine-Saint-Denis. Intellectuels, savants, adultes, libertaires, nous avons appris à nous passer de Dieu et à détester le pouvoir et sa jouissance perverse. Nous n’avons pas d’autre maître que le savoir. Ce discours nous rassure, du fait de sa cohérence supposée rationnelle, et notre statut social le légitime. Ceux de Charlie Hebdo nous faisaient rire ; nous partagions leurs valeurs. En cela, cet attentat nous prend pour cible. Même si aucun d’entre nous n’a jamais eu le courage de tant d’insolence, nous sommes meurtris. Nous sommes Charlie pour cela.

     

    Mais faisons l’effort d’un changement de point de vue, et tâchons de nous regarder comme nos élèves nous voient. Nous sommes bien habillés, bien coiffés, confortablement chaussés, ou alors très évidemment au-delà de ces contingences matérielles qui font que nous ne bavons pas d’envie sur les objets de consommation qui font rêver nos élèves : si nous ne les possédons pas, c’est peut-être aussi parce que nous aurions les moyens de les posséder. Nous partons en vacances, nous vivons au milieu des livres, nous fréquentons des gens courtois et raffinés, élégants et cultivés. Nous considérons comme acquis que La Liberté guidant le peuple et Candide font partie du patrimoine de l’humanité. On nous dira que l’universel est de droit et non de fait, et que de nombreux habitants de cette planète ne connaissent pas Voltaire ? Quelle bande d’ignares… Il est temps qu’ils entrent dans l’Histoire : le discours de Dakar leur a déjà expliqué. Quant à ceux qui viennent d’ailleurs et vivent parmi nous, qu’ils se taisent et obtempèrent.

     

    Si les crimes perpétrés par ces assassins sont odieux, ce qui est terrible, c’est qu’ils parlent français, avec l’accent des jeunes de banlieue. Ces deux assassins sont comme nos élèves. Le traumatisme, pour nous, c’est aussi d’entendre cette voix, cet accent, ces mots. Voilà ce qui nous a fait nous sentir responsables. Evidemment, pas nous, personnellement : voilà ce que diront nos amis qui admirent notre engagement quotidien. Mais que personne, ici, ne vienne nous dire qu’avec tout ce que nous faisons, nous sommes dédouanés de cette responsabilité. Nous, c’est-à-dire les fonctionnaires d’un Etat défaillant, nous, les professeurs d’une école qui a laissé ces deux-là et tant d’autres sur le bord du chemin des valeurs républicaines, nous, citoyens français qui passons notre temps à nous plaindre de l’augmentation des impôts, nous contribuables qui profitons des niches fiscales quand nous le pouvons, nous qui avons laissé l’individu l’emporter sur le collectif, nous qui ne faisons pas de politique ou raillons ceux qui en font, etc. : nous sommes responsables de cette situation.

     

    Ceux de Charlie Hebdo étaient nos frères : nous les pleurons comme tels. Leurs assassins étaient orphelins, placés en foyer : pupilles de la nation, enfants de France. Nos enfants ont donc tué nos frères. Tragédie. Dans quelque culture que ce soit, cela provoque ce sentiment qui n’est jamais évoqué depuis quelques jours : la honte.

     

    Alors, nous disons notre honte. Honte et colère : voilà une situation psychologique bien plus inconfortable que chagrin et colère. Si on a du chagrin et de la colère, on peut accuser les autres. Mais comment faire quand on a honte et qu’on est en colère contre les assassins, mais aussi contre soi ?

     

    Personne, dans les médias, ne dit cette honte. Personne ne semble vouloir en assumer la responsabilité. Celle d’un Etat qui laisse des imbéciles et des psychotiques croupir en prison et devenir le jouet des pervers manipulateurs, celle d’une école qu’on prive de moyens et de soutien, celle d’une politique de la ville qui parque les esclaves (sans papiers, sans carte d’électeur, sans nom, sans dents) dans des cloaques de banlieue. Celle d’une classe politique qui n’a pas compris que la vertu ne s’enseigne que par l’exemple.

     

    Intellectuels, penseurs, universitaires, artistes, journalistes : nous avons vu mourir des hommes qui étaient des nôtres. Ceux qui les ont tués sont enfants de France. Alors, ouvrons les yeux sur la situation, pour comprendre comment on en arrive là, pour agir et construire une société laïque et cultivée, plus juste, plus libre, plus égale, plus fraternelle.

     

    « Nous sommes Charlie », peut-on porter au revers. Mais s’affirmer dans la solidarité avec les victimes ne nous exemptera pas de la responsabilité collective de ce meurtre. Nous sommes aussi les parents de trois assassins.

     

    Texte signé :

    Catherine Robert, Isabelle Richer, Valérie Louys et Damien Boussard

     

    Lien permanent Catégories : France 0 commentaire
  • L’utilité du terrorisme

    La marche républicaine du 11 janvier, suite aux attentats terroristes contre Charlie Hebdo et contre l’hypermarché cacher de la porte de Vincennes a réuni des milliers de personnes, mais aussi un certain nombre de politiciens européens, africains et moyen-orientaux.

    Si la masse du peuple manifestait pour la liberté de conscience et contre le terrorisme et le racisme, peut-on dire qu’il en était de même des politiciens ?

     

    Le premier ministre israélien Netanyahou et son ministre des affaires étrangères Lieberman sont les champions du terrorisme, puisque pendant l’été 2014, l’armée israélienne a pilonné la bande de Gaza faisant plus de 2200 victimes dont le crime est d’être né sur cette terre et ne pas avoir le droit d’en sortir. Nos dirigeants auraient pu s’aviser combien la différence était énorme entre les morts de Gaza tout aussi innocentes que les 17 journalistes, policiers et otages assassinés en janvier 2015.

     

    Que dire de Viktor Orban, le premier ministre Hongrois qui marque son amour pour la laïcité en se faisant photographier en train de prier  avec sa famille dans son bureau?

     

    Mais que venait faire dans ce défilé contre le terrorisme le premier ministre turc Ahmet Davutoglu dont le pays sert de base arrière aux terroristes internationaux opérant en Syrie contre un gouvernement laïc dont le tort est de s’opposer à la politique belliciste et raciste d’Israël ?

     

    Le premier ministre espagnol Mariano Rajoy est venu manifester en France, alors qu’il limite le droit de manifester dans son propre pays.

     

    Il y avait bien sûr la clique des bourreaux du peuple grec, Jean-Claude Juncker, Martin Schulz, le président du Conseil européen Donald Tusk, la chancelière allemande Angela Merkel et leur valet local Antonis Samaras.

     

    Il y avait le président ukrainien Petro Porochenko dont le gouvernement est constitué de néonazis.

     

    Il y avait enfin le secrétaire général de l’OTAN, et c’est là qu’on comprend mieux ce qu’il y a de commun entre tous ces personnages : à l’exception de Porochenko dont le rêve est l’adhésion de son pays à l’OTAN pour déclencher une guerre à la Russie, tous sont des serviteurs de l’OTAN. L’OTAN n’est pas une organisation humanitaire, mais une alliance militaire dans les mains des États-Unis.

     

    Les États-Unis et les pays occidentaux en général sont en régression au point de vue économique, minés par l’appât du gain de leurs entreprises mondialisées qui ont voulu profiter des salaires faibles des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, South-Africa) et de la Chine en particulier. Le PIB de celle-ci a dépassé en 2014 celui des États-Unis et dans quelques années, la Chine égalera ceux-ci au point de vue militaire. Les experts américains sont prêts à déclencher une guerre mondiale pour garder leur suprématie économique, tant qu’il en est encore temps. Leur cible est la Russie, alliée de la Chine et d’autres pays moins puissants comme l’Iran ou la Syrie.

     

    Les États-Unis cherchent à déstabiliser politiquement le gouvernement russe dont le Président défend les intérêts de son pays, contrairement à Elstine. En annexant la Crimée, il a évité que la flotte russe ne tombe aux mains du gouvernement ukrainien pro-nazi et pro-occidental. Les États-Unis ont lancé une attaque spéculative contre le rouble qui, semble-t-il, a échoué. Avec l’aide de l’Arabie saoudite, ils espèrent déstabiliser le gouvernement de Poutine, en faisant baisser le prix du pétrole, principale source de devises de la Russie.

     

    Les attentats islamistes servent le bellicisme étasunien car ils créent l’émotion dans la population occidentale qui a crié le 11 septembre 2001 « Nous sommes tous des Américains ». Ils ont permis l’invasion de l’Irak en 2003, sous le faux prétexte que celui-ci aurait détenu des armes de destruction massive. Quelle provocation vont inventer les chefs de gouvernement réunis à Paris le 11 janvier 2015, alors que l’opinion est prête à tout accepter au nom du « Je suis Charlie » ?

     

    L’extrémisme islamiste a été créé par l’Occident, pour lutter contre l’URSS en Afghanistan, il s’est certes retourné contre son créateur, mais la destruction de l’état irakien a permis la mainmise des multinationales américaines sur le pétrole de l’Irak. La destruction de l’état libyen a permis leur mainmise sur le pétrole de la Libye. Ces deux événements ont fait naître à leur tour des mouvements djihadistes mais ce n’est pas négatif pour l’impérialisme occidental car l’un a failli faire tomber le régime syrien de Bachar El Assad, tandis que l’autre a permis à la France de reprendre pied en Afrique occidentale et d’y contrebalancer l’influence chinoise.

     

    A propos des terroristes takfiristes de la mouvance islamiste Al Nostra en Syrie, Laurent Fabius a déclaré : "Ils font du bon boulot". Il ne faut pas oublier qu'en 2013, François Hollande était prêt à faire la guerre à la Syrie et qu'il a regretté le 7 janvier 2015 lors de la matinale de France Inter de ne pas l'avoir fait. Il aurait été l'allié des terroristes qu'aujourd'hui il cloue au pilori, alors qu'il les aurait décorés de la Légion d'Honneur s'ils avaient été nos alliés contre le méchant Bachar El Assad. Le ministre de l’Intérieur dit que 1200 Français combattent en Syrie avec les djihadistes et il reconnaît qu’il faut 25 policiers pour suivre un seul de ces individus. Il serait plus économique et rationnel que la police française collabore avec les services syriens, mais notre presse « libre » pour laquelle des milliers de Français ont manifesté ne le dira pas. Car le but de notre gouvernement et de celui des gouvernements occidentaux n’est pas de lutter contre le terrorisme mais de s’en servir.

     

     MS21 - Christian Schneider,  janvier 2015

    Lien permanent Catégories : France, Gouvernement 0 commentaire
  • Communiqué du "CNR" sur la "guerre des crèches ".

    La laïcité. Communiqué du "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" sur la "guerre des crèches ".

     

    Polémique sur les crèches dans les édifices publics : communiqué du  "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR".

    L’association "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR", dont l’objet social est notamment la défense des valeurs républicaines sur lesquelles ont été fondées les conquêtes sociales de la Résistance, tient à démasquer la propagande du Front National qui, une fois encore, manipule les esprits en dévoyant l’Histoire et les traditions populaires.

    Nous tenons à :

    1 - Resituer l’origine de la polémique sur les crèches dans les édifices publics. Une mouvance de l'extrême droite s' emploie à replacer le catholicisme au centre de la société, en s'appuyant sur une "tradition" vendéenne dont Mona Ozouf, dans "Composition française", rappelle les tensions qui en résultaient  dans un  passé encore pas si lointain. S’en est suivie une récupération du débat par un parti d’extrême droite, le Front National,  à travers une surenchère de ses relais locaux dénuée de fondements traditionnels dans la plupart des régions françaises. Si la Provence par exemple a bien inventé la « crèche » et ses « petits saints », ou « santons », c’était pour l’intimité des familles, parfois pour les églises, sûrement pas pour les mairies ni d’ailleurs pour décorer les rues ; et la Provence a donné La Marseillaise…  ;

    2 - Rappeler les souffrances que la France, plus que tout autre pays peut-être dans le monde, a eu à endurer du fait des guerres entre religions, en donnant quelques exemples de ce que les « générations passées » ont pu inventer à l’occasion de ces guerres (jusqu’à dépecer les tenants d’une religion différente pour tapisser de leur peau les murailles d’une ville…) ;

    3 - Mettre en relation ces horreurs avec la solution trouvée dans la laïcité, en rappelant que ce principe est extrêmement peu répandu dans le monde ;

    4 - Observer que le  principe laïque, du fait de sa rareté, peut justement être considéré par les Français comme le fruit du génie de la France et un motif d’appartenance à une communauté nationale paisible et soudée autour d’un idéal élevé, comparable à celui de la devise républicaine – liberté, égalité, fraternité ;

    5 - Remarquer que dans le monde contemporain, ce principe laïque pourrait, bien mieux que le militarisme inféodé aux Etats Unis d'Amérique,  conférer à la France une influence politique et morale bienvenue au sein de l’O.N.U. pour résoudre certains conflits dans le monde ;

    6 - Et souligner le fait que, une fois de plus l’extrême droite, à force d’instrumentaliser le religieux et de dénaturer les « traditions populaires » pour servir sa propagande, finit par en oublier l’Histoire de France. 

     

    Au nom du "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR", son Président, Lucien Pons. »

    Lien permanent Catégories : À Gauche, France 0 commentaire